ACTE TROISIEME
Tu ne sais qu'embrasser Ou pincer !
A ver. langueur.
Et moi je voudrais être aimée Très tendrement, Avec de ces mots tels que Landry sait les dire Si gentiment !
Naïvement romanesque.
Je voudrais aller par les sentes A ton bras. Tu me conterais, Avec des poses languissantes, Tes doux secrets.
Là-bas, où les claires fontaines Babillent parmi les roseaux, Assis sous le couvert des chênes Nous écouterions les oiseaux.
Tu dirais nos vieilles histoires.
« La Bergère et les trois Pastours »
« Le Chevalier aux armes noires »
Et « la Dame des Hautes-Tours » !
Et je p'eurerais à t 'entendre.
Mais à quoi bon un tel souhait ?
Tu n'as nas le cœur assez tendre
Pour bien comprendre
Ce qui me plaît.
GALIBERT, l'embrassant.
Je fais mieux. Tiens !
MELIE, boudeuse.
Oui, voilà ton refrain !
Le même pour toutes !
GALIBERT
Jalouse !
Un mot de plus et je t'épouse!...
MÉLIE
M'épouser ! Je l'espère bien.
GALIBERT
En attendant, rôtissons ma brochrtte !
Pendant ce qui précède, Galibert a disposé sa brochette de grives. Il va la mettre au toi'rnebroche. Mélie est près de lui, tous deux riant, se taquinant. Galibert. tourne la broche, Mélie travaille. Us s'accompagnent d'une vieille chanson qu' s'amusent à mimer; Prudence loujouis trottinant de la cuisine au jardin.