‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 435 sur 571 · MESSIEURS · texte numérisé non relu

MESSIEURS

Le sénat américain a refusé de ratifier le traité conclu à Washington gn décembre dernier entre les plénipotentiaires anffricains et anglais, en règlement des disputes qui se sont élevées entre les deux pays au sujet du traité de 1818. Tout se trouve ainsi remis en question, le débat se trouve, par le fait même du rejet, ramené sur le tapis, le différend reparait avec

toute son acrimonie. Le Président Cleveland, agissant suivant ce qu’il considère un devoir impérieux par suite de l’action du sénat, demande plein pouvoir d’user de représailles en mettant le blocus sur le commerce de transit entre les deux pays. Ce serait là un événement des plus sérieux, un coup qui frapperait la cité de Saint-Thomas autant et peut-être plus rudement qu'aucune autre partie du Dominion, parce que ce qui fait votre vilie ce qu’elle est, c’est en grande partie un système de voies ferrées qui convergent ici de différents puints des Etats Unis.

Eh bien, nous sommes des hommes, nous sommes ‘des Eretons. Nous ne nous laisserons pas abattre, même lorsqu'il plait aux Américains—je ne dirai pas lorsqu'ils croient de leur devoir, —de prendre une déterm'nation aussi peu amicale. Certes, on en souffrira quelque part au Canada ; mais enfin, il faudra en prendre son parti comme des Bretons et chercher ailleurs ce que nous perdrons de ce côté.

Tout ce que le Président demande, ce sont des représailles. Pourquoi ces représailles ? Parce que dans son opinion il ne lui reste pas d’autre alternative devant l'attitude antipathique du gouvernement canadien. Si le désagrément dont on nous menace arrive, nous pourrons en remercier la politique mal inspirée de note souvernement dans l'exercice des droits que nous garantissait le traité de 1818. Si le gouverne vent canadien avait adopté une manière d'agir plus amicale, on re verrait pas aujourd’hui prévaloir ces sentiments d'agression. Les Etats-Unis n'auraient jamais contesté nos droits si nous les avions exercés d’une manière amicale. Malheureusement, il n’en «à pas été ainsi. Ces droits ont été exercés irop rudement, tiop offensivement. Les pêcheurs américains se sont vus arrêtés pour des vffenses triviales, autant comme autant, en 18°5.

Quoi de plus vexatoire pour ces gens que d’avoir la police canadienne à leu”s trousses dès qu'ils entraicnt dans les ports britanniques et de voir leurs vaisseaux détenus pour simple violation de luis douanières qu’ils ne connaissaient tout probablement pas !

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