SLR L’HUILE EMPLOYÉE EN HORLOGERIE
auxquels se mêlent des manipulations chimiques, entraînent après eux quelques imperfections pour les résultats. Tant que ces imperfections n’ont pas d’inconvénients pour l’écoulement des produits dans le commerce, les producteurs ne s’en occupent nullement ; mais lorsque ces matières ne sont plus destinées aux usages généraux, il faut examiner la différence des produits du laboratoire, comparés à ceux de la grande usine.
Nous allons montrer les principales causes qui s’opposent à ce que les huiles versées dans le commerce soient propres aux usages de l’horlogerie. -
Première cause. — L’exploitation en grand ne peut faire aucun sacrifice, le consommateur ne lui en tiendrait pas compte, et la concurrence force à retirer de la matière première la quintessence de ce qu’elle peut produire. Ainsi, un pour cent est une quantité bien petite et que le propriétaire ne laisse pourtant échapper que lorsqu’il ne peut faire mieux.
Lorsqu’on a extrait du fruit la première huile, celle qui en sort facilement et que l’on nomme huile vierge, il en reste encore une quantité considérable qui adhère aux parties non fluides du fruit; une autre partie est très-intimement enveloppée d’un mucilage, d’une couleur plus ou moins foncée, selon l’espèce d’olive. Pour enlever cette huile adhérente au noyau, à la peau et à la chair, on arrose la pâte avec de l’eau, à la température de 40° environ , on la remue , on soumet à une forte pression, l’eau emmène avec elle une notable partie d’huile souvent enveloppée de mucilage. Pour l’en débarrasser elle est versée dans des espèces de petites cuves déjà remplies d’eau et brassée fortement. L’eau s’empare du mucilage et l’huile en est dégagée, comme nous l’expliquerons plus loin.
Cette seconde huile est bien inférieure à la première, mais le commerce, qui n’entend pas perdre et ne veut pas la vendre à un prix moindre, la mêle à la première et la garantit au consommateur comme huile vierge. Pour rassurer le consommateur, disons-lui de suite que de toutes les fraudes qui se commettent dans le commerce des huiles, celle-là est la plus
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innocente. Car généralement on lui vend une huile d’olive mélangée d’un quart ou d’une moitié d’huile de sesame et d’œillet et d’autres graines toutes siccatives et malsaines. On peut tenir pour bien certain, que dans le commerce, rien n’est plus rare que de l'huile pure (n’en déplaise à messieurs les épiciers).
Il y a quelques propriétaires qui préparent des huiles avec des soins particuliers pour les expédier à des maisons qui sont dans des conditions tout exceptionnelles ; mais le public ne peut se flatter d’en profiter.
Les horlogers qui croiraient trouver dans ces huiles la perfection que l'on peut obtenir par une extraction spéciale, se tromperaient, car ces huiles sont extraites dans les conditions les plus avantageuses pour le goût et non dans celles utiles pour l’horlogerie. Ainsi , par exemple , le degré de maturité convenable pour la meilleure huile à manger, n’est pas celui propre à l’huile pour l’horlogerie, et réciproquement; l’huile extraite dans les conditions demandées pour l’horlogerie , n’est pas, à beaucoup prés, aussi agréable pour la table que celle préparée à cet usage, lors même qu’elles proviendraient des mêmes arbres.
Le traitement de l’huile par l’eau pour la purger de l’albumine qui s’y trouve, et surtout par l’eau chaude, l'altère, la vicie et la rend impropre pour l’horlogerie (nous parlerons de cet effet en énumérant les moyens tentés parles chimistes pour améliorer les huiles), et l’huile ainsi traitée 11e reprendra jamais les propriétés qu’elle a perdues. Telle est une des causes premières qui font que les huiles du commerce sont toutes plus ou moins impropres à l’horlogerie.
deuxième cause. — Si vous avez assisté aux vendanges dans les pays vignobles, si vous avez vu faire le cidre, le poiré, etc., vous avez remarqué que les fruits sont récoltés sans soin, sans distinction de ceux qui sont plus ou moins mûrs, de ceux qui sont verreux, qu’il en est de pourris, qu’ils sont tous utilisés. Il en est de même de l’huile d’olive dans les grandes exploitations : tout est réuni, tout est porté au moulin, tout fait de l’huile qui se vend. J'ai vu broyer des escar-
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gots et d’autres choses trop répugnantes pour les écrire.
L’huile s’épure par le dépôt d’une grande partie des corps étrangers qu’elle contient en suspension dans le premier temps qui suit l’extraction ; mais il en est dont la présence a altéré l'huile.
L’olive est, dans certaines années, attaquée fortement par un ver qui cause une grande diminution sur le produit. Je me suis assuré que toute olive dans laquelle le ver avait fait un trou ne donnait qu’une huile impropre à l’horlogerie.
Admettra-t-on qu’un tel amalgame puisse donner une chose convenable là où il faudrait une pureté parfaite. Quel est le chimiste qui entreprendrait de ramener un tel produit à son état normal ?
Il est inutile de s’étendre davantage sur ce point et de signaler d’autres causes qui rendent impropres à l'horlogerie les huiles du commerce. Il en résulte tout naturellement qu’une huile qui contient des éléments aussi vicieux ne peut être ramenée à un état parfait par l’art, et que l’art doit, avant tout, s’appliquer à une extraction spéciale, indispensable pour obtenir un produit auquel il puisse donner certaines qualités qu’on ne trouverait pas dans la nature.
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