‹ William Milne EdwardsChapitre 18 sur 19 · TG · texte numérisé non relu

TG

l'atmosphère était à 4° au-dessous. Les mouvements respiratoires étaient très faibles. Le lérot s'éveilla un peu plus tard que dans l'expérience précédente, et courut dans sa cage avec légèreté. Dans la première heure, à dater de son exposition au froid, sa température s'éleva également à 25°, à la fin de la (seconde à 30°. Le hérisson s'est éveillé deux heures et demie après le commencement de l'expérience; sa chaleur n'était montée qu'à 12°; au bout de cinq heures elle était à 28°.

Dans cette nouvelle série d'expériences, il est de toute évidence que la cause qui a produit le réveil n'était pas de nature à contribuer directement à la production de chaleur. Si un froid modéré peut la favoriser, comme nous l'avons fait voir ailleurs, un froid plus rigoureux a une tendance contraire. On peut se méprendre ici sur son action. Il produit une impression assez vive pour être sentie malgré la torpeur, et déterminer des contractions musculaires qui donnent accès à l'air dans de plus grandes proportions. L'intervention de cet agent fait naître un nouvel ordre de phénomènes parmi lesquels on observe l'accroissement de la chaleur. Nous ne voyons pas, il est vrai, par quel procédé ce changement s'opère; mais il suffit de faire voir qu'il a lieu: c'était là notre objet. Nous reconnaissons de plus dans cet enchaînement de phénomènes un exemple frappant de ces efforts conservateurs, de cette puissance médicatrice dont on a tant parlé, et qu'en général, on a plus sentie que distinguée.

Nous aurons plus d'une occasion de faire voir avec

quelque précision les moyens qu'emploie la nature animée pour combattre des agents qui menacent

l'existence.

Mais la cause qui a excité les mouvements de ces animaux n'est pas propre à les entretenir. Us produisent trop peu de chaleur, même en déployant toutes les ressources de leur économie, pour résister longtemps a la température qui les a stimulés momentanément. Le froid qui les a réveillés soustrait trop rapidement la chaleur renaissante sous l'influence de la respiration et de la circulation pour que le jeu de ces fonctions puisse subsister: aussi leur température ne tarde-t-elle pas à baisser, et ils retombent dans une léthargie qui devient mortelle par l'intensité du froid.

Il n'en est pas de même lorsque, dans un froid modéré, on les excite par des moyens mécaniques: après avoir repris plus ou moins de chaleur, suivant leur faculté d'en produire, ils reviennent au même état où ils étaient auparavant, et dont on peut les tirer de nouveau.

Dans ces observations sur les animaux hibernants, les mouvements respiratoires, d'abord très faibles et à peine perceptibles, s'accroissent progressivement jusqu'au degré de vitesse et d'ampleur qu'ils ont dans l'état naturel. Il s'agit main tenant de savoir quelle serait, l'influence de ce* mouvements sur la température du corps lorsqu'ils sont élevés au delà du rythme de la santé. Pour ré-

soudre cette question, nous ne saurions nous appuyer sur des observations tirées des maladies; les conditions sont trop compliquées et trop obscures pour en déduire des conclusions satisfaisantes: nous prendrons nos exemples chez des animaux dans l'état de santé, dont la constitution soit bien connue, ainsi que les modifications qu'ils éprouvent par les circonstances où ils sont placés. Nous avons dit que de jeunes oiseaux réunis dans leur nid ont une chaleur élevée, quoiqu'ils aient alors peu ou point de plumes, mais que leur température baisse dès qu'on les~ expose h l'air: dans les premiers jours après leur naissance la marche de leur refroidissement, en pareil cas, est constamment progressive jusqu'au terme où le froid les engourdit. Quelles que soient les modifications de leurs mouvements respiratoires, cet effet a toujours lieu: aussi n'est-ce pas à cette époque que nous pouvons discerner leur influence sur la chaleur: ils en produisent si peu alors qu'aucun effort de leur organisation ne saurait les soustraire à l'abaissement successif de leur température; mais quelques jours plus tard, lorsqu'ils en développent davantage, on reconnaît souvent, par des signes indubitables, que l'accélération de la respiration au delà du terme de santé est une réaction salutaire pour accroître la chaleur du corps et s'opposer à l'action du refroidissement. Quand ils sont très près de l'âge où ils peuvent soutenir leur température à l'air, voici ce que j'ai observé chez plu-

sieurs imli\ idus dont j'ai donne les observation! taillées dans Les tables: on d'eux avait 10° et '.'7 inspirations par minute. Retiré du nid, et exposé a l'air de l'appartement, qui était à 18°, il perdit dans un quart d'heure :'- : cependant sa respiration s'était accélérée. Il arriva à 120 aspirations qui se soutinrent pendant vingt minutes. Il s'était alors réchauffé d'un demi-degré; quelque temps api se refroidit de nouveau; mais sa respiration, qui était devenue un peu moins fréquente, an put de l'ampleur; sa chaleur se rétablit de la même quantité, et persista longtemps à ce terme. Un autre avait 38° et 84 inspirations par minute; un quart d'heure après sua exposition à l'air, il se refroidit de trois quarts de degré; sa respiration s'était vée à 108 inspirations, et continua a ce taux; examiné au bout d'une heure, il avait repris sa beml érature première. Enfin, chu/ un autre, la i rai h n s'accéléra, et non seulement sa. température ne baissa pas, mais elle s'éleva d'un degré.

11 y a donc plusieurs cas où l'accélération de la respiration au-dessus du type de la santé peut avoir un effet sensible sur la chaleur animale. Dans le premier, la température du corps baisse -nus Pinllueuce de la eaux- refroidissante; mais, par la réaction dont il s'agit, elle remonte nu peu, sans cependant m- rétablir, et peut ensuite descendre plus bas, eu offrant des fluctuations. Dans le second, elle diminue et revient ensuite au point de départ; enfin, dans le troisième, die ne décline pas, et peut

non seulement se soutenir, mais encore s'élever audessus de ce qu'elle était d'abord.

Il résulte des faits précédents que, dans les cas où la température du corps s'abaisse progressivement malgré l'accélération de la respiration, l'effet de cette accélération se borne à ralentir le refroidissement.

Page 1