V. La division dei monwenos. — Relraii
le de Ferey. — Bmnsirioit
I. Landremoat n'était pas resté dans l'iDaclioii depuis qu'il avait si heureusement ressaisi le poste de Bunden- Ihal. Le \S, le 19, le 20 septembre il dirigeait contre les Impériaux de Hotze el de Jellacbich campés dans 1 forêt de Bieuwald, des attaques sérieuses '. L'acharae' J meut était égal des deux parts. Les Autrichiens époi-
1 Gebler, 131-132 . die wQthenden AngrilTe... die Reihen heieor- 1 knd gelichlet... die Kralte erEchSprt. . . > Les Impériaux curent, dau | ces Irais jours, 17 ofGcierB el 727 soldais bots de camW.,
flèrenl toutes leurs munilionset dureul emprunter aux Prussiens de la poudre et des balles. Leurs pièces B'Écliautlaieut leliement à force de lirer qu'il fallut, pour Vn servir encore, les rafraîchir à de fréquents iutervalles. Mais les Français n'étaient pas moins obstinés. Le 1S, dans les boia de Schaidt, leurs blessés crièrent Tire la République et lireut le coup de fusil jusqu'à In nuit close. Un caporal du 1" bataillon de la Corrêze ne sa de se battre, bien qu'il eût un doigt de la main gauche eiQporlé. Des Corrëzieus pissaient sur le canon de leur arme pour le refroidir et le charger sans enfla mmer la poudre. D'autres pissaient dans le canon mâme, pour le laver et le frolier ensuite avec un lambeau de leur chemise. Le bataillon fuiit par mauquer de carlouches. Il fooça, la baïonnette en avant ; les ennemis s'cufuircnl en laissant sur la place les marmites avec leur soupe, les pots remplie de pommes de terre, les écueltes pleines de café au lait et sur un autel, dans une baraque de branchages, un pâté tout frais *.
La lutte s'opiniâtra surtout a la droite de l'armée française. Le 19 septembre, les républicains, conduits par ' Legrand et Dubois, se portèrent dans le Bienwald ; mais l'adversaire, dit Dubois, était fortement retranché dans un ravin, et â peine lui Toyait-oa le nez ; les patriotes durent céder. Le 20, ils revinrent à la charge. On fut aux prises de quatre heures du matin jusqu'à deux heures de l'après-midi avec une rage indescriptible. Le soldat, écrit un général, écumait de colère. Cette fois encore, il fallut plier sous le nombre : notre droite avait plus de trois cents hommes hors de combat, et Ton
■ Z« Satap', o~ 220 et 227 ; Rapport dt Borit, Snampt, «te, It ; (/". d'JSojuevillj, 1, lei-no.
WISSEMBOUBO 185 J
coœplaii parmi les blesséâ une fouie d'officiers et la plupart des co]odg1s, enire autres le commandanl da 4" batailloQ des vùlonlaires du Bas-Hliin, Ortlleb, qui venait de recevoir sou brevet de général, Dubois avouait que, si de semblables « revers » se produisaienl souvent, les troupes ne pourraient plus tenir les ligues ',
Comme toujours, Landremont n'assaillait les Impériaux que partiellement, et n'osait entreprendre une attaque générale, a Personne ne commandait, a dît ub contemporain, personne n'obéissait ; on dénonçait, on destituait, le désordre était extrême ; le courage individuel ne fdisait pas faute au moment de l'action ; mais chacun allait à sa guise et l'ensemble manquait ; demander pourquoi on ne ôt pas telle ou telle chose, c'est demander pourquoi le chaos est la contusioa '. *
Il est vrai que Landremont ne disposait que de 31,000 hommes; 7,000 formaient l'avaut-garde ; 11,(00 protégeaient Lauterbourg et la droite de la position ; 7,000 occupaient les gorges de Notliweiler ; i.OOO composaient sa cavalerie. Bouchotte prétendait lui démontrer par les états de situation que l'armée du Bliin comprenait plus de 150,000 hommes. Le général soutenait que sa force réelle, eiTective, combattante, ne montait qu'à 31,000 hommes, et encore ne se dcfendait-il quen jetant sur l'endroit menacé les troupes qu'il avait sous la main et en E mettant tous ses œufs dans uu même panier ». Mais il doutait du succès et assurait qu'il ne pourrait garder plus longtemps les lignes de Wissembourg, s'il ne recevait des renforts. Que les ennemis, disait-il, attaquent tous les poinis à la lois, et ils feront leur
■ Dulioïe à LaniIremoDl cl siii représeaUDl.
cf. Geblfir, 131-132 el Remllns, I, 377-378.
' Nùta lie Legrand [A. G.).
ils feront leur |
:t20 3epl.lA.U.li ^H
4M WIBSEUBÛUBO
trouée d'uu côlé ou de l'autre. Il n'avait plus d'obus, plus de munitions. Son armée vivait au jour le jour, et saus l'iofatigoble Villemanzy, elle eût déjà manqué de pain. EaTm, il se plaignait des représectanls qui contralaieut ses moindres acles et le géoeient cruellement dans ses opérations- ■ Tous les pouvoirs, marquait-il a Schaueoburg dans une lettre confidentielle, se contrarient el sembleot vouluir tout désorganiser '. »
Qu'on juge de son désespoir lorsqu'il apprit que les Prussiens avaient rejeté l'armée de la Moselle sur l'autre rive de le Sarre I Depuis quelques jours it redoutait ce fatal événement, et, avec une anxiété croissante, il recommandait â Sctiaueuburg de ressaisir te Kettcrich, d'où l'adversaire pouvait gagner Niederbronn ; il le priait instamment de dérendre la Main-du-Prini:e et de mettre René Uoreaus sur ses gardes. Aussi, lorsqu'il sut la nouvelle, i les Prussiens, s' écriait-il, vont me touraer par ma gauche, pendant que les Autrichiens attaqueront mes lignes I Je n'ai pas assez de monde pour me Qatter de conserver ma position! Ah 1 si j'avais 45,000 hommes de plus, les ennemis ne passeraient pas I > Néanmoins il fît sagemsQt, secrètement, ses préparatifs de retraite. Il craignait surtout pour Strasbourg; la place, disait-il, était absolument dépourvue de vivres ; elle n'avait pas le cinquième de ses muoîtions de siège, elle ne tiendrait même pas trois jours. Il ordonna de pourvoir à sa dé* fense, mais silencieusement et sans Tracas; ■ n'ébruitez
' LiDdremoQt à Scluuenburf;, au Comilt, ■ Bouchotle, 23 «t 25>eptembre ; Duiigaiu aux rspréBeatanls, 13 sept. (27,000 d'infinlnie et 3,000 de cavalerie) j Landremoat avait d'autant plus tHison que lai représenta Dis priaient en même tempa le Comiid de readre i l'année du Ethiti et de renvoyer en poste les 15,000 hommea qu'on lui avait pris au mois d'aoûl et qui se trouveienl alors aui anviioDS de Chtl on» (Rapport de Boiie, Rutaça, cM:., ^ï, ^Qt-30«l.
■WISSËMBOURS i 87
rien, écrivail-il à Dièche, paraissez occupé du passage du Rhin et faisons tout pour sauver Strasbourg '. s
II. Mais à l'iDstaot où le vaillant soldat se préparait à défendre avec plus d'ardeur que jamais la froutiÈre de l'Alsace, le Comité de salut public le dépuuillait de son comtnandemeQt, Il jugeait que le géuéra! exagérait ia détresse de l'acmée et le dénuement lie Strasbourg : la plus forte place de l'Alsace ne tieudraît-elle que trois jours et pouvail-ou compter sur l'homme qui faisait une pareille déclara tiott? D'ailleurs, Landremoot était noble, et la fuite d'Arlande, son lieulenaol, avait accru la haine contre les ci-devant. Les représentants Lenuînio et Lejeune ordonnaient l'arrestation de tous les nobles du département de l'Aisne, et Milliaud écrivait des bords du Rhin qu'on no
■ Lsodremont à Diècbe, 28 eept. (A. G.]. Dièicbe (AnloîDe-CIaude], né le ISJuia 17S3, au bourg de Rtiodcs, dans les BaBEes-PyrêiiéeE, avait été successivement gendarme de la ggrlo ordinaire du roi (1" juin tICS], Eous-lieulepent au régiment de Piémont infaDleiie (!> mai 1772), lieulenanl en eecaiid danti la compagnie àe chasEeura (7 août 1778), piemiet lieuleDaol |ifi ocl. IISÎ], caplUine en second (1" Juillet 17SS), capiuine de grenadiers [17 mai 178ûj, lieulcaanlcolouel au 27* légimeat [2<t oct. 1792). 11 avait faiL la campagne d'Amérique [1782-1783], et re;u la croix de Saint-Louis, le 3 avril 1731. Général de bngade, le U août 1793, et de division, le 23 BoQt suivant, il commandai! la citadelle de S'rashoiirg à la grande joie dea Jacobins. N'éiait-ce pas lui qui dânosçait Custiiie dË3 l'eipédilion de Spini {Expiditioa dt Cvilinc, S», note 1.} N'écrivait-il pas s Boiïctiolle, le 29 aodl, qu'il < était républicain dans son fime avant qu'on songeSt en France à une République • ? Berger el Renkin faisaient son éioge et craignaient qu'il ne fût éloigné ; c'était, disaient-il cilojen bien nécessaire à Sirasbourg et le seul tioiiime propre à centrer dans l'ordre les roalvaillants et les a nti- révolution mires, dont ta ville lourmillail. Bouchotle répondit que Dièclic ne pas Slrasbourj; tant que les boas moj'ens et DiËdie lulverraienL le moindre inconvénient > [lettres des 3, 4 et 7 sept.). Diècbe passa le 3 thermidor an VU 4 l'armée des Alpes, fui m' réforme le 9 aivase an Vltl, obtint une solde de retraite en 181 iDOurut à Paris cette même année, le 18 févciei.
