‹ Wilheim MeisterChapitre 2 sur 90 · PARIS BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER · texte numérisé non relu

PARIS BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER

EUGÈNE FASgUELLE, ÉDITEUR

11, RUE DE GRENELLE, 11 Tous droits réservés.

Dans cette nouvelle traduction, on s'est principalement attaché à se rapprocher le plus possible du texte original. Le public, de plus en plus familiarisé avec les langues et les littératures étrangères, cherche aujourd'hui, dans une traduction de l'œuvre d'un maître, autre chose que le roman. Il veut connaître le style, la physionomie de l'ouvrage, se mettre en état de savoir ce que pense et comment pense l'auteur.

C'est dans ce sens que Ton a traduit le Wilhelm Meister. Les nombreux passages où Goethe, par la bouche de ses personnages, exprime ses propres opinions et aborde les problèmes les plus élevés de la philosophie, de la religion, de l'art, de l'esthétique générale et même du socialisme, car on retrouve de

nombreux et vifs reflets de la Révolution française, I. 1

ont été reproduits avec une scrupuleuse fidélité. Dans plus d'un endroit le lecteur trouvera peut-être qu'on s'est écarté de la règle établie par Goethe luimême, qui voulait qu'une traduction fût coulante. Gela tient à la presque impossibilité de soumettre à la précision mathématique, à l'implacable clarté de la langue française des idées complètement neuves, des rapprochements de mots insolites et des spéculations d'une ténuité extrême, auxquels se plie mieux la langue allemande, plus flexible et plus lâche que la nôtre.

Gertaines pages ont besoin d'être méditées et alors, du brouillard apparent de la phrase, le lecteur attentif ne tarde pas à voir se dégager peu à peu la pensée lumineuse, qui finit par répandre un éclat rétrospectif sur ce qui avait pu paraître obscur au début.

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