‹ Yih-kingChapitre 10 sur 31 · Contempler sa vie; le Kiun-tze est par là sans reproche · texte numérisé non relu

Contempler sa vie; le Kiun-tze est par là sans reproche

Symbolisme. — Vent passant, soufflant sur la terre. Les anciens rois observaient (les caractères) des lieux et du peuple pour établir leur enseignement.

Le grand observateur (figuré par le trigramme du vent) se lient en haut lieu; l’homme bienveillant et conciliant (représenté par le trigramme de la terre) se tient au milieu pour inspecter, contempler le monde. (Com. I, inilio .)

1 II peut s’agir ici d’une femme qui surveille son époux ou regarde par curiosité. Je pense toutefois, en comparant le Com. II, qu’il faut retrancher li du texte et lire : regarder une femme d’une porte entr’ouverte. Com. C’est honteux chez un mari.

2 Expression consacrée pour dire : faire visite au souverain, en parlant d’un chef féodal.

3 Les §§ 3, o, 6 sont à peu près identiques; au § 6 le pronom khi remplace ngo. Le transformateur du texte a dû multiplier les paragraphes pour en avoir six. Il faut effacer §§ o et 6.

Koua XXI.

Pis IfÉ Shih hok : 1 . Bavardage mordant, méchant; 2. Hok : mordre, mâcher.

Texte I. — Si ce parler méchant se développe, il produira querelles et procès.

Com. I. — Shih « mordre » veut dire qu’on a quelque chose entre les dents.

Symbolisme. — Tonnerre et éclair forment le koua. Les anciens rois, en montrant les châtiments, établissaient fermement les lois. Le fort et le faible ayant leurs places distinctes et agissant avec intelligence, c’est le tonnerre et l’éclair unis et brillant ensemble. Le faible est en dessous et agit vers le haut l.

Texte II. — 1. Si (le bavard méchant) a les pieds pris dans les bois et les oreilles coupées, cela évitera les maux. — S’il ne peut marcher, puh hing. Com. I. (App.)

2. Si on lui mord les chairs et coupe le nez, c’est bien. — On doit user de violence. Com. II. (App.)

3. Mordre de la viande sèche et dure et rencontrer des malveillants, c’est peu de chose si l’on ne fait rien de blâmable. (I. e. avoir des difficultés et des peines, être décrié est un moindre mal que de faire des choses blâmables.)

h. Celui qui ronge les os pour manger la viande séchée ( labor improbus ) acquerra les flèches d’or (aura le prix, le bonheur). Ses difficultés lui seront avantageuses, il grandira et s’affermira heureusement. (App.)

5. Il acquerra de l’or pur; bien que son avancement se fasse au milieu des périls, il ne faillira pas. Il obtiendra une récompense convenable (suite du § A séparée pour faire nombre).

i Suit ce pronostic, véritable hors-d’œuvre : « Quoique ce ne soit pas la place, on peut avantageusement entamer un procès. » Cp. Texte I. L’interpolateur prend li dans un autre sens que celui du texte.

LE YIH-KIING.

6. Les pieds aux fers et les oreilles coupées, châtiment terrible n’est-ce pas? Mais (le méchant calomniateur) entend (ces menaces) et ne comprend pas. Com. IL (Suite du § 1 séparée pour avoir six paragraphes. (App.)

Note. — Les §§ 1, 2, 6 stigmatisent le calomniateur, le méchant. Les §§ 3, 4, 5 contiennent des sentences qui se rattachent à la section par le mot « mordre » .

Koua XXII.

Pi : 1. Éclat, rayon; orner; 2. Exercer, rendre fort. (App.)

Texte I. — L’éclat, même développé, s’affermit peu généralement, quoi qu’on fasse. (La gloire, la fortune, ne sont pas durables.)

Com. I. — L’art et l’intelligence forment la beauté, l’éclat de l’homme. C’est d’après l’ordre du ciel que nous envisageons les changements des saisons. C’est d’après le beau humain que nous formons et perfectionnons le monde.