WISSKUBOURD
uOTSit meltre à la léte des Français que des hommes du BUple :■ tl faul détruire Cartkage, il faut détruire la ooes9e. » Les commissaires des «ssemblées primaires lemBudsieDt qu'aucuu Doble oe fûl admis sus emplois 'llseï miliiaires avant la Gn delà guerre. La citoyenne ombc. guidaol uoe dépulation de la Société des Répuolaes, sommait la Convention de décréter la destitution de tous les aristocrates. Les Jacobins de Paris exigeaicDt davantage : > av, it, disaient-ils à l'Assem-
blée, bannissez celle cIasha géede crimes qui occupe
encore insolemment 1 s postes de dos armées;
les uobles furent toujours nemis irréconciliables da
l'egalitii et de Ibuma» Te ; qu'on leur Aie tout
moyen de grossir les .. e nos adversaires; qu'ils
soient mis en prison jusqua lais. • El la Convention, ialimidée, décidait que les sociétés populaires dresseraient la liste des suspects qui servaient dans les armées '.
Le SI septembre, Bouchotte annonçait qu'il destituait Houcliard, ScUaueoburg et Landremont ; Houcbard était remplacé par Jourdan ; Jourdan qui commandait l'armée des Ardenues, par Jacques Ferrand ; Schauenburg, par Reué Uoreaux ; Landremont, par Delmas. Les qualrearmées qui protégeaient la frontière du nord-est changeaient donc de général I La Convention s'émut. Du Roy prit la défense de Landremont avec une généreuse chaleur : Landremont, disait-il, possédait la confiance de ses soldats, il rendait de grands services à la République, il se montrait excellent patriote. Quant a Delmas, ajoutait
> Le Caœilé aux représcntagia, 25 sepl. (Ripport de Boric, Ruamps, etc., 21^9, 2U0) ; Journal di la Montagut, a" 68 ; lésDceB da la CoDvantiuD, 20, 26, 27 aotli et i aept. ; décret du 13 sept., Hùn, au iS.
WISSEMBOURO
Du Roy, il avait déployé sa bravoure à la lèle du I
ba-
laillon des volontaires de la Corrèze, mais il était jeuDe eocoreet incapable d'arrêter un plan, de diriger de vastes mouvemeuls. " Craignes, conclut Du Roy, de nuire ans intérÈLs de la France par des destitutions trop précipitées ; il ue suffit pas d'avoir fait laRévolulionà Paris pour élre général habile ; ne confiez vos armées qu'à des hommes instruits et laissez-leur des ofliciers qui, pour avoir la l malheur d'être nés nobles, n'en sont pas moins sans- | culottes. » Ce discours exciia des murmures. Dnhem répondit qu'il fallait, pour éviter toute trahison, ne plus employer la noblesse; Raflron, que les patriotes commellraient peut-être quelques fautes, mais qu'ils sauraient promplement s'instruire et ne Irabiraient jomais ; Jeanbon-Saint-André , que le courage et l'impétuosité des soldats suppléeraient ans talents des généraux. La Convention décréta que le Comité de salut publie lui fe-i rail un rapport sur la letlre de Boucholle.
Le lendemain, Barère prit la parole, au nom du Comité. ' Tous les nobles, disait-il, éiaieut des traîtres commencés, et la voix du peuple s'élevait contre eux. Qu( combattait et ils menaient la guerrel Ne fallait-îll pas mettre à leur place des sans-culottes d'état et de 1 principes? Le Comité avait donc, de concert avec Bou- ^ cbolle et les représenta nia, destilué les nobles e suspects. Robespierre appuya Barère, et le même jour, à la séance des jacobins, il déclara que Landremont, noble et très noble, comblé des faveurs du lyran, n'avait rien fait de son armée, et que si le i Jeune Delmas le remplaçait, c'est qu'aucun vieillard n'avait donné autant de I preuves de talent et de palriotisme '
■ Séance du 25 sepl. [Mon. du 27.) La
ï défaï
. Les T
■ M Dejmss éiail enfermé dans Landau. Le mtaislre
nomioa Pichegru qui coinmaDdail la divisioo du Haut-
ilo. Deux fois de suitv, Picliegru refusa, soit par mo-
oslie, 8oil plutôt, dit un coQlemporaia, parce qu'il con-
lissail lasiluelion '.
nom t VitéCTltiun Ara •mis de J'bumanilé parce qu'il avait refueé, ll-on, l'cntria du Laiid*u téa de la gtraisoa de Ubjcdo
..tU, Boe. polU., ni). Mu 'élah âgaali depuis le com-
uiDDcemcnt du la ^■<*>'<''- * :hauil Jacabin, écrivsil-oa su
Jaurniit 4t la Monlag»! (b irsve dîne loule la force du
Itinii'. • llouclioUo [jeneslt ul i le nommer commandaDt de
Slraabourp, A U place du i ?- rre, Eueprodu. Le 8 mai 1193, Monlaul, tiuimps tt Soub i laient ■ bubiî intrépide qu'in-
IsIliKenl • et aasurBienl qu \ avait lue de sa msin ud cg-
Talior ptUBSien qui emporlaù » drapeau des Tolonlaire> de la Cortèis (A. N. uxl-ll, K). Il cïl »r»i que Is Bous-liauleniùt Blanchard prétend que • la drapaau était leno pai «n bonma qui avait peine i aulrra • al (]ua Delmat, qui était bian monlé, • as chargea de le porter et ne manqua pas de dire qu'il l'avait arraché des maiiiB de l'ennemi • [Jmi-nal dtt Afkimenli fui naf m lùu ptndtnl It tloevt dt Zatda»
t. I!)J. Quoi qu'il en aoit, Delmaa ne put sortir de Landau asaiégé. a 9 Dctahra Ruampe le pria de quitter la place et d'emmener avec lui Ttaich, qui remplacerait Clarke comme chef d'état-major [Compta min, par Huempa, Borie, etc., p. 310), et Treniinian reçut même, le 12 octobre. Tordra précis de se rendre, la lendemain, dana lea gorges at d'aller auaai avant que pouaible, pour faciliter la eorlie du Jeune général qui devait, sous un déguîsemeDl, arriver k Nothwailar [SapporI de DeBaii, A. Q.]. Meia Delmas fit dire aux représentanta qu'il ne pouvait accepter sa nomination ni même s'échapper de Landau {Coinpli rnd» par Ruamps, Boris, etc., p. 16]. Cf. sur Delmas {ADioine-Guillaume), générât de brigade depuis le 30 Juin 1793, et de diiiaioQ depuis le 13 sepiambre, lea Mém. de Lavalletle. I, 12S (• plein de milite, maia alors d'une expérience bien faible ■) t Eickemejer, I)t»li'e-, 281-2S2, et surtout De Seilhac, Za Volontairtt da la CO'TJ", 11-13. 11 éUit né, le 22 juin ITËS, à Argenlat, et tenait à la nob'eaae par aa mère et sa famille.
• Note de Legrand |&. G.]. C'est le 2 octobre que • BOt la propoaitioD ds Uouchotte, le Conseil exécutif nomme proTiaoïretnenl ait mmiDaiidemeDt de l'aimée du Rhin le citoyen Piebegra en l'abaance
WISSKUnOURO
Les représenlanis avaient sollicité la deslilutioa de LandremoQl et daus uae couférence secrèle à la Pelile- Pierre, ils décidaienl d'envoyer deux d'eulre eux, Lacoste et Mallarmé, au Comiié de salul public pour demander que les nobles fussent expulsés des armées. Laudremout, écrivaient- ils, ne servait pas de bonne foi ; il avait des forces considérables doiit il ne faisait aucun usage ; il dégoûtait les agricoles qu'il ne savait pas employer à propos; il exécutait maladroitement l'attaque générale du 1 2 septembre Mais, pendant que Lacoste et Mallarmé prenaient le chemin de la capitale, un courrier extraordinaire venait auQOQcer aux représeulants que Landremont était destitué et remplacé par Delmas. Ils le Qrent aussitôt arrêter et conduire à Paris. Si l'armée du Rliin se trouvait dans une position critique, n'était-ce pas l'effet de combinaisons perHdes avec les ennemis, el ne pouvait-on soupçonner Landremont d'avoir trempé dans le complot 'ï
Ils étaient néanmoins fort embarrassés, o Où prendra un général, se disaient-ils, dous n'eu connaissons pas. b Et, dans le môme moment, ils recevaient de Glarke la lettre la plus désespérée, la plus navrante'. Le péril n'avait jamais été si grave, el la crise, si violente. Pas de chef, pas de plan. Il fallait uu général, et un général qui eût du patriotisme, qui eût des vues militaires, qui eût le plus grand génie ; ■ euvoyez-le, si vous le connaissez,
àe Delmas. > (Reg. du Code, exéc.), et 1< SbIuI public ratifia la noralualloii .
> Compte rendu pir Ruiiups, Horie, elE. ' 30G. Le 15 oclobie, Lsadreaiont était ed du 2i). Camut le 6t reiûcbsr le 12 Truclidoi
» Clsrke oui teprésenUDls, 30 Beptembre {A, G.) ; Compti i par Ruamps, Berie, elc, 266-267.
r WISSEMDOURO
, , qu'il ne perde pas un seul instant s, et au nom la patrie, Clarke suppliait les commissaires d'arriver Lir-le-cliamp pour remonter la moral d'une armée qui le pouvait se passer de leur présence '.
Munnier, le plus ancien divisionnaire, n'avait pu reier l'inlérim. Mais il ne voulait pas se charger de responsabilité qu'entraîne le commandement d'une ^rméf. A toule minute il réclamait un successeur et, lour ne pas se compromeltrfi. u ne donnait aucun ordre. laint-CjT vint à Wisi ^ demander ses instruc-
ïions- Que devait faire :ion des montagnes que
les Prussiens tournerai' ment t Munnier se pro-
mena longtemps danii re sans ouvrir la bouche.
