‹ Wilfred Laurier à la tribune [microforme]Chapitre 98 sur 571 · ÉLOGE FUNÈBRE DE · texte numérisé non relu

ÉLOGE FUNÈBRE DE

M. HOLTON

Le 15 mars 1880, la députation Canadienne était dans le deuil. L'hon. M. Holton, l’ é

L'hon. M. Ma E Opposition, voulut faire l'éloge de son vieil ami, mais il avait 6 tion le suffoqua, et il dû

place. C’est cette scène émouy des Débats :

(Trad uction)

M. Mackenzie : — Tout le monde, monsieur l’Orateur, se joindra de grand cœur aux justes éloges décernés par l’hon orable préopinant À notre regretté collègue, Ceux surtout qui, depuis si longtemps, ressentaient sa bienfaisante influence, Ceux qui COnnaïissaient l’excel-

lence de ses qualités Personnelles. est impossible à ceux qui ont été 1pagnons de sa

se rendre compte du vide aw’il a laissé dans son Parti, dans Ja Chambre et dans le Pays. Je regarde sa mort COMme une calamité nationale. Nous ne devons rien Omettre, nous, ses anciens collègues, pour faire Comprendre au Pays, et surtout à sa famille afigée, la considération dont il jouissait parmi NOUS. II m'est Complètement impossible dexprimer….

(L'honorable député, tinuer.,)

suffbqué par l'émotion, ne peut con-

M. Laurier : —En face de cette immense douleur, de cette calamité nationale, s’i] m'était permis d’ex-

-Primer mes sentiments Personnels, je dirais qu’il n’est

personne ici qui ait plus que moi raison de regretter

4 la mort de monsieur Holton. J’eus la bonne fortune,

ÿh tout jeune encore, d'obtenir son amitié, et depuis ce Es

temps jusqu'au jour de sa mort prématurée, combien ea

de fois n’ai-je pas eu l’occasion d'apprécier les nobles one

qualités qui l’ont rendu cher à tous ceux qui l'ont était

a. connu ! Les membres de cette chambre qui ne con- faibl

Li naissaient que l’homme public; qui ne savaient de lui ee E que ce qu’il faisait ici, ont pu apprécier ses vertus cais

4 civiques ; ils ont admiré la grandeur d’âme qu’il met- vince

tait dans toutes ses actions, la juste conception qu'il Énné

avait de son devoir, sa fidélité à le remplir et la noble irrépe

manière dont il savait s’en acquitter.

Ils ont aussi pu apprécier la force sans animosité, la modération sans faiblesse avec lesquelles il défendait ses convictions. Mais ils ne le connaissaient pas tout entier. Ceux quiétaient assez heureux pour jouir de son amitié savent que ses vertus privées égalaient ses vertus publiques ; ils connaissaient son attachement inébranlable pour ses amis, son ardente affection pour sa famille,son cœur noble et généreux quise montrait partout, dans les grandes comme dans les petites choses. Maïntenant, il n’est plus. Le plus grand éloge que l’on puisse faire de lui, est celui que l’honofable premier ministre vient de prononcer, en disant que sa perte serait presque aussi vivement ressentie par ses adversaires que par ceux dont il partageait les opinions. Il a été mêlé pendant toute sa vie aux luttes de la politique active ; il a été toute sa vie très dévoué à son parti : et, cependant, nous avons la consolation de voir que dans ce pays, où les luttes de la politique engendrent tant d’animosités, il n’a pas laissé un seul ennemi. Il est regretté par ses amis et par ses adversaires politiques, et les uns comme les autres partagent la douleur qui assombrit cette salle. Ce deuil subsistera, non-seulement jusqu’à la fin de la session, mais pendant bien des sessions encore. Personne, monsieur l’Orateur, ne ressentira plus vivement sa perte queses compatriotes d’origine française. Tous les Canadiens-français, sans distinction de parti, savent que l’homme qui vient de nous quitter était un

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