Texte IL — 1. On fortifie ses pieds, on les orne en quittant son char et allant à pied (par vertu). Com. Rang teh. (App.)

2. (Autre exemple du mot.) Orner, arranger sa barbe, la mettre en ordre, la rendre belle et luisante. Image du bel arrangement, de la vertu. (App.)

3. Ce qui est bien en ordre (pi) et bien disposé intérieurement aura un développement constamment heureux, ne subira aucun tort (pi). (App.)

4. Belle, simple comme un griffon blanc, la jeune fille n’épousera pas un ravisseur, un brigand ', (mais restera sans tache. Com. II).

5. L’éclat (pi) qui orne le haut des montagnes et des collines est d’abord mince comme un rouleau de soie jaune (à l’aurore), mais il finit par répandre la lumière et la joie. (Peinture de l’aurore, d’un bonheur naissant.)

6. Le rayon (pi) blanc est complet et parfait (n’excède en rien). 11 retourne à la racine de la lumière et est sans couleur spéciale (Com.); c’est

le terme suprême. Com. II. (C’est la lumière fondamentale essentielle; sans teinte ni nuance spéciale.)

Note. — Cette section présente divers cas d’emploi du mot pi et de ses différentes significations.

Symbolisme — Le feu sous une montagne forme le koua. Le sage fait briller tous les principes, mais ne croit pas pouvoir trancher toutes les discussions.

Koua XXIII.

^ = ^!j Poh : opprimer, renverser, traiter durement.

Texte I. — Traiter durement ne réussit en rien.

Symbolisme. — Montagne (pesant) sur la terre figure l’oppression. C’est aussi le grand affermissant le petit pour donner sécurité à son propre domaine. (Quand les sujets sont en sécurité, ils travaillent, restent en paix et font prospérer le domaine.)

Com. I. — Poh, renverser, abattre. Le petit 1 (parfois) renverse le fort; l’homme vulgaire grandit. On cède devant lui, mais on cherche àTarrêter.

Considérant la forme du koua, le sage fait une attention particulière aux successions d’accroissement et de décroissance des êtres, de plénitude et de dépouillement (vide), — semblables aux mouvements du ciel (tels que l’hiver succédant à l’été, la nuit au jour, etc.).

Texte IL — 1. Poh, « renverser, faire crouler » son lit en en brisant un pied et le détachant ainsi, (suites funestes). C’est le grand, le prince qui se nuit à lui même en appauvrissant, affaiblissant son peuple (Com.). (Cette phrase et les suivantes forment des expressions figurées et consacrées à ces allégories, figurant les ruines matérielles et morales. App.)

1 Figuré par la montagne qui pèse sur la grande terre.

2. Id., renverser son lit en en brisant la forme; ruine, issue destructive. C’est celui qui se perd lui-même en perdant ses auxiliaires; un roi, ses ministres; un grand, ses employés et amis. (Dicton.) — Il n’aura pas de compagnons. Com. II. (App.) C’est la ruine s’étendant, gagnant le haut.

3. Renverser, faire crouler quelque chose sans suite regrettable. C’est quand on le fait légitimement et pour bonnes raisons L C’est que cela atteint également grands et petits (ou abandonne). Com. II.

4. Renverser son lit en s’écorchant, en se nuisant à soi-même, destruction certaine, calamité proche. Com. 11. Suite de la gradation, en renversant on se blesse. (App.)

5. Le prince généreux envers les gens du palais (litt. qui enfile des poissons pour en faire présent) en retirera des avantages certains. (Maxime opposée à la précédente 3°. (App.)

Peut-être devrait-on admettre déjà ici l’élément figuratif et symbolique, et voir dans l’hexagramme la figure du prince (ligne pleine supérieure) au-dessus de ses officiers rangés comme des poissons séchés =EE et traduire : avoir des officiers comme des poissons enfilés. Alors il s’agirait de po , gens du palais.