Saiut-C;r crut qu'il uin Mais le général gardait
' L'armée du Dlùn jlait, au 30 oi^tohre, aiiiaL composée : Aranlgardi : 1° (général Mc-jnisr), chuaseuri du Ithin, 6< et 12< \a(. Ié^-ër«i <■' Cocrtie, I •' Jura, I" et 2* f(ie[>i<li«ni 2* Lot-et^Garo^e, 43* rég., 1(I5> téf. \ 2* (général Uiibal], 7< haasards. S- et 10* cbasseura, E-, If et 17' dragoDi. — AiU dmlt (Dubois), 1> (géaéral Michtud), W rég., 3- Haule-SaOne, 5' Ain, 37* rfg., T HauW-SaOqe, 3* Cha- Tentu-Inrérieure, 11* iaf. Ifg., 1" Pyrénées-Orientales, une oompa' gnie franche, 79* r^g., 3' Kb3ae-et-Loira ; 2* (général Lej^rand), 9- VoEges, 75* ré^., 4* Bas-Rhin, i' Eurp, 37* rég., 8* Jura, gendarmerie nationale, 2' cti>snurs à cbeTil, i' dragons. — CiHtr» (Uun- Dipr et Méquillel); 1° lea deux betaiilona du 3* rég., \" Doubs, !•■ Ain, 3* Ain : 2" 3- Doul», lï* Jura, 30* rég., 3' Hiut-Hhin ; 3* (général leamberl), i6' rég.. 3* Bia-Rhin, 11* Doubs, 46* rég,, S* Puy-âe-Dûœe, 2* Eur^l-Uir ; 4* (générai Dauriol), les deux bat du 93* rég.. S* grenadiers Rhflne-et-Loira , 1" Lol-et-Garonne, b* Seine-BI-Oiae. —AUi gaucitt (Fera;), 1* (général DeBsii],1es deux bat. du 13* rég., 1*' Vosges, i' Jura, 1" Ilaut-Rhiu, 3* Indre-et- Loire, !*■ Indre, 27* rég, ; 3* 3* Haul-Rbin, 2* Rbflne-et-Loire. 4 • SaOne-el-Loire, l« Haute-Saane, T* iaf. légère, 10* Vosges, '• cbaaseurs i cheval, 92 hommes du 2- cacalene, 70 gendarmes. — BiitTvi. (Dietlmann], 1- (général Laferelle], 2*, 12* et 14* cavaleria, 29* division da gendarmerie ; 2' 9* et 19" cavalerie, I" el 3* division de gendarmerie i 3* [général Havel), 5* rég, d'srlillerie, 1" Bas-Rbin, — 22 guides el 1 hsl. d'ouvriers pioDoiers, Force effective : ST,369 boatmes ; force activa '. 41,V1A ^omm«t.
VISSItMBOURa 193
toujours le silence. Enfin. Saiol-Cyr le pria de notifier sa volonté, a Répétez-moi. répoodii Munuîer, ce que voua m'avez dit. s Saiat-Cyr le répéta, ea ajoiiiaot qu'il étail nécessaire de prendre un parti, que! qu'il fût. Munuîer répartit qu'il ne donnerait aucun ordre: «Allezvous-en et faites ce que vous voudrez '. » Les représentants, persuadés qu'ils ne pourraient vaincre cette obsii- Dation stupi'le, lui cherchèrent un successeur et ne ' trouvèrent personne.
Mais Ruamps s'était lié avec Borel, officier du fi" régiment de dragons et adjoint à l'état-major. Il invita Borel | à lui désigner quelques sujets et Borel indiqua son cao~ rade et ami, le chef d'escadron Carleuc qui commandait le dépôt du H« dragons a BenfelJ ; selon Borel, Carlenc était du hois dont ou fait uu général, il avait du civis et il entendait la guerre. Le 20 septembre, Ruamps et- , Borie nommaient Carleuc général de brigade et rappelaient de Bi^nfeld à Wissembourg. Le l" oclob'-e Ruamps,. Borie et Mallarmé lui conférdient le grade de général, de division : il fallait, disaient- ils, donner à l'arméedes géoéraus qui par leurs connaissances pussent triompher des ennemis qui ia cernaient de toutes parts. Le 3 oclobre. à huit heures du malin, Ruamps, Borie et Niou lui offraient te eommauddnient en chef de l'armée du Rhin. Carlenc refusa de louies ses forces cet avancement qu'il qualiflait de prématuré ; il déclara que le fardeau l'écraserait. Mais les représentants le sommèrent
■ Tel est le r^cit de Salnt-C.Tr ; mais le mericbal oublie d'ijoul» l
que Clirke |.rit sur lui d'eurojVr d "
ijpneE ; cf. la lettre ds Clarke, du !
Bur ce point quelques reulorls qui
loua les délactiemeuls qu'il a été possible
WlSSKMBOURa
d'obéir, d'entrer sor-lo-cliamp en ToDclion?, et le brave Garlenc taiâsa mellresa nomiDaiion à l'onire '. Il était IragoD el u'éiail que dragon ; il pouvait commander un escadron, un régiment, voire une avant-garde ; il ne Dsséiiait ni l'expérience ni les talents qu'exige la coq- i jite d'une armée ; il ne savait même pas ce que c'est qu'une armée. Mais aux yeux des représentants, qui Chei'cliaient des Washington sous la lente *, c'était un ofiieier de fortune, méconnu par l'ancien régime, et il STsiL une grande réputation de patriotisme. Depuis treutc-trgis ans C<irlenc scrvai dans un régimeut quik considcrait comme son conseil et sou plus ferme appui. 11 avait adopté les prin ; de la Révolution, sans craindre les tracasseries i vexations de ses cama-
rades de la noblesse. Un ...^laut, pour échapper am dégoûts dont l'abreuvaient les aristocrates, il avait abandonné sa place de lieuteuant et accepté les foncttons d'aide-de-camp du général Ferrier. Mais le H" dragons l'avciit bientôt rappelé comme clief d'escadron, el tout le régiment vantait son dévouement à la chose publique, sa loyauté parfaite, sa conduite irréprochable et l'austérité de ses vertus républicaines '.
' Le ranUlo Saint-Cjr esl inciact [Mfia., I, 108-111). Suivant lui, lei reprcsenlants auraient Icnu conseil de guerre pour choisir un pénérsl en cbel', et Feriao, que plusieurs proposoïciit, aurait ré|iDntli^ ^ii'il éUit éLran^er et recommanda Carlenc, que personne ue cunoaiS' tsil et qui s'appuj-sil près do la ohemiuàe. Il v eut peiil-êLre un conseil de guerre, mais FeciDo qai, telon Saiut-Cyr, assiatsil à eelti réuDion el ; Joua le rôle pTincipal, avait été, le I" octobre, errfilé par les représentanlE et envoyé à Nancjr.
* Cf. une do leurs prodamationa, Compte nndu, p. 2M.
' Csrlenc [Jean-PascUal-Kaymondl. ûls de Jean- Baptiste Carlenc et de Oabrielle Thdoulat, était né, le 19 septembre 17*3, i Alby. H ■'enj^agea, le 24 février 11^0, au régimaat da La Rochefoucauld, devenu plus lard Anfrouleme, puis 11* réKtnteQt de draftona, et fitio canipagaes d'AUemagnn <\q \'W,de 1761 et de 1762. Succesiivenuiil
III. Cjrlenc se renfermail volontiers oq lui-même et aucun de ceus qui l'approchaient ne put d'abord pénétrer ses desseins. Il disait seulement qu'il ne voulait pas de petits moyen?, ni des mesures partielles ou mesquines ; il méditait on vaste plan d'opération?, et sûrement iL terminerait la campagne par un coup dccisir. Oa
maréchal -deB-lofiis (Î1 mars 17G3). Bdjudanl (3/. Juin \T'), lieulei en second (17 septembre 1782), lieutenaol en premier {\" juillel 11 lieulenanl surnuméraire a la formation de 1788, cjpilaine (3 llSa), chef d'escadron (S mars 1793), il fut nommé général de brit provisoire, le 20 seplembre, et général da division, le 1" octobre 1 Mais le 33 oc^tobre, Boucholle ordonnait de l'srteicr et de le cood à Paris. Le Comité de Salut public le fil remettre en liberté (2 nicSsa ] aa 11), après une lettre du 11' dragons qui détendail Carlenc i il a étT malheureux; le malheur nVst pas un crime; nous l'avons plaint, mais nous no l'avons pas même aoupçoané. • Le 6 nÎTBEe an 11, Carlenc était nommé général de division à l'armée du Nord ; il prit le commondemetit de Dunkerque et du camp retranché |Uttre d'Ere " S3 nivôse an 11) ; mais, écrit-il, . Sainl-Just et Le Bas avalent ma perle parce que ja m'oppoEsi fortement à l'eiécution du plan BBnpuinairB quilc avaient conçu ; ils m'avaient fait conduire dans uns maison d'arrêt, à Paris, d'oii Je sorlia j:eu aptèe, et je Eervais bous les ordr^B da Plcbe^çru depuis cinq mois lorsque, par une fatalité peu commune, ils païuteot à l'armée du Nord ; âeui jnurs après leur arrivée, ]o fus destitué, mais non arrêté, et me retirai dans ma famille. ■ 11 fut, en elfel, suspendu Is 19 yECtôso an II, par le Camité de ijalut public et, le 15 ptuviSsc an lit, aulorisé à prendre ta retraite. Le as octobre 179B, il obtenait une pension qui fut convertie en solde de retraite le 23 septembre 1799, Il vécut longtemps encore. Le 30 janvier ISÎi, do Saiut-Pona, dans l'HÉraull, il écrivait au minietie, duc de Beltune, qu' i igé de quatre vingts an?, couvert d'bonorabW cicatrices et charjjé d'inlirmilés ■, il suUiciiaît l'augmentation do sa suide ou une indemailé ; le ministre lui répondit le 3 mars suivant que les lois étaient contraires a sa demencie. Cf. les arrêtés da Ruampa et Borie, 20 septembre; do Uurie, Ruamps et Mallarmé, 1" oclobra Borie, Ruamps et Niou, 2 oclobra ; la lettre du 11' dragons au mité, datée du bivouac devaot lloerdl, S frimaiis an 11, et celle da J Carlenc au ministre, 24 vendémiaire an IX. Citons encore aur Car- j lenc un lémoiRuage, évidemment trop favorable, de Delmes qui, 11 octobre 1793, écrivait à ses aoiia Uoiie et Huamps : ■ Carlenc ert ' un bien brave homme, dont les lelunls me sont connus, ayant la grand sang-froU qui n'est accordé qu'oui hommes lua-ira » Vî>- *i^- J
I9S WISSKMBOUBQ
concevait àè'ih la plus hauie idée de son mérite et nul u'osalt Irouhler le sublime projet qui germail et grandis-
Dit dans son cerveau. Quelle fjl la surprise de l'étatmajor lorsqu'il donna ses premiers ordres 1 II fallait | placer tous les troupes de l'armée du Rhin à leur rang ■ de bataille et les échelonner selon les numéros des régiments : le l" régimeul irait occuper Huniogue à l'ei- Irôme droite el le (00" régiment Lauierbourg à l'extrôroegauche. Voilà où aboutissaient les longues réflexions de Ciirlenc ' I
Conduite par un pareil homme, l'armée était certaine de la déCaite. Mais la plupart des lieutenants □« valaient pas mieux que le général. Le commandant de l 'artillerie Ravel et le chef du génie Clémencet n'étaient jamais consultés *. Ferino, Indigné de la dcsiilulion de Landremonl, parlait le l"' oclobro après s'être pourvu d'un certificat de maladie; les représentants le firent aussitût arrêter et conduire à Nancy; (n'était-ce pas la maladie de Beauharnais, lorsqu'il voulut quitter les lignes 'îi L'intrépide Meynier, le glorieux défenseur de EOnigstein, tout récemment échangé, remplaçait Ferino à l'avantgarde ; mais il n'avait pas encore un état de situation exact et il ignorait le nombre de ses balaltlODs *. Mua-
> S«iDt-C;r, Mém., 1, iltV; mais ftut-il te croire abRolumeul?
