‹ Zénaïde Fleuriot, sa vie, ses œuvres, sa correspondanceChapitre 82 sur 89 · MOUT DE SA SOKUU · texte numérisé non relu

MOUT DE SA SOKUU

lient. Je ne puis supporter seule ces lug'ubres cérémonies. C'est une infirmité, mais je lai. La chère morte est gardée parles religieuses qui Tout soignée. Demain, à huit heures, le chapelain du couvent dira l'absoute; et après, nous partirons en voiture. Le service se fera à Korenlrec'h-Lorient. Elle aimait beaucoup cette ville. Plus lard, si Dieu me prête vie, elle viendra à Locmariaker, ainsi que maman, et j'irai les rejoindre à mon heure.

<i Recommandez tante Marie, Mère vénérée, aux prières de Mère générale et de la Communauté. Sa vie a été dure et vaillante; Dieu le sait! Les religieuses Auguslinesont été admirablement bonnes; son esprit les charmait. »

DE LA TRINCESSE WITTGENSTEIN

« Rome, 6 juin 1886.

« Chère Bruyère de Bretagne. Ëtes-vous à Paris? Êtes- vous déjà sur les rives de l'Océan? Ma lettre vous parviendra en tous cas, et je ne veux pas tarder, à vous dire que j'ai profité de quelques insomnies pour lire Ces bons Rosaëc, qui m'ont enchantée.

« La vie de la campagne, la vie des petits propriétaires, y est retracée avec vérité. Tout y est naturel, sans apprêt, pieux et honnête, empreint du comme il faut qui exclut la vulgarité. La mort de M. Rosaëc, quoique un peu rapidement amenée, est pourtant assez dépeinte pour être émouvante. Les trois cents pages du volume se lisent, non seulement avec plaisir, mais avec un charme vraiment suave. C est comme un séjour de quelques mois que l'on ferait au village.

Laissez-moi, néanmoins, par continuation, vous faire encore une petite critique. Ma chère Bruyère, vous ne verrez, de nos jours, aucun Harpagon serrer quatre cent mille francs en or dans une cachette. Glaumesse peut en garder dix mille ou trois cents dans son bas; mais celui qui en a acquis quatre cent mille sait ce qu'ils lui rapporteront en courant le monde, non seulement en intérêts simples, mais en intérêts composés.

« Je me dis parfois qu'il est inutile de relever à vos yeux ces minuscules détails. Chaque oiseau chante selon son gosier. Mais comme vos volumes sont toujours en progrès, je ne puis renoncer à les voir absolument parfaits.

« Parlez-moi donc un peu de votre chère mère Marie de***. N'oubliez pas de lui offrir tous mes tendres respects émus et édifiés.

u A bientôt! Et que Dieu vous bénisse, car vous êtes un cœur d'or. Que les bons anges, appelés Muses par les Grecs, vous inspirent toujours plus de jolies histoires, où vous savez semer si agréablement tant de vérités hautes et pratiques.

« Votre affectionnée pour toujours

« Princesse Caroline Wittgenstetn. »

Cette lettre est la dernière que nous ayons retrouvée de l'illustre et dévouée amie de Zénaïde.

A LA PRINCESSE WITTGENSTEIN

« Paris, 16 juin 1886.

« Vous avez reçu le billet de part, qui vous explique

mon silence, chère Princesse. A peine avais-je posé le pied à Paris, à poine votre grande et belle photographie de Léon XIII était-elle déballée, qu'on m'appelait à Auray par dépêche.

« Et me voici, portant le deuil de cette sœur aînée, qui avait l'Age d'être ma mère, et dont la disparition t'ait un grand vide dans la famille. C'est quand les gens ont disparu, qu'on mesure exactement la place qu'ils tenaient auprès de nous.

« Je suis encore sous le coup de cette si douloureuse séparation, et un peu secouée démon voyage à toute vapeur.

u Votre Pape est superbe encadré. Je regrette de ne pouvoir lui mettre en pendant votre portrait à vous; donc le regret remplit cette lettre écrite en courant; et je finirai encore par un regret vivace, celui d'être si loin, si loin de vous! »

A MÈRE MARIE DE

« Kermôareb, 26 juin 1886.

