‹ ÿtudes sur diverses questions d'horlogerieChapitre 30 sur 58 · J)ES PROCÉDÉS · texte numérisé non relu

J)ES PROCÉDÉS

généralement employés pour éviter les destructions, et servant de preuves aux explications qui précèdent.

Si on passe en revue quelques-uns des procédés purement empiriques et suivis par beaucoup d’horlogers qui ne donnent aucune explication du mode d’action de ces procédés, on y trouve la preuve des faits que nous avons annoncés.

Ébullition dans les corps gras.

Le procédé le plus généralement employé par les anciens horlogers consiste à faire bouillir la roue de rencontre dans un corps gras, et, bien entendu, chacun trouve celui qu’il emploie le plus propre à produire un bon effet. Ainsi, on entend vanter tour à tour le suif, l’huile, l’huile d’olive, celle épurée pour les lampes, le beurre, le saindoux. Voyons ce qui se passe dans la mise en pratique de ce procédé, puisque ceux qui l’emploient ne nous en disent rien.

Presque tous ces corps gras contiennent des acides en plus ou moins grande quantité ; l’huile épurée pour les lampes est

traitée dans l'épuration par l'acide sulfurique, elle en retient une proportion assez forte pour produire un véritable dérocher sur les lampes dans lesquelles on l’emploie. Le suif et le beurre contiennent également des proportions notables de divers acides; en faisant bouillir une roue à une température élevée, on la soumet à dérocher, dont l’effet est augmenté parla grande élévation de température ; cette action chimique produit nécessairement un effet plus ou moins efficace selon la proportion d’acide et selon le besoin de la pièce.

Outre cet effet chimique, il en est un autre purement mécanique dont le succès doit être infaillible lorsque la cause de destruction est la présence de quelques atomes d’acier grippés dans le laiton; en voici l’explication : On sait avec quelle extrême facilité les corps gras pénètrent entre deux surfaces métalliques en contact. Par une élévation de température, la petite capacité dans laquelle est contenu l’atome d’acier se dilate plus que l’acier lui-même, et le vide produit par cette dilatation attire l’huile ou autre corps gras, qui vient s’interposer entre le laiton et l’acier, et, lors du refroidissement, une certaine quantité de cette huile reste dans l’intérieur de la cavité, en diminue l’espace et renvoie au dehors l’atome d'acier. Lors même qu’on ne supposerait pas que l’huile puisse repousser ainsi l’acier, il est néanmoins impossible de contester qu’elle diminue considérablement son adhérence avec le laiton, e.t qu’ainsi elle lui permet de se détacher sans peine lorsqu’on adoucit.

D’après cela, on peut juger que le procédé d’ébullition dans les corps gras produit deux effets différents bien distincts l’un de l’autre et qui ont chacun un mode d’action différent; en même temps que les acides se portent sur les oxides pour les dissoudre, s’il y en a, le corps gras s’interpose entre le laiton et l’acier qui peut avoir adhéré dans l’opération du taillage, et le fait détacher de la roue.

De l'application de la chaleur seule.

Un moyen pratiqué par quelques horlogers, qui n’en ox-

PAR LE FROTTEMENT

pliquent pas non plus le mode d’action, consiste à poser les dents d’une roue de rencontre sur un revenoir et à chauffer jusqu’à ce que le cuivre change de couleur. Ce procédé nous paraît agir de la même manière que le précédent, mais dans des conditions bien moins efficaces. En effet, il n’y a pas un dérocher, quelque faible qu’il soit, et le déplacement des atomes d’acier n’est pas facilité par une grande quantité de liquide gras dans lequel le corps baigne; quelques atomes d’huile qui arrivent souvent à la pointe des dents de la roue peuvent seuls jouer un rôle utile dans cette opération ; on peut aussi dire que les atomes d’acier grippés à la roue prennent un recuit qui les rend moins durs et par suite moins destructeurs.

D’autres personnes modifient ce procédé en graissant la roue et en la chauffant de la même manière jusqu’à ce qu’elles voient fumer le corps gras; ce procédé, préférable au précédent, n’équivaut pas à l’ébullition dans l’huile.

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