SCÈNE XI
ZAMORE, GIROI'LÉE, entrant par le fond.
GIROFLEE, habillée pour sortir.
Ali! pardon, je venais prendre ce panier... Mais si j’avais su que vous étiez encore là, monsieur...
ZAMORE
Monsieur! nous en sommes déjà au monsieur!
Ça ne doit pas vous étonner.
ZAMORE
Comme vous avez été vite préparée ?
^ Vous devez être content, vous serez plus tôt débarrassé de
ZAMORE
Il paraît que vous étiez pressée de sortir.
Cer... certainement... Adieu, monsieur. (Elle remonte.)
Il me semble que vol' châle est un peu de travers.
Qu’est-ce que ça vous fait.
ZAMORE
Rien... vous pouvez le r’arranger... vous avez le temps.'
Vous êtes bien bon... adieu! (Elle se dirige vers la porte du fond.)
ZAMORE, remontant un peu.
Vous vous en allez... sans m’embrasser?
GIROFLÉE, redescendant lentement.
Oh ! monsieur l’Empaillé pourrait se fâcher s’il vous entendait... je m’en vais. (Elle s’assied et reste pensive.)
ZAMORE, allant à elle.
Ainsi, vous ne m’aimez plus ?
Dame ! il me semble que vous ne m’aimez pas non plus.
ZAMORE
Ah bah !
Après ce que vous avez eu la méchanceté de me dire I
C’est vous qui cherchiez une querelle.
Non, c’est vous.
ZAMORE, s’éloignant d’ello avec dépit.
Mais non, c’est vous.
GIROFLÉE, se levant.
Eh bien, je vous pardonne, soyez heureux. (Elle se dirige vers la porte du fond.)
ZAMORE
Giroflée !
GIROFLÉE, s’arrêtant.
Quoi ? voulez-vous me dire encore de nouvelles injures ?
ZAMORE
Tenez, Giroflée, je ne peux pas vous laisser partir comme ça ! (A part.) Tant pis si je fais une folie, mais c’est plus fort que moi!... (Haut.) Vous voulez toujours vous marier, n’est-ce pas ?
GIROFLÉE, se rapprochant de lui.
Dame ! je ne veux plus m’exposer à de pareils affronts !
ZAMORE
Eh bien, puisqu’il vous faut un mari, vous en aurez un.