‹ XavièreChapitre 6 sur 50 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

PRUDENCE, grognon.

Vous voilà bien toujours le même!

Cependant, vous lavez ouvert, ce parapluie!

La preuve !

Elle lire le parapluie par une des baleines. F U LCR AN, complaisammcnt, avec un bon sourire.

Ah ! oui, Prudence, en effet, mais... c'était pour le soleil!...

LANDRY, GALIBERT, MÉLÏE, rianl bonnement.

Bon monsieur le doyen ! Bon monsieur le doyen !

PRUDENCE, en colère.

C'est bien lui ! Le bon Dieu n'a pas fait son pareil !

Il est comme un enfant.

Allons, monsieur, il faut changer d'habit, venez!

Elle prend le parapluie et le ferme avec rage, FULCRAN, sans écouler Prudence.

Ah ! mes enfants, au milieu de l'orage J'avais bien peur pour notre cher village, Pour mon humble maison, pour vous tous et voilà Que la foudre a passé sans vous porter dommage, Et le ciel nous sourit, et tous les miens sont là!

Ah! que le saint nom de Dieu soit béni! Sit nomen Domini benedictum!

GALIBERT, avec ampleur.

Maintenant et dans tous les siècles.

In sœcula sœculorum.

FULCRAN, charmé.

C'est bien répondu! toi! lu feras un bon chantre si la raison te vient un jour.

GALIBERT, patelin.

Monsieur le doyen, je suis sage Comme une image, Si j'aime à rire un brin, Je serais très grave au lutrin.

Tout en parlant, il fouille dans son sac et en tire un petit paquet enveloppé

de feuilles de vigne.

Qu'est-ce là?

FULCRAN

GALIBERT

Monsieur le doyen C'est une brochette de grives, Dans les vignes de Roquebrives Ça chantait encore ce matin.

C'est tout parfumé de genièvre, Blanc comme du caillé de chèvre; C'est une crème sous la dent, Tant c'est dodu, gras et fondant !

Les lui offrant.

C'est pour vous !

FULCRAN

Mon ami, je ne suis qu'un profane.

Merci pour ton bon cœur, pourtant!

PRUDENCE, prenant les grives.

Ne le remerciez pas tant

Il médite encore quelque caravane

Et veut vous attendrir déjà sur son méfait.

FULCRAN

Plus de charité, s'il vous plaît, Prudence.

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