POSSÈDE LE REMÈDE
en supposant qu’il aurait à se plaindre d’avoir été traité injustement? Il vaudrait encore mieux laisser subsister cette injustice plutôt que de mettre le système fédéral en danger.
Qu'on me comprenne bien, cependant ; je n’émets pas la proposition que, quels que soient les changements qui s’opèrent dans le gouvernement de Québec, le Parlement ne doit pas intervenir. J’admets franchement qu’il peut surgir des raisons qui justifient l’intervention fédérale ; dans ce cas, il serait certainement du devoir de notre gouvernement de s’interposer pour redresser des torts auquels le peuple ne pourrait porter remède. Mais si ce pouvoir est exercé à la légère, que deviendra le mécanisme fédéral dont l'établissement nous a coûté tant de peines ?
Je répète qu’en adoptant la résolution, nous empièterions sur les droits du peuple de Québec.
Mais les honorables messieurs de la gauche nous disent que ces droits ont été violés et foulés aux pieds par l’acte du lieutenant-gouverneur. Eh bien ! comme je viens de le faire remarquer, le peuple de Québec peut remédier lui-même au mal en déposant les aviseurs actuels de la Couronne. Il n'appartient pas au parlement fédéral de décider si le lieutenant-gouverneur a agi judicieusement ou non, sagement ou non ; c’est une question qui sera jugée par la suite.
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L'ACTE du LIEUT.-FOUVERNEUR LÉTELLIER