6. Fruit tout formé qu’on ne mange pas (bien acquis qui se détruit). Le sage, l’homme supérieur, conquiert la terre ( ou acquiert un char, le peuple qui le porte sur ses bras) ; l’homme bas et vulgaire fait crouler (poli) jusqu’à sa demeure (le fruit formé qu’il ne peut manger). (App.) (Phrase proverbiale dans laquelle entre le mot poli, renverser, et insérée ici pour celle cause, comme les précédentes 1, 2, 3, 4.) — Il ne pourra plus en user. Com. II.

Koua XXIV.

=: = ÎM Fü : réparation, correction, amendement, retour à l’état originaire.

Texte I. — Si dans ses rapports, ses actes, on n’offense pas, les amis viendront et l’on ne faillira pas. Si l’on corrige sa conduite dans ses actes journaliers, pendant sept jours, on réussira dans tout ce qu’on entreprendra.

1 Quand, par exemple, on renverse les cabales.

LE Y1H-KIÎNG.

Com. I. — Se corriger est chose heureuse quand on s’amende fermement. II en arrivera comme il est dit au texte, si l’on agit avec condescendance et soumission aux règles. Se corriger, comme il est dit, est la manière d'agir du ciel. On réussira; la force, la fermeté grandira. En cela ne voyons-nous pas le cœur du ciel et de la terre?

Texte II. — \. Celui qui s’amende promptement, qui se repent sans résistance sera spécialement heureux. (Ou : le prompt amendement, le repentir sans résistance est suprêmement heureux.) — S’il s’amende et se réforme. Com. II. (App.)

2. Renoncer au mal et se corriger est chose excellente. — - Ainsi l’on cède à la vertu. Com. II. (App.)

3. L’amendement fort et persistant, même au milieu des difficultés, évitera tout mal. — En suivant le droit. Com. 11.

4. Celui qui suit le chemin du juste milieu est le seul qui sache restaurer sa nature. — Il suit la droite raison. Com. IL

o. L’amendement généreux est sans regret; — il se règle selon le juste milieu. Com. II.

6. L’illusion, l’erreur quant à sa propre correction est un grand mal; une cause de désastres. Le chef d’armée, dans ce cas, subira une grande défaite et causera à son roi des maux que dix années ne pourront pas réparer complètement. — C’est contraire aux règles à suivre par le prince. Com. IL (App.)

Symbolisme. — La terre au-dessus du tonnerre. Les anciens rois, au jour du solstice \ fermaient les frontières. Les marchands et les voyageurs ne pouvaient plus passer; les princes ne pouvaient inspecter les régions. C’était une sorte de repos, d’inaction forcée, comme celle du tonnerre enfermé, tenu sous terre dans l’hexagramme. De là cette citation.

i D’après Legge. Al. simplement ce jour, le septième, ce qui semble peu probable. La chose est encore incertaine.

Koua XXV.

— = 7c % Wu wang : sans blâme, irréprochable, honnête.

Texte I. — Conduite irréprochable; absence d’inconduite, de manque de droiture, etc. Si l’on n’est pas droit et juste, il arrivera des malheurs; tout sera sans avantage quoi que l’on fasse.

Texte II. — 1. Quand la conduite est irréprochable, toute démarche est heureuse. (App.)

2. On récolte sans labourer, on moissonne sans avoir semé; tout réussit en tout ce qu’on fait (quand on est intègre). Suite séparée du § 1. (App.)

3. Celui dont la conduite est parfaite peut cependant avoir quelque malheur immérité; c’est comme un bœuf (innocent) attaché; son conducteur le traîne; les gens de l’endroit le maltraitent. (App.)

4. La bonne conduite (seule) peut prospérer sans revers. — Elle aura une prospérité sûre. Com. II.

5. L’honnête homme malade n’a pas besoin de médecine pour être content. (Il l’est par le témoignage de sa conscience.) — 11 ne doit pas en essayer. Com. IL

6. Si les actes de l’honnête homme entraînaient des malheurs, il n’y aurait plus d’avantage à rien. — Ses actes entraînent parfois le mal de l’épuisement ’. Com. IL (App.)