> Note de Ltgrtaà [A. Q.I.
* Ferino, réprimsndé, le 3 septembre, par Ruamps, déclarait i LaDdremunl, qu'il De vou'ait plus servir, puisqu' ■ ou lui menait dis enlravea • ; Lanâremoal U pria de resler à son poste : • Ma conËaim ea TOU!, lui diseil-il, est tells que Je doHoerai ma démieEiou de général, si TOUS ibandoiiseï le commaudemeut de raTsat-nBide • (ReokJD a Boucbollc, 4 sept. A. U.|. CF. Ruamps et Boris su Comité, ]•• oolobre, et Compte rrndu par Ruamps, Borie, etc., 20t. On relroD- Tera Feriuo dans le vulume suii^nt.
" Cf. sur Mejnier, Expédition de Ciittini, 229. Jean-Baplirte Uejuki, ni le 22 avril A14â, k ^li^iian, «iaU entré au service, ea 176S,
WISSEUBOUKO
nier, le vieil el imbécile Munnier, ce MuDnier doot la nulljié épouvanlaîL Ciisline, ce MuoDier donlle soldatne connaissait que ks lésioeries el les ladreries, commandait le tentre de l'armée '. La droite avait été confiée provisoirement à un protégé du représentant Niou, un cousin de Jean De Bry, le général de brigade Alexis Dubois; mais Dubois se déclarait iranchemeot incapable de diriger un corps de dix mille hommes : il servait depuis son enfance dans les Iroupes à cheval et ne désirait qu'uue brigade de cavalerie. . . à moins qu'il ne fût nommé définitivement général de division '.
El chaque jour les représeaiauls prononçaient des suspensions. Borie et Ruamps, a dit Desaix, n ne savaient que désorganiser l'armée ; ils lui ôtaient ses meilleurs
dsDB U rf^iment de Saintoaga et avait l'ait la (|;uerre d'Amérique. SuixcBsiicmeDt Bous-lieuleDgnt (f BoQt 1788}, lieulenanl (IS eap-
; ■ [29 avril 1:92), ii «vail élé foil prisonnier i
KOaigEtein. Il fut échangé eL nomnié pu- sallum s^néral àe irinade [20 mars 1793). Il veaBÎt d 'S lie promu iiéaétal dn division le 27 aep- [eiDbrf. Il fit la campagne d'Italie [1795], et dovint cammBadanl l'armes à Maytnca (20 eoCit 1S03J ; c'est dacs celle ville qu'il mou- (3 déc^^mbre (SU). ' CuBline à Beurnonville, 26 mars 17t3 (A. G,): SxpedltiOK â* Cinlini, )0, 63, 96 et aurloul Ï35.
■ Dubois à Carient, 6 octobre 1793 [X. G.), Paul-Alexia DubCHi, ni fut promu général àa divIainD, le 3U mars 1794, devbil mourir i oteredo (4 septembre 1T9G). Il élail chef d'escadron au 17* drapons Tsqua Uilbaud el Boric le nommérenl, le 24 août, général de brigade, parce qu'il leur amenait un renrart d'agrieoUat mille homme* à pied el ua SEcndran de ■ cavalerie nationale de campagne ' que Dubois Bvaïl, à force de belles paroles et de menaces, l'ait parlir de Bischwiller el de SouHleubtim. Il succédait à Uilot dans la commandement de la droite el, dil une noie du cabinet lopograph que, < la aucpensinn de Gilot fui, de l'aveu de luus les clSciers, l'ouvrage de son successeur qui sut prufiler de sa disgrâce ; tel était alora l'esprit places, commenEBieut
■r fait
■ Cf. B
il que
arades oDl peut-être jU(;é Irnp séiërement, l'étude de M. Hennet
H8 WISSKMBOL'RO
orTiL-iers et croyaient par la s'assurer la victoire a '. Ils ao faisaient eu réalité qu'exécuter les ordres réitérés du Comilé de lialul public. ' Ne cessez pas un seul iustaoi, leur écrivail-oD, de veiller sur les généraux, ne leur par- (loQuez rien, c'est presque toujours par leur traliisou que formée est compromise et dès qu'elle u'aura pius à sa tâte que des francs républicaios, elle pourra tomber sur les cohortes dos tyrans. « Mais les représeolaols oublièrent que le Comité leur enjoignait de loucher sus étBts-majors sans secousse et sans danger pour les trou|>es '. Ils suspendaient le 25 août le gcnérnl Xaiiitrailles •. Ils suspendaient le 27 août le général Beaurevotr*. Ils suspendaient le 12 septembre le général Gilot qui leur semblait manquer de décision'. Ils sus-
' jU^BiDiVc Je Dcsaii, 12-2(1 oct. (A. G.;.
■ Compli rtKdu p«r Riumps, Boria, ato, 260 et S6T-36E.
' Compli riBdu par Ruauips, Boris, etc.; Xaiatraiiles était suc pendu pour • E(s iulri({u«s ÎDEiTiques ■ ; cr. aur lui Cturavaj , Corr. de C»mot, 1, 416.
• Cempit rendu par RuBUips. Bâtie, elc, 194; of. sur Lnuis-Ferdicend BBiliBrl de Beautevair, nommé Rénértil de blîgade le 8 mars 1793, Saptditiia ds Cuiline, 11 et 241, il commandait 1« 2' brigade de cavalerie.
■ Complt rmdu par Ruamp», Borie, etc. 187, 233. lia accusent Gilot d'avoir • dooLé des preuves d'impéritîe militaire, de D'oser prendre sucuse mesura sans y Sire autorisé par écrit du ((éDéral en ctief, de témoigner dans t'eûtes les clrcoDEteiicea une iucerliLuda dangareuaa aux armées. • Joseph Gilot, né en 1734, soldat ea 17S0, p-enadier en 17â3, sous-lieu tenant en 1776, à quarante^leui ans, liautena ut-vol DD cl du ~° batuillao d'infanleiie l^Ëre, puis colonel du 9î' régiment d'infanterie, maréclial de camp (6 déc. 1792), général de divisiin (27 mai 1793), était, dit un obserialeur, > connu par le patriolisDie le plus éclairé ■ et • Jouissait de toute la conGance que lui méritait son infatigable aclivilé >. (Lettre du 1S août 1792.) Cioiline le regardait comme r un ofCcter précieui par son expérience, par en fermeté qui le faisait respecter du soldat, et par son civisme > (à Pacbe, 31 ccLobre 1792]. Gilot. écrit Legrand, a toujours montié, dans la campagne de 1733, > \es G«cVmKu^.^ ^'utv ttomme de bien, tes verlBS
WISSEMBOURO 499
pendaient le 10 octobre le général Loubat, un ex-noble, qu'ils accusaient de tenir des propos inciviques et de garder un reste d'affection pour les privilèges de Taristocratie ^ Ils suspendaient le 8 octobre le vieux Colle qui commandait à Haguenau : Colle, disaient-ils, avait uu fils émigré; il n'avait pas mis le fort de Licbtenberg en état de défense ; il confiait les postes du Rhin à des blancs-becs, à des gens inexpérimentés et équivoques*. Et quel successeur les représentants lui donnaient- ils? Desaix ! Le jeune, le brave, Tactif Desaix avait été envoyé à Bobenlhal ; il connaissait les gorges de la Lauter et il était mieux fait pour conduire une avant-garde
d'un républicain et le courage d'un soldat français, mais il n'avait pas des talents assez éminents pour être général en chef. > Il avait pris part à l'assaut de Porl-Mahon (1"56), et il mourut, en 1812, à Nancy, où il commandait, à soixante-dix- huit ans, la 4* division militaire.
1 Compte rendu par Ruamps, Borie, etc., 53, 191. Cf. sur Loubat de Bohan, Thoiimas, Les grands cavaliers du premier Empire ^ 1892, II, p. 6-7, et Marlimprey, Historique du 9* cuirassiers^ 1888, p. 288.
