Femme du grand chancelier de l'empire d'Allemagne
u Je me permets de vous offrir un souvenir d'elle, une coupe que vous aurez peut-être vue sur sa table, et portant le grand nom de Rome.
« C'est à cette Rome qu'elle a voué tous ses élans, toutes les aspirations de ses dernières années.
u Recevez, madame, l'assurance de mes meilleurs sentiments d'estime et de sympathie.
« Princesse de Hohenlgiie. »
'■ Friedstein, 7 septembre 1888.
« Madame,
« Je viens d'achever ma pénible tâche, le triage de l'énorme correspondance de ma pauvre mère. Voici toutes les lettres où j'ai retrouvé votre écriture, et que je vous renvoie, selon votre désir.
(( Veuillez, en les relisant, associer mère et fille, en^ une prière et une bonne pensée.
« Princesse Marie de Hohexlohe,
« née WiTTGE.NSTEIN. »
Ces préambules posés, reprenons notre récit.
C'était, nous l'avons vu, l'âme en deuil et le cœur toujours brisé, que Zénaïde accomplissait ce voyage d'Italie, autrefois si ardemment désiré.
]\éanmoins, dès les premiers jours de son arrivée à Rome, elle subit l'irrésistible charme des splendeurs de la Ville éternelle.
A peine reposée, elle écrivit à Mme la princesse de Savn Witte^enstem la lettre suivante :
VUVA(iK A Hn.Mh. 187
•• Homo. 2.J juin 1S07.
<« Madame,
« J"ai lu votre beau travail sur la Sixtine. C'est vous dire que jadmire votre talent et que je serai très heureuse de vous connaître.
o Vous avez écrit des pages admirables sur un homme sublime; et si je n'ose me flatter de comprendre Michel Ange comme vous, je puis dire que, par vous, je tache de m'élever jusqu'à lui.
« Veuillez me faire dire quand vous pourrez me recevoir. Jai à vous porter les amitiés de Mme la marquise de Blocqueville, qui a été pour moi de la plus exquise bienveillance.
« Recevez, madame, l'expression de ma profonde admiration.
■< Via délia Vite, 58, chez Mme Langdale. »
« Rome.. 27 juin 1867.
<' Madame,
« Je vous envoie, à titre de simple hommage, ce petit livre qui ne vous offrira peut-être que bien peu d'intérêt '. J'y joins les derniers vers que j'ai faits le jour où la douleur m'a permis de penser.
« Si le grand souffle n'y est pas, le cœur y est tout entier. Encore une fois, madame, merci, et, croyez à ma profonde et respectueuse sympathie. »