‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 82 sur 571 · SUBSTITUER LA VOLONTÉ DU POUVOIR FÉDÉRAL · texte numérisé non relu

SUBSTITUER LA VOLONTÉ DU POUVOIR FÉDÉRAL

àcelle de la province de Québec. Môme sans les paroles tombées des lèvres de quelques messieurs de Ta

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droite, j'aurais envisagé cette motion comme un blâme jeté à la majorité du précédent parlement. L'idée qu’elle fait naître,—non dans les termes, il est vrai, mais aussi clairement que si elle était exprimée dans le texte, —est que la majorité libérale qui siégeait, l’année dernière, de l’autre côté de la Chambre, avait délibérément refusé de rendre justice et qu’elle avait ainsi laissé influencer son jugement par des prédilections politiques, parce qu’il s’est trouvé que le parti chassé du pouvoir à Québec était conservateur, et que le parti appelé à la direction des affaires était libéral. Comme l’un des membres de la majorité qui gouvernait à la session dernière, je ne m’objecte pas à ce qu’on nous lance cette accusation, pourvu que l’on applique la même mesure à nos adversaires. Et si cette motion doit être adoptée, si lamajorité conservatrice doit faire aujourd’hui ce que la majorité libérale n’a pas voulu faire l’an dernier, si elle doit s'opposer aux provinces, si l’une ou l’autre des deux majorités— soit celle qui insistait, l’année dernière, pour faire respecter le droit qu'ont les provinces de se gouverner elles-mêmes, soit celle qui, cette année, veut empiéter sur ce privilège, —doit être dénoncée comme étant animée de motifs suspects, je n’y ai pas d’objection, et j’attendrai sans crainte le jugement des hommes justes et de l’histoire impartiale.

Mais avant d'aller plus loin, qu’on me permette de faire une observation. Les élections de l’an dernier dans la province de Québec ont porté sur l'acte de M. Letellier, et sur rien autre chose. A l’ouverture même de la campagne, M. Chapleau, le chef actuel de l’'opposition de Québec, déclara dans un discours prononcé à Lévis que cette question du renvoi du ministère par le lientenant-gouverneur, était la seule qui devait être prise en considération par le peuple. Et il s’est servi à cette occasion d’un langage très énergique. Je n'ai pas ce discours sous la main, mais j'en ai gardé les expressions dans ma mémoire qui ne me fait pas défaut. Ainsi, M. Chapleau disait que,— quelles que pussent être leurs fautes comme ministres, et lors même qu'ils auraient été des défalcataires et des

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voleurs publics, — ils avaient été renvoyés injustement et illégalement, que le devoir du peuple était de les réinstaller dans les fonctions dont ils avaient été démis. D'un autre côté, M. Joly, le chef actuel du gouvernement, accepta la lutte sur ce terrain, et sur ce terrain seulement. Il dit au peuple qu’il assumait et

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