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I. l'orridae

504 NOTl'S.

dans les uns, l'avarife qui alimente le corps, dans l'autre, la nourriture de l'Ame ; d'un côté , le thym pour éloigner la fadeur , herbe très-saine ; — de l'autre , de salutaires exhortations (|ui pré[)arent nos cœurs à recevoir la lumière. Ceci ranime. On met un oj^non pour donner du ^oût , - il y a une excellente plante, appelée : Dieu , ayez pitié de nous. Ces divers ingrédients et plusieurs autres herbes saintes qu'il contient, fermentent dans le cœur de l'homme et y feront un potage qui vaudra tous ceux que le monde peut offrir, surtout si pour faciliter la digestion vous faites usage des herbes suivantes : — l'herbe du repentir, l'herbe de la grâce, l'herbe de la foi, l'herbe de l'amour, l'iicrbe de l'espérance, l'herbe des bonnes œuvres, l'herbe de l'affection , l'herbe du zèle, l'iierbe de la ferveur, l'herbe de la constance, et beaucoup d'autres de cette nature, excellents digestifs. Ohe! jàm satis.

C'est ainsi que le savant théologien parcourt avec sa métaphore une route glacée à travers un pamphlet de six mortelles pages in-4"

(b) Pa(/e 236. — LE DOCTEUR MICHEL HUDSON.

Michael Hndson, l'honnètt et bon cbapelain du roi Charles l*"'", ressemblait, par sa constante fidélité à cet infortuné monarque, au personnage imaginaire du docteur Rocliecliffe; et les circonstances de sa mort sont copiées sur le rapport d'un presbytérien qui rend compte du meurtre de son camarade de collège; Charles I'"^ le choisit avec John Ashburnham pour guide et pour compagnon de voyage, quand il adopta le plan si mal combiné de confier sa personne à l'armée écossaise.

Fait prisonnier par les parlementaires et traité avec une extrême rigueur pendant sa longue captivité, il parvint à s'échapper au bout d'un an environ , en IG47, fut repris, s'échappa de nouveau en 1648, se mit à la tète d'un parti de Cavaliers, et marcha sur un château fortilié et entouré de fossés, du Liucolnshire, iionuné Wooldford-IIouse, dont il s'empara sans résistance. Parmi les diiférentes relations de sa mort, qu'on trouve dans les Desiderata Curiosa, de Peck, nous choisirons celle de l'évêque Kennet, comme la plus correcte et la plus concise :

« J'ai été sur les lieux , dit Sa Seigneurie, j'ai pris tous les renseignements possibles, et je me suis assure que le récit de M. Wood est susceptible de quelques rectilications. M. lludson et sa troupe n'arrivèrent pas en fugitifs à Wooldford , mais en prirent paisiblement possession et l'occupèrent comme une forteres.se, avec un escadron assez nombreux, qui lit une vigoureuse défense et de fré(|uentes sorties contre les parlementaires établis à Stamford, jusqu'à ce que le colonel connnandant ce poste, les ayant lait attaquer par un détachement très-supérieur en nombre, sous les ordres d'un capitaine (|ui et.iil son parent, cet oflicier fut lue. Lui-mènu> vint alors livrer l'assaut, et au|)aravant leur offrir de se rendre et les amener à capituler, à condition (|u"ils auraient la vie sauve. iMais, [)ar luie bas.^e vengeance, le colonel donna l'ordre de ne pas épargner celui (pi'il nonunait le misérable lludson •, celui-ci tenta de .se sauver par les plombs, et se voyant poursuivi il se précipita sur

les créneaux (d'autre^^diseut qu'il s'accrocha à une gouttière ou à une pierre en saillie); au moment où suspendu par les mains il allait se jeter dans le fossé qui était rfu-dessous de lui, les soldats le firent toniber en lui coupant les poignets; ils coururent ensuite le chercher au milieu de l'eau; ils l'y trouvèrent se débattant avec ses bras mutilés, ils eurent la cruauté de le frapper sur la tête. » {Desiderata Curiosa, de Peck, liv. 9.)

D'autres versions rapportent que la triste faveur de mourir sur la terre lui fut refusée par un certain Egboroug, domestique de M. Spinks, ministre intrus de. la paroisse. Un épicier, nommé ^Valter, coupa la langue du malheureux théologien et la montra ensuite comme un trophée. Mais par la suite on remarqua avec le plaisir qui s'attache à la vengeance satisfaite, que Kgboroug périt par l'explosion de son [)ropre fusil , et que Walker, forcé d'abandonner sou commerce faute d'argent , devint un mendiant méprisable et méprisé.