• Lettre du 11 octobre 1793 (A.. N. apii, 427), et Compte rendu par Ruamps, Borie, etc., 188. Théodore Colle était né le 17 mai 1734, a Lorquin, dans la Meurlhe. Successivement soldat au régiment de la DauphiUe (1" avril 1753], lieutenant à la suite (14 mai 17^8), lieutenant en second (28 janvier 1759), lieutenant en premier (20 avril 1768}, capitaine (12 novembre 1770), pensionné en août 1768, rentré au service et nommé lieutenant-colonel du 77« régiment (6 novembre 1791), puis premier lieutenant- colonel du 30*, puis colonel du 31* (20 janvier 1793), il avait reçu le brevet de général de brigade, le 19 mai 1793, et commandait, depuis le l*'^ juin, la division territoriale du Bas-Rbin à Haguenau. Il avait fait les campagnes de la guerre de Sept-Ans, et le 16 juillet 1760, à Ensdorf, il avait été blessé et pris. Le conventionnel Blaux était son beau-père et plaida chaudement sa cause. Colle, écrit Beauharnais à Pache (10 nov. 1792, c s'est occupé, avec beaucoup de zèle, malgré son âge avancé, de remplacement des postes sur le Rhin ^ il est travailleur ini'atigable et m'est extrêmement utile au bureau de Tétat-major >. Desaix le nomme t ^estimable et excellent Colle >.
WLSSBUBOtIRO
dans les raoDtsgoes que pour diriger le dépôt de Hague-
□aij. M^is vaiuemeut ses ofCieiers te prièrent de diirërer
SOD dépan ; Taiueraeul ses soldats lémoignèrenl leur
. douleur eo le voyant s'èloigoer; Desaix. était aob!6 et
rwa'giMH de devenir suspect. Il part donc eu laissant ses
rjiouvairs au colonel du T*' bataillon d'iufauterie légère,
P.TreaiiDiBn, et, le 12, à on^e heuresdu soir, il entre dans
I Hugueuuu. A deux heures du matiu. il reçoit l'ordre de
retourner à son poste . 11 se remet en roule à cinq heures
1 et rfgsgne Bubenlhal à midi, après une course inutile,
, pendant que le canon tonne de louies parts 'I
e était si grande qu'on laissait les Autrichiecs L préparer ouvertement leur attaque, sans même les iaguieier. Une nuit, ils palisfadèrenl un chemin creux et très étroit aux abords de Subaidt. Feiiuo s'aperçut que ces palissades étaient de grosses poutres qui devaient faire bascule et en s'appuyatit sur les deux bords de la rouie, servir de pont à l'artillerie. Mais on ne tint aucun compte de l'observation, et personne n'eut l'idée d'interrompre ou de détruire le travail des Impériaux'.
Tout était péle-méle. Des bataillonn campaient au milieu d'une division à laquelle ils n'appartenaient pas, et durant l'action, reçurent de différents côtés des ordres Goutiadicloires. Clarke, chef de l'état-major, lâcha de mieux disposer les troupes et de les remettre à leur place dans la ligne de bataille ; mais il n'eut pas le temps de régler et de diriger les mouvements; il fut, lui aussi, suspendu le 10 octobre : il avait eu, disaient les Aeprésentauls, des liaisons avec la maison d'Orléans, il n'aimait pas la Révolution, et il était de celte caste
I Bappoit de D«idii, 12-20 oct, (A. G.), et Sainl-Cyr, AV»»., I, 106, Ii8, iï8.
' Noie de Legrtnd ,A. Q.V
wissKUBOUfia !01
quelousles sincères républicaÎDS suspeulaient'. Eofia, l'armée, aguerrie par les combals qu'eile avait livrés quolidieDEemeni sous la conduile de Beauharuaia et de Landremoul, commençai l à se lasser cit n'allait plus au feu avec le même entraJu.
Il est vrai que les lignes de la Lauter passaient pour inatiaquables. Toules les gazelles vauiaieni la puissance de ce boulevard de l'Alsace. Le l^otiikur les proclamail inexpugnables et assurait que "Wurmser ne les emporterait pas lanl que Brunswick n'tssaleraii pas de les prendre à revers ; suivant ce journal, il fallait, pour les assaiilir de froui, sacrifier uue prodigieuse quaniilô d'hommes sans cerlituile de succès, el 11 ajoutait que les forces de la République, depuis Landau jusqu'à Huningue, présenUienL uu tableau dont l'hisioire ne fournissait pas d'exemple, et une barrière si formidable que rimegmatiou la plus ardente pouvait à peine s'ea faire une idée'.
Ces lignes fameuses ont aujourd'hui disparu presque enliôremenl. Le fer de la cliarrue les a nivelées, el les sapios couvrent el cachent sous leur verdure les redoutes qui subsisleuL encore. Ébauchées eu 1705 par le margrave Louis de Bade, renversées la même année par les Français, reconslruiies aussiiôL et considérablement accrues sur l'ordre de Viilars par l'ingénieur Regtmorte, franchies aisément pendant la guerre de ia succession d'Autriche par les pandours de ISadasty, négligées plus
I CompUre%dv,yai Buamps, Barie. etc. 33, 190, 311, Clorke ItltJ leœplBcé pcaviauiri'iueiil par l 's djuda ni- général DemoDl, puis [ÏS O tobre) pur le f^ïoéral de brigade IJaurcicr.
• Mon., du 30 Eeplemtire et des 3 et lU octobre 1793 (l'acUcle da 3 uciubro cft emprunte à uue dépSche de tJBcberJ {Pap%lrt de Bdrthdleoiy, 111, E4].
IMI WIËSBMCOUHO
tBrd, ell'-'s avaient élu rétablies tant bi<?D que mal el ME '• iréi de cAl nui
MD3 beaucoup de discerneoieiil par Custiaa et les généraux de l'armce du Rliio.
Wissembourg et Laulerbourg, sur la rive droite de la Lauler, formaîeul, comme auirefois, les deux extrémilés de ta ligne. Wissembourg n'était, seloD le mot de Vao Heldeu, qu'un simple contour, dominé de tous côtés '. Mais, si l'on ii"avait pas relevé les épaulemetils ieiil lu moutogiiG du Pigeonaier, les hauteurs du Oeisberg. en orriéri; de Wissembourg, étaieot garnies de troupes, et l'on avait relrancbé le village d'Alleustadl et réparé le petit {orliu dit de Sainl-Remy. A l'autre bout, Laulerbourg, protégée par un marais, entourée d'une muraille et d'un Tossé, n'avait plus sa tone principale qui consislail dans l'iaondation : une crue â'eau extraordiaure avait nécemsieBt mvporté ses digues faites d'un sable mobile. Toutefois on avait mis en état de défense, aux environs de la ville, quelques parties des lignes, et une redoute s'élevait au moulin de Bienwald.
La position française dite de Wissembourg ou de la Lauter avait donc une longueur considérable, et les délacbemenls cbargés de la garder, étaient trop éloignés les uns des autres. Elle offrait en outre un grave inconvénient : en face d'elle et tout près des retranchements, sur la rive gauche, s'étendait la forêt de Bienwald. Les Âutricbiens occupaient la plus grande moitié de cette forêt qui se liait à celle de Germersbeim. Il fallait les observer, les tenir en respect, et pour mieux découvrir le revers du Bienwald, on avait dl^ poster une grosse avant-garde au village de Steinfeld. Mais celle avanl-garde s'était re-
' Van Heldea k Cusline, 6 oWaUtVTyi (,^, G-l-
WlSSBMBDUHa S03
tranchée à son lour; on l'avait nécessairement renforcée, et la position française, appuyant sa droite à Kapsweyer, sua centre au cliûteau de Haftel el sa gauche à OberoUerbach, s'allongeait démesurémeot sur l'autre hord de la Lauter. Au lieu de se placer, comme il était naturel, derrière la rivière, l'armée du Rhin presque entière se trouvait eu avant des lignes de Wissembpurg et avait un défilé à dos.
Et quel singulier et coulus assemblage de retranchements ! Jamais on u'eotassa sur ud terrain étroit autant de fortifications. Ou transformait en batteries à barbette, puis eu redoutes, tous les emplacements des bouches à feu. Chaque chef, chaque commandant de poste, — et ces chefs et commandants se succédaient avec une prodigieuse rapidité ~ commençait un ouvrage et ne l'achevait pas. Il y avait donc un nombre infini de redoutes, incomplètes d'ailleurs, imparfaites et sans rapport entre elles. Les chemins qui meoaient aux batteries n'étaient pas praticables ; le temps avait manqué pour les construire, el les représentants faisaient uu crime aux généraux de préparera l'avance une route qui servirait à la rslraite. Betraitel Un pareil mot ne devait pas être prononcé. On ne voulait pas l'entendre ; on le proscrivait comme indigne des Frani^ais, des républicains, des san;^ culottes, et, au lieu d'une retraite, ou eut une déroute où presque toute l'artillerie tomba dans les mains de l'adversaire!
Ott a dressé la liste des principaux ouvrages qui formaient sur la rive gauche de la Lauter les ligaes de Wissembourg. C'était d'abord, à la lisière du Bieowald et jusqu'à la hauteur de Steinfeld, une longue suite d'ahalis couverte au sud de Schaîdt par deux lunettes el près du moulin de Bienwald par une Teiio\it.ft,
I qui descend de ■ ce qui domine '
^V WISSBHBOURO
-Tuis reaaient ud« Q^he, sur La pente
velgra ou Wi:idl)ur;
K deuxième flèche sur l'émioeuce qui domine
uslAcIt;
e grosse redoule dite de Scbweigen el une Iroisième
lie sur le ^'oir^berg ;
le autre redoule, moios coDsidérable, entre Eaps- ^ H^«r cl le château de Hdfiel.
i Devant ces forlifiL-ai. se ~ lvelf>ppait le véritable froDt de défense. On 'ail. outre les deux luuettes
qui courrmieni les «1 wald, la grande redoutt
ûIsbliQ cutre Gross Klein Steiufeld, à l'ex-
Irénte droite de l'avant ir la ligne des vedelLea,
Elle {«Ssait pour un t. ; et les soldats la uoni-
maieat la Batiiile. Vais, ,i icier, elle valait comme
oavnge de campagne ce que la Bastille valait comme forteresse ; ce n'était qu'un simple épaulement qui couvrait canons et cauonniers contre une attaque de front. Clémencet y ajouta quelques flancs qui protégeaient les approches, et, sur l'ordre de Perino, il fit combler une Iranchée qu'on avait éiourdimeuL pratiquée à gauche el qui, dépourvue de salllsuL, de rentrant et d'intervalle, offrait aux ennemis une sorte de chemin couvert. Mais la redoute était ouverte par derrière, et pour la soutenir ouempècher qu'elle ne fiït tournée, il fallut mettre au bivouac un corps de cavalerie qui restait sur le qui-vive et avait ses chevaux toujours hrïdés. EuGu, les représeutaots eurent l'imprudeuce d'y installer deux pièces de ii venues de Strdsbourg, sans comprendre que ces lourdes machines qui ne pouvaient avancer ni reculer à temps, seraient absolument inutiles.