« Ma chère Mère,

« Me voici entre le ciel bleu et la mer bleue. L'air me fait du bien. A part une souris, qui a élu domicile chez moi, et que je viens d'attraper, tout est en bon état et a bonne mine^ malgré la modestie de l'installation. Mes tamarins font forêt; je commence à jouir de leur ombre.

u Le bourg m'a fait son cordial accueil. Un chapelet d'enfants s'est allongé derrière mes barrières, et ces cinquante chapeaux et bonnets se lèvent, à chacune de mes apparitions.

(( J'ai vu mon recteur et son vicaire, excellents et d'aimable humeur.

a Un voisin maçon, père de famille, étant sans ouvrage, j'ai fait creuser un puits, et l'eau a jailli presque aussitôt. Cela manquait, et mon acte de chû.ité se trouve bien récompensé. Il y a une grande misère cette année, parce que le travail fait défaut.

« Je sens un peu d'w^wre, et ne pourrais subir ce que j'ai subi; c'est certain. J'ai besoin de repos.

« La maladie et la mort de tante Marie m'ont fait drainer l'argent chez mes éditeurs, puis l'achat de la ferme de Kéran est arrivé à la suite. Enfin j'espère boucher les brèches, si je puis travailler.

« Je pense partir d'ici, après avoir fait mes expéditions à Lorient et à Brest. Hélas! que de fatigues et de dépenses; mais il le faut.

(( Mes ouvriers dévorent mon temps. Quand je ne suis pas là, je trouve les oiseaux de ma tapisserie les pattes en l'air, et des clous gros comme mon doigt dans les plus délicates moulures.

«La salle à manger peut recevoir; c'est frais et joli.

« Ma lampe pendait de travers du plafond. La voilà droite, et cela me réjouit.

« La fille de ma MAre doit aimer la ligne droite et les choses corr'^'^tes; je les aime.

« J'ai retrouvé 'encens, et vais le porter à mon bon curé. Il m'a dit 4. l'une paroissienne avait donné une lampe d'autel avec bougies. Il m'a mise dans le secret^ et n'a pas deviné que c'était moi qui la lui avais envoyée de Paris.

« J'ai reçu ma pompe; une eau claire jaillit prè-"^'^e la maison ; j'arrose quand j'ai un moment.

CORRESPONDANCES. 5o3

« Je vis comme un anachorète, de légumes et de poissons. On sonnait hier devant moi; mulets superbes. Aujourd'hui, un bar de toute beauté; mais la chaleur est telle qu'il faut cuire immédiatement.

u l^'fmanche, procession. En attendant, tout le rcposoir est dans mon salon vert. Le soir, je vais à l'église; de jeunes garçons se groupent autour de mon prie-Dieu, et hurlent les vêpres à faire évanouir. — ■ En sortant, je réunis mes petits gars et leur fais un catéchisme; la rentrée dans ma maison vide est un peu mélancolique. Personne ne m'attend, ni ne me suit, mais je me loge au plus profond du cœur de ma mère, que Dieu Notre-Seigneur garde. »

A LA COMTESSE JULIETTE DE ROBERSART « Paris, 6 décembre 1886.

<( J'arrive de nouveau à Wambrechies, chère Comtesse; mais cette fois ne vaut pas l'autre; la lettre ne remplace pas l'ôtre. Néanmoins un peu de mon cœur se fourre sous ce papier, qui vous sera remis à la sortie de votre pieuse halte du matin.

« Il me semble que j'y suis encore, et que j*ai respiré la brume légère, transpar<pnte, « à la Corot », qui flotte sur le parc, à l'heure tic ja n\esse. Cette dernière fois, j'ai bien joui de votre hospitalité, de vousmême; c'est un bon moment qui i;',:,e laisse de doux souvenirs.

