DE LA PLUS NOIRE INGRATITUDE
s'ils repoussaient aujourd’hui les obligations que leur impose le titre de citoyens anglais ; mais je dis aussi à l'honorable député que ce serait un acte d’ingratitude, de lâcheté, un acte dénué de générosité que d’enlever aujourd’hui ou de tenter d’enlever aux Canadiensfrançais les concessions qui leur ont été faites pour gagner leur affection et obtenir leur appui à l'heure où l’Angleterre courait un danger.
L'honorable député de Norfolk-nord (M. Charlton) a dit, l’autre soir, qu’il avait ses doutes sur l’entière sincérité de la loyauté des Canadiens-Français dans cette circonstance; qu’il se demandait plutôt si, au
lieu d’être loyaux, ils n'avaient pas seulement en vue leur langue, leurs lois, leurs institutions et leur religion. Je ne comprends pas bien lesoupçun de l’honorable député. Pour moi, je n’ai pas le moindre doute. Je suis absolument certain que ce sunt 1à les motifs qui ont engagé mes compatriotes à rester loyaux. Ils avaient à choisir entre la manière d’agir de la Couronne anglaise et celle du Congrès de Philadelphie. La couronne anglaise venait de leur accorder l’acte de 1774 qui leur garantissait tout ce qui leur était cher —leur langue, leurs lois et leurs religion—-et ils avaient à choisir entre cet acte et