‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 481 sur 571 · UN SENTIMENT DE DÉFIANCE · texte numérisé non relu

UN SENTIMENT DE DÉFIANCE

occulte ou manifesté ouvertement à l’égard de la province catholique de Québec ? Je viens de la province de Québec, et je sais, malheureusement d’une façon

ositive, qu’il y a dans la catholique province de Québec un sentiment de défiance contre la province protestante d’Ontario. Eh bien! de cet état de choses, de cette suspicion universelle, de ce sentiment général de défiance dont tout le corps politique est imprégné, je tiens le parti conservateur responsable et c’est sur lui que je fais peser le blâme. Il a gouverné le ays presque sans interruption depuis la naissance de a Confédération. Quand il était aux affaires, il a gouverné, et quand'il était dans l'opposition, il a essayé de gouverner, non pas: au moyen d’une politique générale, large, uniforme, qui aurait tenu réunies toutes les provinces de la Confédération, qui aurait rendu chacun fier de son titre de citoyen canadien, mais avec cette seule idée en vue: obtenir dans chaque province une majorité en faisant appel aux préjugés de mes compatriotes de la province de Québec, en faisant appel aux préjugés des protestants extrêmes de la province d’Ontario. Ce jeu a réussi pendant longtemps. Il était certain qu’il réussirait tant que les passions dans Ontario et dans Québec pourraient être tenues séparément. Mais nul ne peut manier impunément des matières aussi inflammables que l’esc la passion religieuse et nationale. (Assentiment.) Je prends chacun de vous à témoin que, le jour où s’est produit le conflit des passions entre

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