ESPÉRAIENT QUE LA CONFÉDÉRATION SERAIT
non-seulement une grande réforme politique, mais
aussi une grande réforme économique. Dans l'enceinte parlementaire, on a beaucoup appuyé duns le temps sur le fait que les provinces, en adoptant entre elles un système de trafic réciproque, trouveraient des débouchés suflisants pour écouler le surplus de leur production. L’honorable (George Brown, qui faisait alors partie du gouvernement de coalition,s’étendit largement et vigoureusement sur cette idée. Après avoir établi au cours du débat que le premier objet de la confédération était d'amener une grande réforme politique, il continue ainsi :
M. l'Orateur, un second motif pour lequel je suis forte. ment en faveur de l'union est qu'elle fera disparaître les bar: rières commerciales qui nous séparent et nous ouvrira un marché où se rencontreront librement quatre millions d'hommes. Ecoutez.) N'est-ce pas au libre échange d’un état à un autic que les Etats-Unis doivent le merveilleux pro: grès matériel qui les distingue ? N'est-ce pas la vaste étendue de leur marché national qui a fait progresser si rapidement toutes les branches d'industrie en créant une demande illimitée pour tous les produits de consommation journalière et stimulant ainsi l’activité et l'énergie des producteurs ? Je vous avoue, monsieur l’Orateur, que cette seule idée d’ajouter près d'un million de consommateurs à notre population actuelle fait disparaître pour moi toutes les objections de détail qu'on a soulevées contre le projet d'union. En face des avantages qui vont en résulter pour nos agriculteurs et nos fabricants, que deviennent les spécieuses considérations financières que les honorables membres de la gauche sont allés chercher dans leur imagination ?
Toutes les nations du monde ne demandent qu’à étendre leurs domaines, elles dépensent des sommes considérables et soutiennent parfois des guerres prolongées pour acquérir de nouveaux territoires encore inexplorés et inhabités, (Ecoutez!) Certains pays emploient tous les moyens pour diriger l’émi gration vers leurs côtes: passages gratuits, concessions gratuites de terrains, provisions, outils, tout est fourni à l’émnigrant. Nous-mêmes avons des agences importantes «d’immigration, et nous sommes satisfaits quand nos dépenses anr« elles considérables ont amené parmi nous quinze ou vingt mille colons. Or, monsieur l'Orateur, il s'agit d'une proposition qui, en un jour, ajoutera à notre population un million d'âmes et à notre domaine de riches territoires en nous donnant de plus tous les avantages d’un commerce étendu et prospère dès à présent,
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Tout le monde admettra qu'ii n’y a pas en cela un mot qui ne soit essentiellement vrai, que tout ce passage est parfaitement clair et explicite et ne contient pas l'ombre d’une erreur. Cependant la thèse qu'on soutenait si éloquemment n’a pas réussi, et cela non parce qu'elle était erronée, mais