Durant quelque temps on n'accorda pas même une lombe aux restes du brave et loyal Hudson ; il fallut qu'un homme du parti contraire laissât tomber ces mots: « Puisqu'il est mort, qu'on l'enterre. »

(c) Page 286. — sur l'épithète de cannibale donnée aux cavaliebs.

Les terreurs dont l'esprit public fut agité avant la guerre civile disposèrent le peuple à ajouter foi aux faussetés dictées par l'exagération la plus révoltante. Lorsque Charles choisit pour gouverneur de la Tour sir Thomas Lunsford , le célèbre John Lillburn se chargea d'exciter la haine générale contre cet officier et le lord Digby, qu'il représente comme des spadassins sangui' naires dont on ne devait attendre que meurtres et massacres. Sir Thomas Lunsford en particulier fut signalé comme ayant une prédilection marquée pour la chair des petits enfants; le peignant ainsi sous les traits d'un ogre qui se plaît à découper leurs membres pour les faire griller. Le colonel mourut de la mort des braves au siège de Bristol , en 1643; mais la même calomnie poursuivit sa mémoire, et l'on répéta à la foule crédule :

Le postillon qui vient de Coventry, En aiiiionc;ini de proche en proche Qu'enfin Lunsford avait péri Une uiain d'enfant dans sa poche.

I,es satires et les pamphlets du temps renferment de nombreuses allusions qui attestent à la fois la réalité de l'accusation et la crédulité qui l'accueillit ; cependant Lunsford était , d'après le docteur Grey, un homme remarquable par sa sobriété, ses talents et son courage. Butler dit que les prédicateurs '< poursuivaient les enfants afin de les manger, aussi méchants que Lloody Bone et Lunsford. ■• !\lais cette étrange imputation est surtout mise en jeu dans une comédie intitulée : la Vieille troupe, composée |)ar l'acteur .Tolm Lacy. La scène se passe durant les guerres civiles d'Angleterre, et les personnages du drame sont pour la plupart des champions de la cause royale. On les représente dévastant le pays sans pitié, ce que Lacy pouvait peindre

•■■)0() NOTKS.

dapiès luituie, aVeiit au fait commencé sa curricre comme lieutenant de cavalerie au servies de Charles I*^"'. Les soldats trouvant les paysans peu disposés au saerilice de leurs provisions, feignent, pour les y forcer, un grand désir de mander les enfants, ce qui nmène une scène triviale, mais gaie, que le doyen Swift n'avait peut-être pas oubliée lorsqu'il écrivit que manger les enfants des pauvres serait un bon moyen de soidager la détresse des parents.

Le lieutenant. Secondez-moi, et je réponds qu'ils nous apporteront tout ee qu'ils ont. Parlons seulement comme si nous avions coutume de manger les enfants. — Pourquoi nous regardez-vous ainsi, bonne femme? Nous croyons que vous êtes pauvre, et nous nous contenterons de notre régal d'autrefois... Il y a des enfants dans la ville? La femme. Pourquoi cette question. Monsieur?

Le lieutenant. Rien que deux ou trois pour souper. Flea-Flint, c'est vous, je crois, qui savez le mieux les assaisonner.

Flea-Flint. .Te puis les saler si bien qu'il faudra ensuite vous rafraîcbir le gosier, ,1e ne suis jamais sans une langue ou un jambon d'enfant. La femme. Que le ciel ait pitié de moi '

Flea-Flint Mais ce n'est là qu'une façon vulgaire ; Fordfarn est l'bomme habile; il vous fera d'un enfant mis au four le pâté le plus exquis que vous ayez jamais mangé.

Le lieutenant. Quel conte! personne au monde ne peut préparer un enfant aussi bien que M. Raggou ' .

Raggou. Malheur à qui pourrait le penser! n'ai je pas été élevé dans les cuisines du roi des Mogols où l'on tuait vingt enfants par jour ? Voici la méthode ; prenez un enfant par les talons, mettez-lui la tête entre vos jambes, et promenez votre couteau le long de ses fesses. — Corbleu! Cela vaut toutes les fricassées de l'Ecosse.

Le lieutenant. Ah! cependant, il se fait d'excellent potage avec la tête et les pieds ; mais vous pourrez les faire cuire avec du lard. — Bonne femme, vous devez en avoir?

La femme. O Uieu! oui, Monsieur!

FoBD. Alors il doit être très-jeune?

Le lieutenant. Oui, oui. — Brave femme, il nous faut un beau petit poupon, de six mois pas plus, — surtout un garçon, vous entendez? [I.n J'ieille troupe., acte III.)