Com. I. — Par la droiture on prospère grandement, c’est l’ordre du ciel. Si l’on n’est pas juste, on sera malheureux, on ne réussira en rien. Quelle est la conséquence de la droiture? Quel acte de l’homme irréprochable le ciel ne secondera-t-il pas par son ordre?

Symbolisme. — Le tonnerre roulant sous le ciel. Toute chose est droite en sa nature. Les anciens rois, conséquemment, dans leurs efforts, se conformaient aux saisons pour entretenir leurs peuples. Com. IL — Le fort du dessus domine tout. (Trigramme du ciel.) Agissant fortement, il établit solidement. Il garde le milieu, il est ce qu’il doit être. Com. I.

1 Par la fatigue.

Koua XXVI.

■■ «f Td tc.hu : I. Grand entretien; 2. Dompter, conduire.

Texte I. — Grand, bon entretien. Il affermit et perfectionne. Si l’on ne ruine pas sa maison (la dévore), ce sera bien; on traversera heureusement les difficultés. (App.)

Texte II. — 1. Quand il survient quelque danger, il est bon de s’arrêter (se vaincre), de céder aux circonstances et de ne point vouloir l’emporter de force. Com. II. (App.)

2. (Comme, par exemple, quand) un char a perdu le cuir qui le maintient en place (droit). (App.)

3. Celui qui chemine avec des chevaux bien entretenus, sortira heureusement des difficultés. S’il s’exerce chaque jour à conduire et combattre, tout réussira pour lui. (Suite de la bonne éducation.) (App.)

4. Le joug, la planchette que porte le jeune bœuf est d’un usage très heureux pour le dompter et le former au labourage (second sens). (App.)

5. Lorsqu’un sanglier est châtré, dompté, ses défenses sont exemptes de danger (et sont plutôt un instrument utile). — Arracher les dents à un sanglier, c’est priver un méchant des moyens de nuire. (App.’1

G. Combien la voie du ciel est étendue! Qu’elle est immense à parcourir! Com. II. — (Allusion à la forme de l’hexagramme qui représente une montagne — — au-dessus du ciel. Se rapporte à l’expression tchu kih. Com.)

Com. I. — Le grand entretien, c’est le fort affermissant sa droiture, sa justice, répandant un brillant éclat; renouvelant chaque jour ses vertus. Fort et élevé, il met la sagesse au-dessus de tout ; il peut s’établir fermement en une droiture extrême. Il entretient surtout la sagesse; il répond aux ordonnances du ciel.

Symbolisme. — C’est une montagne dans le ciel (le ciel au milieu). Le sage, comprenant toute chose, discute d’abord, puis agit, pour entretenir ainsi sa vertu.

Koua XXVII.

= : 1?H t : 1. Entretenir, soutenir; 2. Menton , côtés de la bouche; 3. Profond.

Texte I. — Entretenir : achève heureusement. (Il faut) examiner soigneusement comment on entretient. On doit chercher soi-mème ce qui est bon pour sa bouche.

Com. I. — Entretenir sa rectitude est cause de bonheur. On doit examiner ce que l'on entretient et ce qui doit nous entretenir. Le ciel et la terre entretiennent tout; le Saint entretient la sagesse pour atteindre par eux tous les peuples Grande est l’opportunité de l’entretien. (Àpp.)

Texte IL — 1. Laissant là votre tortue merveilleuse (l’une des quatre espèces d’êtres surnaturels 2), vous me regardez remuant le menton (2e sens) (pour manger 3). — (Expression consacrée, signifiant négliger les biens supérieurs pour s’attacher aux biens matériels.) C’est mal. — La tortue céleste qui indique l’avenir ne se peut manger; aussi on la néglige. (App.)

2. Baisser le menton, c’est renverser les lois morales. Le lever vers les hauteurs, c’est aller au mal, au malheur. (Ces deux expressions désignent ceux qui font les parasites près des petits et près des grands 4.) (App.)

4. Celui qui cherche la nourriture (?) 3 comme un tigre avançant pas à pas et regardant fixement 6, réussira en ses désirs. (App.)

o. Si l’on viole les règles (allusion, suite à 1), quand même on serait en voie de prospérité, on ne réussira pas définitivement dans les grandes difficultés.

t Et les rendre également sages.

