GIROFLÉE, L’EMPAILLÉ
l’empaillé.
N’ayez pas peur, belle dame, c’est moi.
GIROFLÉE, assise près du divan.
Tiens, vous revoilà déjà ? Et votre ami ?
l’empaillé.
Il allait si vite qne je l’ai perdu dans un embarras de voitures... (a part.) Je l’ai planté la au détour de la rue.
GIROFLÉE, travaillant à un ouvrage d’aiguille.
Oh ! ca ne m’étonne pas. vous n’êtes pas encore de force à le suivre ! 'Et qu’est-ce qui vous ramène ? est-ce que vous avez oublié votre riflard?
l’empaille.
Ingrate ! le désir seul de vous revoir... seule !
Tiens, tiens, tiens, comme le séjour du violon vous rend galant ! il faudra tâcher d'y aller quelquefois I
l'empaillé.
Ne suis-je pas toujours ainsi, belle dame ?
Pas quand Zamore y est !
l'empaillé.
Mais je crois sans fatuité que c’est assez adroit de ma part, belle inhumaine.
Comprends pas î
l’empaillé.
Oh I que si ! oh ! que si ! vous avez de l’esprit, vous êtes faite pour me comprendre.
giroflée, travaillant.
Merci 1 ah ça, si vous restez, mettez vous quelque part et tenez vous y tranquille, laissez-moi finir mon bonnet.
Faut-il que ces petits doigts blancs et roses soient réduits à Ce travail grossier ? (il veut embrasser la main de Giroffée, elle lui pique le nez.) Holà !
GIROFLÉE, riant.*
Doucereux, va I je suis sûre que vous avez mangé des con-
* L’Empaillé, Giroflée.