A LA QUASI-UNANIMITÉ
de ses hommes d’affaires, en faveur de la réciprocité jilimitée avec le Canada. Les choses étant dans cet état, nous n'avons que plus de raisons de poursuivre une agitation qui n’a pas encore deux années d’existence.
Monsieur le président, il y a encore autre chose. Tout indique qu’en ce moment le gouvernement de sir John Macdonald se prépure, comme on dit vulgairement, à ‘* mettre les libéraux dans le plat.” Que signifie cela ? allez-vous dire. La signification de la chose, telle que les libéraux la comprennent, c’est que sir John Macdonald, toujours audacieux, veut dérober les vêtements du parti libéral et qu’il se prépare à paraître aux prochaines élections sous la défroque qu'il aura ainsi audacieusement volée. Eh bien, il peut le faire. Il n’est pas à plaindre, oh ! non! Ceux qui sont à plaindre, ce sont ces pauvres tories qui, depuis si longtemps, s'égosillent sur ce thème, qui leur va si bien, du danger que récèle pour la fédération impériale la réciprocité illimitée avec la grande nation qui couvre le pays situé au sud du nôtre. Le
parti qui est à plaindre, ce n’est pasle parti libéral, mais bien celui qui est contraint d’avaler la dose qu'on dit aujourd’hui si dégoutante pour le payset si préjudiciable aux intérêts canadiens.
Mais si répugnante que soit la drogue, ils vont l’avaler comme par le passé. Si elle est nécessaire pour les tenir au pouvoir, leur estomac n’y aura pas trop de répulsion. Mais si les libéraux sont tant soit peu à plaindre en ce moment, c’est qu'après toutes
les vitupérations dont ils ont été couverts, ils soient encore tenus de vêtir ceux qui les ont rabaiïssés,. Quand les tories se couvrent d’un manteau neuf, c'est avec la détermination de ne l’abandonner que lorsqu'il sera réduit en haïillons; puis quand l'heure arrive et que leur nudité devient par trop visibie,