2 Animaux célestes indiquant par leurs apparitions les volontés du ciel et l’avenir. Les autres sont la licorne, le dragon et le phénix.

3 Figure du désir de manger, des jouissances matérielles. Négligeant (n’entretenant pas puh. shih. Com.) les êtres célestes, les volontés du ciel. Vous pensez uniquement au plaisir de la table, aux jouissances sensibles; vous cédez aux désirs tông yu yuk.

4 Ou plutôt ; ceux qui s’avilissent ou visent trop haut.

3 Pour soi ou pour les autres. Com. II. Ainsi le grand répand l’éclat,

6 Avec prudence, circonspection.

LE YIH-KIJNG.

3. Celui qui agit mal dans la recherche de son entretien déchoira certainement. En dix ans il ne fera rien qui lui soit avantageux. (Litt. qu’il ne fasse rien.) — Il rencontrera de grands obstacles. Com. II. (Ap|>.)

6. Rechercher les moyens d’entretenir les hommes (Com.) est une excellente chose quoique difficile; elle réussira avantageusement (si Ton s’y applique). On en retirera l’approbation universelle. Com. II. (App.)

Symbolisme. — Une montagne au-dessus du tonnerre (image de celui qui réprime ses désirs, restreint ses tendances). Le sage s’observe ainsi en ses paroles et modère l’usagé des aliments.

Koua XXVIH.

Ta kvoh : t . Grand excès, défaut, manquement; 2. Traverser, dépasser.

Texte I. — Grandeur défectueuse. Appui faible qui, en s’affermissant en toute manière, peut devenir utile. (Un défaut peut se réparer.)

Com. I. — Grandeur défectueuse, colonne faible dont le haut et le bas le sont aussi. La force défectueuse au milieu de gens faibles et doux peut, si elle agit en cherchant à satisfaire, s’affermir et prospérer en tout. La grandeur excessive ou défectueuse est une chose funeste.

Texte II. — 1. Ceci est susceptible de deux explications: a ) « s’appuyer sur des joncs » est un grand défaut; ils plient et ne soutiennent pas. (App.) b) Pour placer un objet comme natte à offrande, se servir de mao blanc est fautif '. (Le mao blanc représente la pureté, la droiture, kiet tche. Com. Ceci d’après le commentaire représente un excès de précaution. Kwêh hu ivéi shin 2 (1er sens).

2. (Autres exemples de choses qui dépassent l’ordinaire.) Un vieux saule, dépérissant, qui produit des bourgeons; un vieillard qui épouse une jeune femme.

1 Au lieu de gratter simplement la terre et l'aplanir. C’est un excès de précaution.

2 Avec mesure et prudence.

3. Une poutre, un pilier trop faible (voir texte 4) sont mauvais (ils ne peuvent supporter) (grand défaut).

h. Une colonne haute et forte est bonne; toute autre est dangereuse (opposition à ce qui précède). (App.)

5. Un vieux saule produisant une fleur, une vieille femme épousant un homme encore jeune, quoique non blâmables, ne peuvent être loués. (Com.), La fleur du vieux saule ne peut durer, l’époux d’une vieille femme peut s’en dégoûter. (Faits qui passent les règles ordinaires.)

6. Traversant un fleuve, y entrer jusqu’au sommet de la tète est chose dangereuse, (mais peut n’être point blâmable, si on le fait pour aider quelqu’un, d’après le Com.) (3e sens). (App.) Force défaillante.

Symbolisme. — Marais couvrant des arbres. Le sage, devant un pouvoir vicieux, se tient seul sans crainte et fuit le monde sans regret.

Note. — Nous avons ici une collection d’expressions proverbiales dont plusieurs se rapportent à la forme même du koua. Celui-ci peut, en effet, à à la rigueur, figurer une poutre entamée en haut et en bas, donc très défectueuse.

