SCÈNE PREMIÈRE
LE MARQUIS DE WINCHESTER, LE CAPITAINE DES GARDES NOBLES, LE CONSTABLE DE LA TOUR, L’AMBASSADEUR D’ÉCOSSE, UN HUIS- SIER, les Juges de la Chambre étoilée.
WINCHESTER
Milords de la Chambre étoilée, je viens de présenter à Sa Majesté la sentence de mort portée par vous contre Robert Essex ; attendons maintenant les ordres de la reine! (lc* juges
remonte ut vers le fumt.)
WINCHESTER, à part.
Signera-t-elle?... Ah ! qu lie anxiété!... ( Faisant un signe au Capitaine des Gardes nobles qui vient à sa gauclic.) William SliakspeaF6 S*GSt-
il présenté cette nuit aux portes?...
LE CAPITAINE
Oui, milord.
WINCHESTER
Et qu’a-t-il demandé ?
LE CAPITAINE
Il a demandé il voir la reine... il a' même insisté beaucoup.
WINCHESTER
Quelle audace !
à cris vi
LE CAPITAINE
Mais je lui ai répondu que j’avais la consigne formelle de ne laisser pénétrer personne dans le palais...
WINCHESTER
Et alors?...
LE CAPITAINE
Il s’est retiré très-ému, très-pâle...
WINCHESTER
Continuez de veiller... (Le capitaine s’éloigne, a pari.) Je ne veux pas que cet homme vienne parler ici de pitié ni de clémence! (Faisant signe an Constable de s'approcher.) Monsieur le COH-
slable, tout est-il préparé à la tour?
LE CONSTAULE.
Oui, monseigneur. •
Et si la reine confirme la sentence, il n’y aura de votre * fait aucune lenteur dans l’exécution?
LE CONSTAULE.
Aucune.
WINCHESTER
Bien. — Je vous ai parlé d’une bague que le comte porlo. loujoui s et qu’il a reçue au refois de la reine en partant pour l’Espagne : « Ftpberl, lui avait-elle dit en la lui donnant, si jamais vous commettez un crime, quelque grand qu’il soit...
, renvoyez moi cet anneau et je vous pardonnerai !... » Essex est trop orgueilleux, je le crois, pour demander grâce... Mais enlin, l’approche de la morl épouvante les plus supeibrs, et. il se pourrait qu’en face de la hache il eût recours au précieux talisman... Si cela était, vous veilleriez à ce que la bague n’arrivàt point jusqu’à la reine.
LE CONSTAULE.
Milord sera obéi.
WINCHESTER
Allez! (le Conslablc se relire. A part.) Oui, niais sigliera-t-elle?... (L'Ambassadeur d’Écosse se dégage d’un groupe placé à droile et s incline devant le Marquis.)
l’amrassadeur.
Milord...
WILLIAM SllAKSTliAUi:
WINCHESTER
Ah! c’est vous, monsieur, que le roi Jacques envoie solliciter la grâce d’Lssex?...
l’ambassade UK.
Oui, milord.
WINCHESTER
Peine perdue, monsieur ; tous ne verrez pas la reine, et vous pouvez retourner sur-le-champ à Édimbourg.
l’amIîassadeür.
Cependant, milord...
WINCHESTER
Mais pour être si prompt à s’intéresser au coupable, le roi d’Écosse ignore donc toule la grandeur du crime? Vous Pi-, gnorez sans doute vous-même, et je vais vous l'apprendre, en vous priant de redire mes paroles au roi Jacques. — Après avoir tiré l’épée contre sa souveraine, Robert Lssex a tenté de soulever le peuple, il a ensanglante les rues de Londres... et, repoussé jusque dans son hôtel, il s’y est défendu avec le fer et le plomb, comme dans une forteresse I... Le bruit a couru, bruit calomnieux, à coup sûr, que l'Écosse devait lui prêter appui et concours; on a prétendu même que sa correspondance pouvait compromettre le roi Jacques...
l/ AMB A SSA DÉ U R , a?cc embarras.
Milord...
WINCHESTER
Oh! rassurez-le bien... Sa Majesté a brûlé ces lettres sans vouloir les lire!... lit maintenant, n’est-ce pas?... vous comprenez qu’il serait inutile de demander plus longtemps la grâce du rebelle.:. Allez, monsieur. (c’Amhassaiiour son.)
un huissier. /
La reine!...