SCÈNE VP
pierre, avec transport , entrant par la droite . Yvonne, me voici !
Mon Pierre!
Que l’attente m’a fait souffrir !
Tu connais mon amour, j’étais triste à mourir !
Mais puisque l’heure coutumière Te ramène, je suis heureuse I
PIERRE
Tu vois bien
Que je t’aime, et pour moi tout le reste n’est rien ! Mais sois plus calme, je t’en prie ;
Ce soir, tu parais assombrie :
As-tu quelque chagrin? Parle-moi I
Loyse Yvonne, Jean-Marie.
* Yvonne, Pierre.
ENSEMBLE
Je ne sais :
Mon amour est pour moi le charme de ma vie,
Mais malgré moi de noirs pensers Traversent mon âme ravie !
La douceur de nos rendez-vous M’est chère, et cependant, même aux moments d’ex- Un désir obstiné m’embrase : [tase
Je voudrais que déjà tu fusses mon époux î
PIERRE
Ce jour viendra bientôt !
Ah ! que le ciel t’écoute !
Qu’il fasse évanouir la souffrance et le doute !
Et puissé-je bientôt par un matin joyeux,
O mon Pierre, être à toi par devant Dieu soumise, Et sortir à ton bras de notre vieille église,
Du bonheur plein mon âme et des pleurs plein mes
[yeux !
PIERRE
Et puissé-je bientôt, par un matin joyeux Etre à toi pour toujours, Yvonne, ô ma promise! Et sortir avec toi de notre vieille église,
Du bonheur plein mon âme et des pleurs plein mes
[yeux !
Aimons-nous, oublions dans cette solitude Tous les pressentiments et toute inquiétude, Berçons-nous de l’espoir éternel des amants.
Attendons l'heure désirée,
Où devant les autels, avec sa main sacrée,
Le prêtre bénira pour jamais nos serments!
* Pierre Yonne.
Oui Pierre, le présent est riche en volupté Et nous serions ingrats d’en repousser l’ivresse !
PIERRE
Oui, sous mon ardente caresse Laisse s’épanouir ta pensive beauté !
Quelque jour nous serons librement l’un a 1 autre, Nous serons des époux en restant des amants;
Mais sachons cependant quel bonheur est le nôtre. Quand le sort nous permet ces doux embrassements .
( Rumeurs. Tambour interrompant le duo.)
Grand Dieu que se passe-t-il ? Quel est ce bruit ?
pierre
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Le tambour du village, à cette heur. ! /.Regardant.)- La foule s’approche ! On vient de notre cote.
Séparons-nous ! (Ils se séparent f3« plan). E""*™ temps ( 2 » plan) entrée des paysans. Pierre et ^reviennent se mêler aux groupes qui accourent de deux côtés de la scène avec des falots et des lumibes. Le ta* ou» P'-ce a» nulieu *> paysan ttes, puis cesse de battre et déplote un grand pa-
pier.)