On voit ici une fois de plus combien ces divisions en six parties sont arbitraires. Le § 3 n’est que la répétition du texte; les §§ 2 et S se confondent.

Koua XXIX.

: W ik K’àn : danger, précipice, caverne. — Tsa k’àn : courir de grands risques;

s’exposer au danger pour un aulre.

Texte I. — La droiture, le cœur Fidèle et attaché, réussit; ses actes ont de l’éclat s’il persévère malgré le danger. (App.)

Com. I. — Tsa k'àn est un danger grave. L’eau débordant, mais ne remplissant pas tout (que ligure le koua), représente les dangers courus sans qu’on perde sa fidélité constante. Le cœur attaché réussit; quand la force

garde le milieu, tout ce qu’on fait est bon et méritoire. Le ciel a ses dangers qu’on ne peut surmonter. La terre a les siens dans les montagnes, les fleuves et les ravins. Les rois et princes arrangent les choses dangereuses de manière à sauvegarder leurs états. Le moment du danger est bien grave!

Symbolisme. — L’eau s'étendant au loin (deux fois « eau ») forme le koua. Le sage, d’une vertu constante, agit vertueusement et s’applique à l’enseignement. Il répand ses biens comme l’eau.

Texte II. — 1. Courir des dangers, comme entrer dans une caverne d’un défilé dangereux, est chose redoutable.

2. Dans les écueils périlleux, si on sait modérer ses sentiments, on pourra en sortir heureusement. — Com. II. Si on garde la modération. (Àpp.)

3. Si en tout et partout on ne rencontre que danger, que les périls, les sujets de crainte s’accumulent, alors dans un tel danger il n’y a plus d’expédient qui puisse servir. — Il n’y aura plus de secours possible. (App.)

o. Mais si le danger n’est pas inéluctable, si une caverne où l’on se trouve n’est point pleine d’eau et qu’on puisse encore aplanir le terrain, on en sortira sans faute. — 11 n’arrivera pas malheur. (App.)

4. Si l’on offre des sacrifices avec simplicité (sans ostentation), avec un vase de spiritueux et une corbeille de grains, tandis que les assistants n’ont que des vases de terre, si par cette modération on se forme à la vertu, alors qu’on aurait d’abord des difficultés et des écueils, on deviendra irréprochable. (App.) (Moyen d’éviter les dangers).

6. Danger de celui qui, lié, vinculé de triples liens, enfermé dans un cachot, ne peut de longtemps parvenir à se délivrer. Sort funeste! — Tel est celui qui a perdu la voie de la sagesse.

Koua XXX.

M Lt : éclat, brillant, bel extérieur, succès.

Texte I. — Beauté « bel extérieur, » se développe et s’achève comme dans l’élève d’un animal domestique (qui, bien soigné, est gras, beau, luisant).

Com. I. — Le soleil et la lune brillent dans le ciel; les grains, les plantes brillent sur la terre. Un double éclat brille dans tout ce qui est droit et juste et transforme, en le perfectionnant, tout ce qui existe ici-bas.

Texte II. — 1. Lorsque la conduile est fautive, mais qu’on cherche avec soin à la rectifier, on évitera tout blâme '. — Si l’on cherche à éviter toute faute. Com. IL (App.)

2. Le plus bel éclat est celui du jaune. — C’est la couleur qui tient le milieu entre toutes. Com. II.

3. Lorsque l’éclat du soleil est à son déclin, ce n’est plus la joie qu’il inspire, mais la tristesse. (Litt. on ne fait plus de musique au moyen des instruments de terre, ni en chantant, mais c’est le gémissement d’un vieillard. Le tout indique la déchéance et le chagrin qu’elle cause). (Com.) — L’éclat du soleil ne peut toujours durer. Com. 11. (App.)

k. La lumière du feu apparaît subitement; elle brûle, donne la mort; on ne peut la supporter (App.)