A l'ouest de la Batlitle et au nord de Niederotterbach une Junette défendait l& T<iute ;
■WISSEMBODBG
Lq hauleur qui s'élève fie SieiaTeld au châieau de Haftel et qui alleinL au Galgenlierg sou point culminant, portait cinq ouvrages dont trois redouies à droite, et deus Qêclies à gauclie du Haftelhof ;
Plus loin se dressaient sur le Wachlberg une flèche el une lunette ;
Sur la Hornhôhe, au Ileyhof, une redoute ;
Sur le Wonneberg, au sud de Bergzabern, une dernière redoute '.
La défense de cette ligne de retraochements était ainsi répartie. L'avaut-garde, commandée par Meynier, appuyait sa droite â Schaiiif, poussait sa gauche au-delà de Bergzaberu, et gardait, avec Oberotterbach, les deux grandes redoutes de Scbweigeii et de Stoinfeld. Le centre, sous les ordres âe Munnier, occupait le Blenwald. La droite, conduite par Dubois, s'étendait du moulin de Bienwaldà Loulerbourg et protégeait Laulerbourg, Sclieibenhard et Seltz. La réserve, confiée à Diettmann, était postée sur le Geisberg et devait couvrir la retraite de l'armée '.
' Wissmonn, Die Wtissinômyer Liii/ii, 2" Tdl. ISSS, p. 28j Lufft, 8-13; Saint -Gyr, I, tîO; nota de Lp(;rand (A. G,).
■ L'grinée Trancsisa, (grossie loul lëcemmeiit ds recniea et de r^tnriirls cgue Di^he lui avait envoyas <ie Slra^bourf^ (Dliche i Boucbolle. a oM. (A. G.), cpmplait 38,48î hommes : Ataiit-sarde (Maynier), 10,3-2, dunl 2,3Î1 eavalitr-s deunt SU^infeld ft Nio- (lerolterbach, tlerrièie le Csplanelbof et la DeulBuher Hor, deTent Oberalterbacbi atli droite IDuhois) , 10,912, dntil SSi CBiaHets, à Selii '2,280), LaiitBihourt- (3,7iO), Selipih.'utiard i,3H] e\. NieHetUulerlucli (Sei); ciiUre (Munnier), la.SS?, dans les lignes ^S.0G9; «t bu moBlin dfl Bieiiwal.i (3 1311, delà ■ Sainl-RBiiiy l',30i|, bu foil Saiiil-Iïamy (6i8). do SUiiife.d à Ib mnnta|iii8 par le Haflelhof (7,28*); rf^ervt IDieilmann'i i.Hol.doHl 2.lil3 l'avalitrs, à Wiaaeinbouv [l,6;i31, au Geislier;; (1,3U), à RoU, SleinBellz, Hiedsallz, L'armés Buini^heime c mpiail 43,1SS hanimes : ilraite (Kospolli) à llarbal loth avec 14,753 hommes, dual 3,823 cavaliers; laltiHU <fn»(«
IV. Ue roi de Prusse avait promis à Perratis que son armée Terail un mouTement pour lomber sur le Qanc gauclio des patriotes el que, si Wurmser emportait les ligues de Wissenibourg, elle bombarderait el bloquerait Landau . Le i octobre, Bruosvick el t'erraris traçaient à PiniiBiteus uu plau d'opéra lions. Ferreris déclarait éiiergiqucineot qu'il Tallail déloger renneini de Wissembourg. On convint que 'Wurmser attaquerait les lignes dansia inatiiitïe du 13 octobre el que les Prussieus lui prôteraieol maiii-forU-, qu'ils chasseraient les Français de Lembacb, pousEcruient sur ^Vœrili, détacheraient à droite jusqu'à Savcriie un corps de cavalerie, et se lieraient aux AutrL chiens dans la (orélde Haguenau. Ce plan adopté, Ferrsris partit pour Vienne, en soubailanl a Wurmser santé, bonheur el beau temps. « Ces souhaits sont accomplis, écri' Tdit Wurmier quelques jours après, ma santé est excelliDle, le bonheur suit mes pas, «t le 13 octobre était un jour d'iité oi le plus beau de ma vie ': «
Le 13 octobre, en effet, arec 43 bataillons et 67 escadrons, il avait attaqué les lignes de Wissembourg. Son armée formait sept colonnes qui s'ébranlèrent à cinq heures du malin, au signal de trois coups de canon. Le speclacle était imposant. Il faisail encore nuit, et soudain, comme par enchanleroeni, sur une étendue de plusieurs lieues, s'illumina l'horizon. On distinguait à perte de vue deux lignes de tirailleurs qui se fusillaient l'une l'autre. Puis l'aurore se leva ; tout s'anima ; lout s'emplil de mou-
5,M2 éiHigréî, donl 1.Ë03 cavaliers i centre [K.Tinegh) à Freckeateld, où élail uusai le quartier général, avec 9,t43 hommea, dont 2,113 cavulicrs; gauc/lt (Holze] au BieDwald avec 11,120 tiommeE, dont l.OtO cavaliers ; Bur U rivo droile du Rhin, pr6s de BasLadt, S,X6% hatamee, dont 1,718 cavaliers [Waldetk]. Cf. Gabier, 129-134; (aote d« Clarke ialerceplée pat les Autrichieac).
' Zeiffiberf;, I, 305, S'il, 347,
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vement et de bruit ; ou découvrit des troupes d'infanterie, de cavalerie, d'artillerie s'avancent de tous côtés, à travers la campagne, sur les sommets des coteaux, à la lisière des bois, et annonçant, de loin par Tordre et la régularité de leur marche, par la fierté de leur allure, le courage qui les animait et leur résolution de vaincre *.
La première colonne, commandée par le prince de Waldeck, passa le Rhin à Pliltersdorf sur des pontons et entra dans la petite ville de Sellz *, où elle fit quelques prisonniers et s'empara de deux pièces. Mais Waldeck n'entendit pas le canon de Lauterbourg ; il crut que l'attaque des lignes avait échoué ; il n'osa , au milieu du brouillard, dépasser Mothern ; il fut, comme dit Wurmser, déroutéy el, dans la soirée, il regagnait l'autre bord.
La deuxième colonne que conduisait Jellachich, assaillait l'extrême droite de la position française. Elle emporta la redoute la plus proche du Rhin et, franchissant les lignes, marcha sur Lauterbourg. Le général Dubois évacua la ville et se relira vers Surbourg. Mais au lieu de serrer de près les républicains ou de courir au secours de la colonne voisine, Jellachich resta dans Lauterbourg. « Il n'a rien fait, écrivait Wurmser, de tout ce qui a été ordonné. » Sa cavalerie mit pied à terre entre Niederlauterbach et Neeweiler, et son inaction était si profonde, si rassurante que les Français revinrent à la charge. Sans un escadrou qui donna l'éveil et se jeta courageusement à la rencontre des agresseurs, la cavalerie de Jellachich aurait été taillée en pièces. Aussi a-t-on pu dire que la
» Romain, II, 4C6-467.
• Il y avait là le l*' bataillon des Pyrénées-Orieulales et le Z* de la Haute-Saône {Mém, de Dêsaix),
WtSSKMBOUBO
^B gauche ButrichieDne a'eut aucune iafluence sur la ba-
^M taille el sembla ue pas exister. Timides, irrésolus, Jella-
^H cbich et Waldeck u'avaient pas celle rapide et beureuse
^K décision qui sait agir au moment propice, suivaDl les
^H cIrcoD stances, et sans autres instntctioas que celles du
^B boa sens. Mais les géuéraux rrançais qui combaiiajenl
^H eu ci^tte partie étaient-ils moias iucapables et moins
^B bibles? L'ua d'eux, perplexe, ne sachant que faire, con-
^f BUtlait le commissaire des guerres Martelliêre et, sur
SOD refus, le sommait, au nom de la loi, de lui donner
son avis. Un autre n'aanoaçatl pas au général eu chef le
passage de Waldeck, mais envoyait la nouvelle aux Ja-
»eobius de Slr<isbourg et leur demandait sur quel point il devait opërer sa retraitai
La troisième colonne, aux ordres du général Holze, avait la lâche la plus ardue. Elle ne se composait que de 6,5Q0 hommes, et devait passer la Lauter entre le Bieuwald et Saiot-Remy, emporter Schleitbal el prendre Wissembourg â revers. Mais elle s'ébranla résolument. Une de ses avant-gardes se flt jour à travers les 8l)alis, enleva iestement la redoute du moulin de Blenwald et chassa les postes français sur l'autre rive. Une deuxième, que menait le lieutenant-colonet Gyulal, franchit la Lauter et après un chaud el difficile combat, escalada les lignes. Une troisième, formée des dragons de Waldeck et des hussards hessois, découvrit un gué, traversa la rivière et se réunit aux deux autres détachements. Le gros de la colonne suivit ses avanl-gardes. A huit heures, Holze étail en deçà des lignes et menaçait Schleilhai. Les généraux français Carlenc, Munnier, Isambert, avaient rendu sa besogne plus aisée. Munnier, s'obstinaol â ne donner aucun ordre, ne commandait même pas aux ca-
WISSEMBOUBO 209
Qonniers de tirer sur les Autrichiens qui débouchaîeal de Ib forôt. Carleoc, plus inepie encore, enjoignait à Munnier d'évacuer la redoute du moulio de Bieowald. Le brave Isambert, perdant la tête. abaQdonnaii le petit fort Saint-Remy, puis, se ravisant, regrettant sa faute, il voulait ressaisir le fortin, mais il n'avait plus avec lui qu'un seul canon, et ses troupes refusaieut de le suivre. Pourtant les Impériaux u'avançaienl que très lenlemeul et avec uoe extrême circonspection. Hoize craignait d'être attaqué sur son !1anc gauche et n'aiieignit que vers midi la lisière de la forêt. Du moins, Il arrêta loules les ordoDoances qui portaient des messages de la droite au centre, et pendaut la journée ni Munnier ni Dubois n'eurent des uouvelles l'un de l'autre. Comme si, dit un officier, on n'aurait pu convenir à l'avance des mesures qu'il faudrait prendre en cas d'échec, et commesi c'était un crime d'user de précautions 1 Les soldais tentèreni de réparer par leur vaillance la sottise des généraus et l'imprudence des représentants. De midi à trois heures, ils luttèrent aux aleulours de Sthleithal avec une telle obstination que llolze eut un instant l'idée de battre en retraite. Vers trois heures, les républicains, faisant uq vigoureux efTort, se jetèrent sur les deux baialllous de l'Empereur et les mirent en fuite. Mais une charge audacieuse des dragons de Waldeck et des hussards hessois rétablit le corabit en faveur des alliés. Les deux ba'aillons de l'Empereur se raillèrent à la vois de leur colonel, Roselmini; ils reçurent des renforts, ils reprirent l'offensive, et les Français, désespérant de l'issue de la bataille, se retirèrent à quatre heures vers le Geisberg, en laissant à l'eanemi cinq pièces de canon.
