SCÈNE II
LANDRY, GALIBERT, puisMÉLIE.
Comme Landry semble du regard chercher Xavière, tout à coup se dresse la tète de Galibert, couché dans l'herbe.
GALIBERT
Bonjour, mon camarade.
LANDRY, inquiet.
Ah ! mon Dieu ! Galibert ! En veut-il donc enfin A ma Xavière ? Dis ! Pourquoi cette embuscade ?
GALIBERT, en scène.
Il passe par ici beaucoup de gibier fin...
Je chasse, et mon troupeau je garde En même temps !... Tout justement, regarde !
LANDRY, de plus en plus inquirft.
GALIBERT, riant.
Non!
LANDRY
Je respire.
Il s'éloigne par la droite. Mélie a paru. Galibert se précipite sur elle en riant et l'embrasse à deux ou trois reprises, gaillardement.
GALIBERT
Un ! deux ! trois !
Elle s'échappe. 11 la poursuit et disparait un instant. Au même instant, on entend la voix de Xavière, un trille léger à distance, montant dans l'air comme un chant d'oiseau. — Parait Xavière, mise avec quelque recherche. Elle vient par le fond, gravissant la pente de la Combe au bord de laquelle est le grand chùtaigner ; son visage apparaît d'abord tout souriant, puis, s'aidant de son crochet de batteuse, elle saute en scène d'un bond léger. Elle reste un instant immobile sous le grand châtaignier.