LES FERMIERS
euse pour les hanufacturiers:
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sons, si la réciintageuse poul ateur, s'il faut
À OAKVILLE EN 1883 485
choisir entre le manufacturier et le cultivateur, mon choix est tout fuit. Je l'ai dit déjà ailleurs et je le dis de nouveau: mon chuix est fait; je me mets du côté de la inajorité, avec les çultivateurs, avec la classe qui forme soixante et quinze pour cent de notre population. (Applaudissements.)
Mais d’un autre côté, je n’admets pas que la réciprocité soit ruineuse pour le manufacturier. Nous avons quelques manufactures aujourd’hui, Pourquoi n'en avons-nous pas davantage ? La raison est facile à trouver; c’est que nous n'avons pas un marché suffisant, même pour celles qui existent déjà, On vous a dit que la réciprocité est désavantageuse aux manufactures. Moi, je ne suis pas un manufacturier, mais je puis voir comme tout homme de bon sens que le manque de marchés est le plus grand obstacle au succès du manufacturier. Nous avons quelques manufactures, combien y en a-t-il qui # ot en opération à leur capacité ?
Ce que nous voulons, c'est un marché pour le manufacturier comme pour le cultivateur. Il y a de riches industriels qui comprennent cette vérité et qui un jour ou l’autre feront connaître leurs vues sur ce point au public. Conséquemment, lursque le gouvernement affirme que la réciprocité fera dommage à l’industrie, il ne connaît pas les vues véritables des industriels ; il y a plus, il ne connaît pas son propre sentiment. Que ce langage ne vous paraisse pas outré. Ce n’est pas sans raison que je parle ainsi; en réalité le gouvernement ne connaît pas son propre sentiment sur cette question.
Nous en avons eu la preuve à la dernière session. Nous avons dans nos statuts ce que nous appelons une offre statutaire par laquelle nous disuns aux Américains que, chaque fois qu’ils enlèveront les droits sur certains articles que nous exportons, nous ferons la même chose pour ces articles quand ils voudront euxmêmes les exporter. Eh bien, il y a quelques années, les Américains abolirent les droits sur certains articles mentionnés dans l'offre statutaire, entre autres les fruits et les grains de semence. L'année dernière,
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on a demandé au gouvernement pourquoi il n’abolissait pas les droits sur les fruits et les grains de semence à l’instar des Américains. Sir John répondit à sir Richard Cartwright et à M. Mitchell qu’abolir ces droits, c'était nuire à ceux qui commercçent sur les fruits et les grains de semence.
Je nie, at:il dit, qu’il y ait là un manque de bonne foi de la part du gouvernernent, et je vais plus loin; j'avousrai que les marchands de grains américains, désirant que la chose fût faite, m'ont fait des représentations. Mais nous avons nos marchands de grains au Canada et nous devons veiller à leurs intérêts avant ceux des marchands américains, et c'est contre les intérêts de nos marchands d’abolir les droits sur les grains.
M. Thompson, ministre de la Justice, alla plus loin encore et s’écria que ce serait une trahison que d’abolir les droits sur ces articles. Qu'en est-il résulté ? Quinze jours ne s'étaient pas écoulés depuis cet incident que sir John enlevait les droits sur les fruits et les grains de semence, quoiqu'il y eût encore des marchands de fruits et de grains dans notre pays ! (Applaudissements et rires.)
Monsieur le Président, à Ja vue d’une