La quatrième colonne, conduite par Meszaros, devait
T»AnUt Un fHiiihit Miii !• ff* rf gjUMpit, rljlirôit ni ||y«m déflMMlurimte wim WMiMrftftpt w|iwy;>»iit" 'tiilloii •« F t »f*>!^ tMi d» Trtkurini ptnHl li urtHlé èi n iHfYin^^ 6l te fulionti Sm1« nai iMiigMiit l*Éltiqiiir^iMrtii
ttiui. OruwKNii ngofc vm hliamiy 'tptm»» apfti me TéiliUttfi niâ Dmix ytt^H^ di^|Nniidigi0nfld»Btt$hl^ dntlidbw niiiL Lm TumÉrliiiT Al kisdiftiMnEft htniwlïï j^ilnlMillit UM jor tes Mirai» 4Mt lihte«MrillAid»tt M s^éUkol fMtturât 4!&*«iik «iri À» Jfirit-JSIMii, ratporlèraoïieiifia ritaUft#iki éeiix IwiitlMi. Siito^ ou^ .dUHii sorStaioMA tl KapMMiyvr» il«!|HtiiMlàiOT^ UgM dM raUaMhjMiMte»
Mais déjà la grande Têdouta était anpouToir das Autrichiens. Ils avaient eu recours à la ruse. Au milieu de robscurité, peu dlnstants avant Tassant général, quel ques-uDs se présentent sur le pont de Schaidt aux premiers postes français. On leur crie gui t^iv^? Ils répondent A déserteurs ». On leur ordonne de mettre bas les armes. Ils répondent qu'elles ne sont pas chargées. Ils passent et, profitant des ténèbres, arrivent jusqu^à la grande redoute. La garde s'approche pour les reconnaître et les voit munis chacun d'une fascine. Aussitôt les coups de sabre et de baïonnette commencent ; mais des hussards s'étaient glissés entre les avant-postes à la faveur du brouillard. En un moment, la grande redoute, la fameuse Bastille tombe, presque sans combat, aux mains des Impériaux. Les républicains se dispersent de tous côtés dans la plus affreuse confusion. L*artillerie volante brise les caissons et les affûts de ses pièces sur les ponts de la Lauter. On ne rencontre que des fuyards et lorsqu'on leur demande où ils vont, ils disent qu'ils
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n'en savent rien; si l*on insiste, ils ajoutent qu'ils n'ont pas d'ordre, qu'ils ne connaissent pas leurs généraux, et ils errent à l'aventure.
Aux premières volées de canon, le commandant de l'avant-garde, Meynier, avait couru dans le bois à l'endroit qui lui semblait le plus menacé. Il crut voir que le 95* régiment et le 42® bataillon d'infanterie légère faisaient bonne contenance. Mais la nuit et la fumée ne lui permirent de distinguer nettement, au milieu du tumulte, que les hourras des manteaux rouges. Il se dirigea vers la grande redoute et tomba parmi des soldats en pleine débandade. Vainement il essaya de les rallier. Il ne parvint à rassembler que deux bataillons, le 2® de Lot-et-Garonne et le 4® d'Eure-el-Loir. Néanmoins, sans perdre courage et sans ralentir son activilé, il animait ces volontaires et marchait à leur tête, lorsqu'il reçut dans le gras de la cuisse un biscaien qui lui fracassa l'os. On dut le transporter aussitôt à Wissembourg et le panser *. Il eut le temps d'ordonner au général Combez qui se trouvait à ses côtés, de faire sa retraite pas à pas et de s'établir entre Kapsweyer et Schweighoffen. Combez obéit; il réunit tous les hommes qu'il put ramasser et se retira sur SchweighofTen ; mais il laissait aux Autrichiens, outre la grande redoute, seize canons et deux obusiers.
La cinquième colonne, dirigée par Kavanagh, eut le même succès que la colonne de Meszaros. Elle s'empara de la lunette et du village d'Oberotterbach, puis se tourna contre le château de Ha fiel.
* Meynier fut traosporlé le même jour à Haguenau et le lendemain a rhôpital de Strasbourg, où il resta 179 jours sur le grabat [cf* sa relation).
à.. WISSBMBOURG 213
Mîœe à leur bravoure. La légion de Mirallflciers et plus de 4 00 soldats tués ou iment de Hobeulolit' perdit son lieutenanlvingtaine d'hommes. On dut, pour taire Bx carmagnoles, envoyer entre Oberotterinbacb deux bataillons et un escadron de ipotb. Craignant d'être coupés du gros de prendre à merci, les Français se retirèrent [e long de la montagne et gagnèrent Wis-
rait eu le tort d'éparpiller ses forces et de généraux des instructions qui manquaient f
t de clarté. Il eut le tort, plus grave, de ne j
î les vaincus. Tandis que les Français reçu- i
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tsession des redoutes, des canons et des ^ Garlenc occupait le Geisberg, non seule-
lerve, mais avec Tavant-garde rameuée
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ordonnait la bataille. Us n'insistèrent pas, umer la responsabilité d'un désastre, et adé que la journée était perdue sans relue la retraite aurait lieu sur Soultz et
88 et demie, un parlementaire venait somadant de Wissembourg, Fririou, capitaine 11': Wurmser allait attaquer la place avec )t toute résistance èUvV. m\x\\\^ '^và.'Si^q^
Ml WiSSEUBOURO
Lt sixième coloDoe, menée par Kospoih, canoniii Abord sans résultai les retranchemeots du Hartelbot, Mlia bieatdl les Frauçaîs, se voyant œeaacés sur leur 4nMle et leurs dt-rrières par les colonnes de Meszaros el a Eavdnegh, abaudoaaëreiit la position. Combez Us •SDeilUl. Ce vioit et brave orUcier, un des vélérans de « guerre de Sepl-Aos et l'un des héros de cette (riste Joaiuée, résistait toujours entre Kapsweyer et Schweigboffcn, el, avec les soldats qui venaient à lui, les uas dv Bienwald, les autres de SleinTeld, il arrêta quelque tsnips la marctie victorieuse des Autricbieus. Mais Carlaite lui cummatida de se icplier sur Wissem bourg, et de là lar le Geisberg '.
Lt colonne des ëmigrés ou sepLiëme colonne compreaail deux corps, conduits l'un par Yioménll, l'autre par le prince de Coudé. Elle s'empara de BergKabern, des retranchements élevés entre Bergzabern et Dârrenb3cta,de la redoute de la Ilornhdhe. Puis elle marcha sur Oberotlerbach pour enlever les deus ouvrages que les républicains avaient construLls près de ce village. Mais les patriotes tenaient ferme, el, dit un Autrichien, on ne peut
> FraDEOis Comhcz, aé à Besancon le 12 juin 1733, étail fila d'un homiiiB de loi et avsil d'aboid étudié le droit. Il s'engaitea la IS Jbo' lier 1133 au réj^imeul de Monsieur caialecie et devint succeatiivenient maréchal-dda-logie (12 janvier 17S7), cocnetlean régimeni dea VoIod' taires du Daupbiné (7 mais 1760], liaulenant de dragona dans la léj.'iDi' de Flundre (5 avril 1772), capilaiae au 2% plus tard 8* chasseuts i cheval ^7 mai 1TS5), chef d'eecedrDU [15 aTrll 1792), cbef de brigade 116 mars 1793). Rénéral da brigade (28 janvier 1794]. Il Et toulea las canipagneB de la guerre de Sepl-Aue et il avait été bleaaé à Ber^ien, a Minden el dans la llauie-Fiise, le 1" oelobre 1761, 11 reçut parsiilemeal trois blessures en 1793, pris de Bingen (21 mare), à BelteoholTea (12 Primaire), à la Wsolzeaau [5 brumaire). Micbaud le Jogeail ainsi : • Eicelleut olËciet de cavalerie nia brave, vertueux Tépublid JD, propre à être gânâivV d« di^'uiioa &«a 'a,u« ^laoe aédenlairs. ■
■WISSEUBOURO 21J
reruser son estime à leur bravoure. La légion de Mirabeau eut 30 officiera et plus de '00 soldais tués ou blessés ; le régimeni de Hoheiitohi' perdit son lieutenanicolonel el uue viogl&ine d'hommes. On dut, pour (aire lâcher prise aux carmagnoles, envoyer entre OberoUerhach et Rechienbach deux bataillons et un escadron de la colonne Kospoih. Craignant d'éire coupés du gros de l'armée et de se rendre à merci, les Français se relirÈrenl en toute hâte le long de la montagne et gagnèrent Wissembourg.
