SCÈNE VI
Les Mêmes, J O fl ANNA, qui * para *« f«c»i topuii ou louant.
JOHANNA
Non, William, non.
WILLIAM
Johanna !
JOHANNA
Je viens vous affranchir tout À fait.
WILLIAM
Comment!
JOHANNA
Vous proposer le divorce.
WILLIAM
Le... divorce... c'esl-à-dirc tout un abîme, tout un océan, presque une tombe entre nous deux. Celte pensée-] it vous est venue, vous avez pu prononcer sans émotion ce terrible mot... Oui, vous êtes très-calme... Eh bien, c’est étrange, ce mot-là m’épouvante, moi!... le divorce...
johanna. •
Il est nécessaire, pour assurer l’avenir et le bien-être de nos enfants. J'ai pris, à ce sujet, d'honorables conseils.
WILLIAM
Ah!...
HATWAY.
Si elle vous demande d’y consentir, c’cst pour éviter le scandale; car elle ale droit d’exiger...
WILLIAM
Oh! vous connaisses bien la loi, vous.
HATWAY.
Ainsi, vous ne vous opposez pas?...
WILLIAM
Faites ce qu’il vous plaira.
HATWAY.
Nous sommes très-recommandés au grand trésorier, marquis de Winchester, qui, vous le savez, est, comme nous, du Warwitk-Shire. U s’intéresse à Johanna, et j’espère qu’il abrégera les lenteurs...
WILLIAM
De sorte que la chose marchera très-vile...
HATWAY.
le le pense...
WILLIAM, A JotoDM.
Donc, nous allons nous séparer pour toujours.»
JOHANNA
11 le faut...
WILLIAM
Adieu, Johanna.
JOHANNA
Adieu, William.
HATWAY.
Viens, ma sccur, viens...
WILLIAM
Elle part sans être émue, elle s'éloigne sans détourner la tête... Johanna! (dit ttd**ce»d «m u) est-ce qu'il est
possible que nous nous quittions ainsi?... Mais enfin, 11 y a
dans la vie de coe choses qu’on ne peut oublier I... Tout enfant, j'étais votre frère, cl vous avez partage mes jeux. N’y cùt-ii entre nous que ce souvenir simple et béni, ce devrait être assez pour émouvoir profondément nos cœur* en ce moment. Je vais plus loin encore: me haïs&ez-vous?... Eh bien, au seuil de l’exil, au bord de la tombe... et nous y sommes!.., l'inimitié s’efTace, la haine s’oublie, l’indulgent pardon vient adoucir la pensée du départ qui n’a pas de retour !... Johanna, nous quitterons-nous sans nous être même donné la main?...
JOHANNA
Voici la mienne...
WILLIAM
Merci!... Vous pleurez ?...
JOHANNA
Oui, je pleure, William, je pleure sur vous comme sur moi!... Le ciel m’est témoin que je ne vous souhaite pas de mal ; mais vous êtes sorti de la ligue austère du devoir, et j’ai le pressentiment que vous ne serez pas heureux.
WILLIAM
L’avenir est entre les mains de Dieu!... Johanna, un dernier mot. . c’est un conseil, une prière... je veux vous parler du nos filles! Ne leur faites pas une vie trop austère, ne cloîtrez pas trop leurs jeunes cœurs! qu’il y ait toujours audessus d’elles du soleil et de l’azur, que la triste expérience des choses sérieuses 11e vienne pas trop vite interrompre leurs jcuT, détruire leurs Illusions; laissez-les faire ample moisson de joie et de bonheur; par pitié, Johanna, ne vous vengez pas sur elles du mal que vous me reprochez de vous avoir fait... ne cherchez pas à effacer le souvenir que j’ai pu laisser dans leur cœur... surtout, oh! je vous en conjure, ne leur apprenez pas à me haïr, à rougir de moi !... Ah! qu’elles me croient mort, plutôt! mort en les aimant, en les bénissant!...
johanna.
Je suis bonne mère, William, et je connais mon devoir.
HATWAY, tw« 4 JuImum.
Ne pleure donc plus... êlre séparée de ce vaurien, c’est ce qui peut t’arriver de plus heureux. (Ht mtwm.)
WILLIAM
La mère de mes enfants! (11 t»i« »«»i>w <*» >*«-. Etpi»»™**
voit «u ifehor*.)