Après une longue discussion, les villageois se déterminent à livrer nioutoûs, volailles, etc., pour sauver leurs enfants. Sur ces entrefaites les Cavaliers se voient exposés au risque de tomber dans leurs propres tilets Une femme arrive en disant : — Avec votre permission, mes bons seigneurs, je vous apporte (|uelques provisions.

Fonn. Provisions? où sont-elles?

La femme. Les voici : je vous amène une couple de beaux enfants bien potelés.

1, Hdiiiii'ii, cHisiiiicr IVaiuais, lo Ik.iiIIoii ilf lu pitVP.

CouNET. Quel monstre de femme ! Qu'allons-iioiis faire?

La femme Vraiment, Messieurs, ils sont jeunes et bien portants-, faut-il vous les montrer? leur chair est ferme.

1-E LIEUTE^A^T. INon, non. Mais vous, n'êtes-vous pas affligée de vous séparer de vcs enfants?

La femme. Hélas, Monsieur! ils ne sont pas à moi, je les ai seulement nourris.

Le lieutenaint. C'est une tigresse! A qui sont-ils?

La femme a une blanchisseuse qui ne m'a pas payée depuis un an; j'espère qu'ils feront un excellent mets ; ce sont deux jumeaux.

Raggou. Ah! quel dommage, nous ne mangeons pas les jumeaux, la loi nous le défend. [Ibidem.)

Les (lavaliers échappent ainsi à l'embarrassante conséquence de leur pro- (ire stratagème, et le lecteur s'apercevra qu'on a fait usage du même moyeu dans le chapitre XIX.

(d) Page 420. i'aikick cakev.

Vous ne connaissez pas Patrick Carey, dit le roi Charles dans le roman; mais ce qui est plus singulier, c'est que Patrick a eu deux éditeurs auxquels il était également inconnu, si ce n'est par le nom. M. John Murray publia on 1771 les poésies de Carey, extraites d'un recueil qu'il dit être entre les mains du révérend M. Pierspoint Crimp. On émet, il est vrai, la conjecture fort probable que l'auteur n'était connu que d'amis très-intimes. En 181'J, l'auteur de IVaverletj, ignorant l'édition de 1771, fit paraître un second inquarto d'un manuscrit très-travaillé, quoique peu en ordre, et qui paraissait l'autographe du premier. Le second éditeur de Carey, à l'instar du précédent, ne connaissait que le nom de l'écrivain et le mérite de ses vers. Depuis il s'est trouvé à même de constater que le poète Cavalier était un frère cadet du célèbre Henry lord Carey, qui périt à la bataille de Newbury, et échappa aux recherches d'Horace Walpoie, qui eût cependant trouvé on lui une addition importante à sa liste de nobles écrivains. La renommée de l'illustre lord Falklaud a si bien éclipsé celle de ses frères, que Patrick a été passé sous silence, même par les généalogistes.

(e) Paye 429 — envoi d'iink plume en signe ue danger.

Dans une circonstance particulière, une dame, soupçonnant par le passage de quelques soldats à travers ses terres, le projet d'arrêter son voisin Patrick Home de Polwart, depuis premier comte de Marclimont, lui envoya une plume par un jeune berger auquel elle n'osa pas confier un message pins explicite. Le péril rend clairvoyant, et cet avis fut le début des romanesques aventures qui fournirent à lady Grizzcl Murray les matériaux de la relation qu'elle nous doima de la fuite de son grand-père, publiée par M- Thomas Thomson, sous-archiviste d'Ecosse. L'anecdote qui se rattache à la plume ne

doit pas trouver place ici; mais l'auteur l'a souvent entendu raconter à feu lady Diana Scott, descendante en ligne directe de Patrick, comte de Marchmont.

(f) l'âge 501. — a la mémoire de sïr henby lef, de ditchley.

Quelques lecteurs peuvent être bien aises de savoir que le noble Bevis,un (les plus beaux et des plus .ictifs lévriers des Highlands, a eu pour son prototype un cbien appelé Maida, donné à l'auteur par le dernier cbef de Glen- ^.uTj'. KdwHii Landseer en a fait un beau portrait qui depuis a été gravé. Je ne puis me refuser à dire ici, non, je l'avoue, sans quelque satisfaction [x-rsonnelle, qu'un de mes amis passant par Muuicb, trouva une tabatière ordinaire, de celles qui coûtent un franc, sur laquelle on voyait ce vieux favori, avec la simple inscription : l)er liebling bund von Walter Scott. Le tableau de M. Landser est à Blair-.\dam, propriété de mou respectable ami le trèslionorable lord-chef commissaire Adam.

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