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XXI. -- On demande des Missionnaires pour l'Athabaska

Permettez-moi, mon Révérend et bien cher Père, de vous exposer en quélques mots la pénible situation dans laquelle je me trouve, et de vous faire connaître les travaux auxquels aurait à se Hvrer le jeune missionnaire que je vous ai demandé pour ce pauvre vicariat d’Athabaska.

Déjà se sont établis, de côté et d’autre, plusieurs noyaux assez importants de colons canadiens, surtout à la rivière la Paix. La situation à laquelle il faudrait pourvoir est celle-ci: — Ces colons nous arrivent en foule et se dispersent un peu partout. Or, on compte parmi eux d’assez nombreux catholiques qui, s'ils sont négligés, oublieront facilement leurs devoirs religieux. Il nous faut donc, dès maintenant, déterminer et visiter des stations qui seront la base de futures paroisses ; car, lorsque les colons catholiques sauront que, dans certaines localités, on a l'assurance de rencontrer un prêtre, au moins de temps en temps, ils s’y établiront de préférence et $’y grouperont.

Un jeune Père, voyageant à cheval ou même à bicyclette, — car ce genre de locomotion est praticable dans nos immenses prairies — irait confesser et dire la sainte Messe, un dimanche dans un endroit et le dimanche suivant dans un autre ; et, si c’est un Père canadien, il sera plus à même que tout autre d'établir une paroisse sur une base solide, — à l’exemple des paroisses du Canada. Le pays se transforme rapidement, surtout à la rivière la Paix; nous devons donc nous hâter, et battre le fer pendant qu’il est chaud.

J’ai exposé à la S. C. de la Propagande cet état de choses et ma pénurie de prêtres. On m'a répondu : « Demandez des missionnaires à votre Congrégation. » Je me suis alors.adressé à notre T. R, P, Supérieur

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général, qui m'a écrit : — « Nous n’avons point ici de prêtres disponibles ; mais, si le R. P. Provincial du Canada veut bien vous en envoyer, il nous fera plaisir. »

Vous demanderez quelles seraient les occupations de ce jeune Père ? Ce seraient Jes occupations d’un missionnaire : prêcher, confésser, célébrer la sainte messe, administrer les sacrements et surtout organiser des paroisses, — car nous Ssortons de la sauvagerie pour entrer en pleine civilisation. Ii aurait à exercer le ministère auprès des sauvages comme auprès des blancs ; et, en principe, je voudrais qu’il apprenne une langue sauvage, — le cris, par exemple -— et qu’il se rende capable d’exercer le ministère dans cette langue. Car, si les blancs nous arrivent en foule, ce n’est pas une raison pour abandonner nos chrétiens indigènes qui, quoique peu nombreux, se rencontrent un peu partout. Néanmoins, un jeune Père pourrait exercer le ministère dès son arrivée, car il aurait de quoi s'occuper avec les blancs. Ce ministère, il devrait l'exercer en français et en anglais, parce qu'il y à certaines localités où l’on ne parle que le français et d’autres où l’on he parle que l’anglais.

Ce jeune Père ne serait pas seul : il aurait ordinairement un compagnon, — du moins, autant que la chose est possible, car souvent l'étendue du district à desservir oblige les Pères à se séparer pour plusieurs fours de suite. Un missionnaire est souvent réduit à faire sa œuisine ; quand ils sont présents tous les deux, chacun l# fait à soù tour, ,

Le missionnaire administre sa mission et doit tenir ses comptes en règle. Il y a, quelquefois, une ferme attachée à la mission, — avec des thevaux, du bétail à élever, des terres à cultiver ; les bâtisses sont en bois, et leur construction ne demande pas des charpentiers trés haliies.

; Ainsi donc, cher Père Provincial, envoyez-moi le ‘#ôt possible, je Vous en prie, ün ou deux missionaîres ayant Iles qualités requises pour le travail de

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