Wurmser avait eu le tort d'éparpiller ses forces et de donnera ses généraux des inslruclioos qui manquaient de précision el de clarté. Il eut le tori, plus grave, de ne pas poursuivre les vaincus. Tandis que les Français reculaient sur Wissembourg, les Aulricliieus ne peusaienl qu'a prendre possession des redoutes, des canons et des lentes. A midi, Cnrleuc occupait le Geisberg, non seulement avec sa réserve, mais avec l'avaDl-ganie rameuée par Corabez, et son centre disputait encore à Holz; les alentours de Schleiihal. Aussi les reprësenianis le pressaienl-ils de hasarder une nouvelle action : « Il faut, lui disaienl-ils, rester à Wissembourg et s'y battre. > Carlenc refusa, à moins que les conventionnels ue prissent un arrêté qui ordonnait la bataille. Ils n'insislèrenl pas, de peur d'assumer la responsabilité d'un désasire, el Carlenc, persuadé que la journée éiait perdue sans retour, décida que la retraite aurait lieu sur Soullz el Surbourg.
A trois heures el demie, un parlementaire venait sommer le commandant de 'Wissembourg, Fiirioii, capitaine BU 48" régiment ; Wurmser allait aitaquer la place avec buil bataillons, et loule rêsialaime èla\\, \n\i\\\'i ^\-às,ïçiK. t
WtSSHUBOUHO
le prince du Waldeuk avait passé le Stiiu et assailli lf$ I derrières di.^ l'armée rraoçaise. Hastrel, adjoiiil aux adjudants-généraux, élail à la barrière : il répoodit que WlAHembourg ne ne rendrait pas sans un ordre du général en chef, et celle déclaration fui confirmée par le capi- ' laine Fririou ', Une lieure plus lard. Carlenc ordonnait d'évacuer Wieseuibourg, Fririon portait les clefs de la Tille à la maison commune, et le 4B< régiment, ci-devanl , Artois, allait, sans être inquiété, rejoiudre l'arriëre-garde Bur les peutes du Geisberg.
Wurmser entra dans Wissembourg après avoir tiré contre une des portes cinq â six coups de canon. Il aurait pu couper ou détruire en grande partie la ditûion dit moalaçHttt qui formait la gauche de l'armée du Rhin; eHe ue savait pas encore ce qui se passait à sa droilc; aasaillie soudain par les Autrichiens sur la route de Bitche à Lembach, la seule qui servait à sa retraite, attaquée en même temps par les Prussiens, mise entre deux feux, elle aurait subi l'inévitalile ignominie d'une capitulation. Mais Wurmser n'était pas homme à profiter ainsi de son avantage. Il se contenta d'occuper le Geisberg, de jouir de sa bataille gagnée et des deux bonnes
I ElieDDS d'Ilaslrel de RiTCdoui était né U 7 féviiel 1766, à 1> Poiule-aui-'l'rembles de Qutbec en CbdbiU, d'un pËre qui fut tué ïu eiè^e de Poadichéry eu 17H3, aptèa quarauts tl un aus de Bcrvicea, «1 d'une mare ceiiadieuiie ijui mourut en 17S4, â l'île de Kbé. Il avait été coDduit eu t'riuce au moid de mai 177U. Élève de l'Ecole militaire, il entra au 4g* régiment en mai ITBi et y devint luccefEiiemeDl Bous-lieu lenaDl, lieutenant, capitaine. Il avait fait lea campagnas du Hliia de 1792 et de 1793. 11 fut promu général de brigade Is 26 jwvier 1S07 et général de division le 2S mera 1311. Bourciei le Jugeait aiDsi : ■ Las lalenle qu'il a reçus de la nature, étendus par une édacatiou snigaéa, l'activité de sea aeivicei comme adjoint à l'êtat-major, le rendent suECeptihIe d'être promu à un grade aupérieuT. > Cf. aur Fraa;oia-Nico!afl Ftit'wn, RÈnéialde bti(çadBU17 juiUet 1800 et de diviaioa 2t Juill«ll80^,<3i«mt.^\\iiï,Ln ?nTv»,V%tfi, 9. 6.
WISSBMSOURa 2(5
villes de Wissembourg et de Lauterbourg, où il trouvait, disait-il, farine, avoine, sel, armes, papier et Dieu sait quoi*.
V. Pendant que Wurmser emportait les lignes de Wissembourg, le duc de Brunswick débusquait la ditision des montagnes et^ suivant sa promesse, se saisissait de Lembach et de Wœrlh*.
Ses disciples et ses prôneurs racontèrent qu*il avait fait dans les Vosges une marche savante» comparable à celle d*Annibal à travers les Âlpes. Massenbach prétendit qu'elle méritait d'être conservée dans les annales du monde jusqu*en ses moindres détails et qu'elle passerait toujours pour un chef-d'œuvre militaire. C'était outrer, écrit avec raison Valentini, tout ce qu'ont jamais dit les Gascons*.
ï Wagner, 127-149; Gebler, Œsterr, milit, ZeiUchrift, 1834, III, 135-152; Zeissberg, I, 321; Compte rendu par Ruamps, ti)rie, etc., 30; relation de Meynier, 13 oct.; Rapport de De««ix, 12-20 oct. (A. G.); d'Ecquevillr, 1, 181-197; Romain, II, 473; Sainl-Cyr, I. 120- 124 ; Soult, I, 65.
* La division des montagnes occupait les positions sui\antes. Sa droite était concentrée dans le camp de Noth^'eiler où se tiou"aient dix bataillons : le 27*, le 13*, le 102% le 1"* du Haut-Rhin, le 2" de Rhône-et>L(>ire et le 4« du Jura. Le 7" bataillon d'infanterie légère et le 1" de la Haute-Saône étaient à Bobenthal. Le 10" des Vosges j/orment l^avant^garde à Bundenthal et à Rumbach, éclairait tout le front du camp. — Le centre, composé d'un bataillon du 13« régiment, cidevant Bourbonnais, d^un bataillon du 33*, ci-devant Touraine, et de quelques compagnies du bataillon des agricoles de Mirecourt, occupait .a Tannenbrûcke et avait détaché en avant-garde à Schônau le 4* ba^ taillon de Saône-^t- Loire et, plus loin encore, à Fiscbbach, plusieurs compagnies aux ordres du capitaine Cunéo. — La gauche était disséminée sur une ligne très étendue : un bataillon du 102* gardait la Maindu Prince; la 3* d'lndre-e:-Loire, l'abbaye de Slûrzelbrcnn ; le l^'des Vosges, la ferme de Kobrett; le 1*' de l'Indre, le village de Niedersteinbacb .
> Kurze Uebersicht, 29 ; Valentini, 47; Saiat-Cyr, I, 131.
WISSEUBOL'BO
.Qtw fui eeU« marche (ameuseî Le dcc partit le 17 octobre du Ketlerich et vint à RamsbroDD. Le 1S, il étailà fUtescIbrooD. ei deux délachemcDis envoyés, Vua i âroi'.e, l'aaire à gauche, chassèreol les républicains de l« tetfoe de Rabretl et du village de Fiscbbach. Le 1), tQDdts que Wurmser attaquait les lignes, avaient lieu les opérations que i'élal-major prussien jugeait admirables. HoticDlobc. fiuivi d« cinq baiaiUoss et de six escadrons, tournait Bitche par EtietsherdI, enlevai), après un« courte r^sistsuce du 102* régiment, la Uain-du-Prince et rvgutiDait, par Hnspclscheidt, son camp d'Eschweiler pour tenir en respect l'armée de la liloselle : mouvemeDl
t hardi, s'ëoriQil U,iâseubach, mais calculé selon de justes principes! Eu même temps, Bruuswick s*emparait d'Obersleinbach et menaçait la gauche des cautounemciits de Noihweiler.
Saint-Cyr, qui dirigeait cette gauche, commaadée nominalement par Ferey, avait coacenlré ses forces i Niedersteinbacb : cent chevaux et trois bataillons, le 1" des Vosges, le 1" de l'Indre et le 3* d'indre-et-Loire. Sa position était excellente. II avait construit quelques retraacbemeuls, dont une flèche et une redoute qui se faisaient fbce : la flèche dominait le chemio d'Obersleinbach ; la redoute balayait la roule de Bitcbe à Wissembourg.
Brunswick voulait épargner le sang du soldat, et il savait que la victoire de Wurmser lui livrerait les défilés Bans combat. Il se contenta de manœuvrer sous les yeux de Saiut-Cyr, pendant que son alde-de-camp, le colonel Hirschfeld, paradait devant Buudeotbal, à la vue de Desaix'. 11 aurait mieux fait d'attaquer résolument
< Saint-Cyr B'imagiae, dans ses aratoire*, qu'il a leponssé, la 13 ociobre 1793, les attaquai de Hofaenloba el que BruDivick CD pei- Mone a canoani la ponUon de Desoii.
WISSEMBOURa 247
Niedersleiobach. Une fois ce point emporté, — et sans beaucoup d'efforts — la chaîne des postes français était rompue, et les troupes du camp de Nothweiler n'avaient plus d'autre ressource que d'abandonner leurs canons et de se jeter dans les bois. Mais, à minuit, Ferey apprenait que les lignes de Wissembourg étaient forcées, et il recevait de Garlenc l'ordre de se replier sur Wœrth et Bouxwiller. On partit sur-le-champ, à la faveur du brouillard, par la Tannenbrtlcke et par Lembacb. La retraite ne se fit pas aussi tranquillement que l'assure Saint-Gyr. Un lièvre passa; on lui tira des coups de fusil : à ce bruit, l'alarme se répandit de rang en rang, et un lièvre seul, dit Desaix, porta le plus grand désordre dans les brigades. Heureusement le 33<^ régiment, cidevant Touraine, se mit en bataille à toutes les avenues où Tadversaire pouvait déboucher; sa contenance rassura le reste de la colonne; les fuyards, ne voyant pas Tennemi, se rallièrent et rirent de leur terreur. Le 46 octobre, la division des montagnes, qui devait s'appeler désormais le corps de Saverne, était derrière la Zorn. Elle jetait une garnison dans le fort de Lichteuberg, envoyait un détachement à Saverne et s'établissait à Hochfelden, tandis que Brunswick, maître, sans coup férir, des gorges de Nothweiler et de Lembach, s'avançait jusqu'à Wœrth*.
» Saint-Cvr, I, 130 ; Rapport de Desaix, 12-20 oct. (A. G.) ; Wagner, 148-150.