5. Quand le prince se met en expédition, on verse des larmes et pousse des gémissements. Et cela doit être, car il sort pour aller châtier les rebelles et les méchants “1 2; dans ses brillants exploits il brise les têtes des chefs et reçoit à merci ceux qui ne se sont point associés à leur révolte. Ainsi il n’encourt aucun blâme. — Ceci illustre la puissance, l’éclat des rois et des princes. (Com.) Ces expéditions ont pour but de rétablir l’ordre et la justice. Com. II.

Symbolisme. — La lumière du soleil doublée (en dessus et en dessous) forme le koua. Le grand homme fait ainsi briller ses qualités de plus en plus dans les quatre régions.

1 La belle conduite est qualifiée généralement de ming, brillante, éclairée. Cette conduite brillante fait l’objet des §§ 1, 5 et 6.

2 Aux premiers temps de l’empire chinois, les peuples nouvellement soumis se révoltaient constamment. Chaque printemps, le souverain chinois avait quelque expédition à faire pour dompter les révoltés; c’était devenu comme une institution.

Koua XXXI.

~ ~ M K’ an et hfen : L Réunir, accorder, ensemble; 2. iil Mouvoir, émouvoir le

cœur, exciter le sentiment (excitation physique et morale); être en mouvement,

remuer; 5. 1$ Harmonie, droiture, sincérité. (Comp. p. 58, note 2.)

Texte I. — Le sentiment d’union, d’affection conduit à prendre femme.

Symbolisme. — Un marais au-dessus d’une montagne; ainsi l’homme supérieur s’abaisse pour accueillir tout le monde (comme l’eau sur la montagne).

Com. 1. — Hiên a le même sens que k'an (2e sens). Le fort en dessus, le faible en dessous (selon la figure), leurs influences s’unissent et s’harmonisent. C’est la stabilité et la satisfaction. L'homme s’inclinant vers la femme, c’est la condition d’un mariage prospère. Le ciel et la terre mettent tout en mouvement et tout se forme, naît. Le Saint meut le cœur des hommes et le monde alors connaît la paix et la concorde. En voyant ces divers mouvements on peut comprendre les sentiments du ciel et de la terre.

Texte II. — 1. Prendre et mouvoir le gros orteil; s’abaisser par condescendance. (Com. II). — Figure signifiant aussi se mouvoir pour prendre quelque chose placé plus bas. Com. (App.)

2. Remuer les chairs en marchant est une mauvaise contenance. (L e. marcher avec tant de hâte et de trouble que la chair de la jambe se remue. Mouvements contraires au juste milieu et à la gravité.) (App.)

3. Marcher en réunissant les jambes et se serrant contre la personne que l’on suit est une manière blâmable. (On ne pourra se garer contre les coups. Com.) — Ce qui en résulte est l’abaissement. Com. II. Cp. Siao-Hio, livre II, § lofi, prescrivant de marcher un peu en arrière d'une personne honorable (App.)

4. La droiture ferme est cause de succès (sens 3) et éloigne tout regret. — Une conduite douteuse éloigne tout le monde; les amis à peine ( ffl. (an, Mandchou : damou) restent attachés. — Com. II. Tout est bien tant qu’on ne se laisse pas porter au mal; la conduite douteuse est sans grandeur. (App.)

5. « Être ému jusqu’en la chair des épaules, » cela indique des pensées généreuses et vives. (Com. Tchong-tao, 11°, f. 3.) — Dicton figurant une émotion profonde. (App.)

6. « Remuer les mâchoires et la langue » signifie parler trop. — Com. 11. Cela désigne une bouche avide de paroles. (Dicton. Cp. p. 18, I. 30.)

Note. — Nous avons ici une série d’expressions consacrées et familières, dont l’idée de remuer forme la base commune. Le § k se rapporte seul à hién , concorde, et le § 3 à « réunir en se mouvant. » Le Com. I parle des mouvements généraux de la nature d’après l’ontologie et la morale chinoises. Les §§ 1 à 3 signalent des manières d’agir de se tenir contraires aux règles de la bienséance, de ces rites qui font la base de l’organisation sociale et de la morale en Chine.

Koua XXXII.

" 'ta Hâng : 1. Constance, permanence, stabilité; 2. Partout, complètement ;

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