‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 531 sur 571 · PUR STRATACÈME DE PARTI · texte numérisé non relu

PUR STRATACÈME DE PARTI

mais il ouvre la barrière à des passions qui, une fois déchaînées, ne pourront peut-être être arrêtées par aucune puissance humaine. Il fait appel aux passions religieuses et nationales les plus implacables de toutes, et, quels que soient ses motifs, quel que soit son objet, il n’y a qu’un mot pour caractériser l'agitation qu’il soulève, celui de crime anti-national.

Je ne connais pas les motifs qui font agir l’honofable d'puté. Je ne les devine pas entièrement. Mais je vois les conséquences, et cela mesuffit. Quels que soient ses motifs, il a lui-même senti le besoin de répudier l’imputation de s'être laissé entraîner par un sentiment de haine contre la race française. S'il était ici, je lui dirais que j’accepte absolument et entièrement sa dénégation. La haïne est un sentiment trop bas pour que je l’en croïe capable, maïs si ce n’est pas la haine qui le fait agir, il faut qu’il ait de bien fausses conceptions sur le caractère des Canadiens-français, il faut qu’il ait une bien pauvre opinion de leur niveau moral. Dans ce discours, auquel j'ai déjà fait allusion, l'honorable député n’a pas hésité de s’écarter considérablement de son sujet, afin de pouvoir faire allusion à l’agitation qui a remué la province de Québec il y a quelques années, à la suite de la rébellion du Nord-Ouest et de l’exécution du principal acteur dans cette rébellion. IT n’a pas hésité d'attribuer aux plus vils sentiments qui puissent trouver place dans le cœur humain, l’immense indignation qui s’est alors emparée d’une race extrêmement impressionnable, et ses expressions ont trouvé un écho, l’autre jour, dans cette chambre, dans la bouche du déput* de North-Bruce (M. MceNeill), lorsque celui-ci a cherché à atteindre mon honorable ami qui siège à côté de moi (M. Blake), à cause de la position cour.zeuse qu’il a prise sur cette question. L’honorable député de North-Simcoe (M. McCarthy) n’a pas hésité à dire

que, si le peuple de la province de Québec avait pris l'attitude que l’on sait dans cette occasion, c'était pour les motifs les plus malhonnètes, que c'était tout simplement de sa part une tentative de s’interposer entre un criminel et le bras de la justice, parce que ce criminel se trouvait appartenir à la race française.

Ceux qui m'ont fait l'honneur,dit-il,de me suivre quelque peu dans ma carrière politique se rappelleront qu'il y a deux ou trois ans j'ai jeté le cri d'alarme dans le comté de Haldimand, Dès cette époque, j'ai fait voir que la province de Québec avait 6t6 excitée jusqu'à la folie contre les autorités du Dominion, parce qu'elles avaient osé appliquer la loi contre un Français.

‘* Parce qu’elles avaient osé appliquer la loi contre un Français.” Je répète sa pensée dans les termes mêmes dont il s’est servi. Eh bien, je n’ai qu’une chose à dire à cela: c'est que quiconque soutiendra que la position prise en cette occasion par le peuple de la province de Québec n’était pas honorable,

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