« Mon voyage a été sans encombre; j'ai porté précieusement entre mes bras le paquet aux longues o. Mlles, et n'ai point voulu m'en séparer à Chantilly, tant je craignais qu'il ne séduisît quelque passant en

y")4 ZÉNAÏDE FLEURIOT.

goût de civet. Malgré les instances de mes excellents amis, Bellanger et Poiret, dont la charmante habitation est des plus confortables et du meilleur goût, je suis revenue à Paris, le soir môme, par un temps menaçant. Et maintenant nous voilà, vous et moi, dans la neige; elle doit être joliment belle à Wambrechies, qui était tout à fait gracieux en paysage d'hiver. «

« Adieu », etc.

Le 8 mars 1887 mourait la princesse de Sayn Wittgenstein qui, depuis vingt ans, avait été pour Zénaïde une véritable amie.

C'est par Mme la princesse de Hohenlohe que nous avons eu quelques détails sur la fin de cette illustre chrétienne : laissons-la parler.

« Ma chère mère est morte le 8 mars 1887 ; un penchant à rhydropisie s'était déclaré peu de semaines auparavant. Les médecins avaient reconnu la gravité du mal, mais ils ne s'attendaient guère à une fin aussi rapide. Elle-même ne sentait pas sa fin approcher. Dans la journée du 8, elle avait eu un entretien avec son confesseur, et elle avait demandé les Sacrements pour le lendemain 9, anniversaire de sainte Françoise Romaine, pour qui elle avait une dévotion toute spéciale. Durant la journée , elle avait beaucoup souffert d'étouffements, et avait tenu ma main continuellement entre les siennes. Subitement, le soir, elle fut prise d'un grand allégement et assoupissement. Elle me dit fort tendrement bonsoir et renvoya même sa femme de chambre pour dormir, alléguant que toute personne qui se tenait auprès du

CORRESPONDANCES. aiiS

lit lui olait de Tair respirable. Je me retirai dans le salon voisin, où j'offris du thé au médecin qui était venu la veiller. En moins d'une heure, la femme de chambre entre effarée, et dit qu'elle avait remarqué à travers la porte ouverte que la tête do la Princesse avait glissé de Toreiller et qu'elle paraissait ne pas respirer. Le médecin accourut auprès d'elle, et la trouva morte. '>

Nous n'avons pas de lettres exprimant la douleur (le Zénaïde et le grand vide que laissa dans sa vie la disparition de celle qui suivait, avec tant d'intérêt et depuis si longtemps, la marche ascensionnelle de son talent, et lisait avec une sollicitude constante chacun dos livres qui sortaient de sa plume féconde. La princesse était, nous l'avons vu, pour notre auteur, un critique incomparable, dont l'affectueuse bienveillance rendait tout acceptable : cette mort lui fut une grande éprouve, sans compensation possible.

A MÈRE MARIE DE

« Kermôareb, 20 juin 1887.

« Ma chère Mère,

« Je viens vous donner des nouvelles que vous aimez : abnégation et charité sur toute la ligne.

« Que de malades ici! Quelles misères navrantes! A propos de la petite***, la fille d'un pêcheur, il y a une histoire à la George Elliot; quel tragique! Elle est sur un grabat souffrant le martyre, et malheurousomont les parents sont peu dévots.... Beaucoup do bien à faire. C'est une œuvre; mais il faut que vous m'en parliez, car ma misérable sensibilité esta l'agonie

quand j'y vais. Je lui ai porté aujourd'hui une image du Sacré-Cœur; il n'y avait rien sur les murs sales et humides. En plein vaccin, elle est allée à la côte : quand ils ne vont pas pécher, il n'y a pas de pain ; elle a été retirée d'un trou d'eau; et voilà cinq mois qu'elle est sur cette sale couchette sans linge. Pas une plainte, quoique son pauvre corps ne soit plus qu'une plaie.

« Je donnerai du pain le dimanche. Il y a une masse d'enfants. Le reste de l'histoire est alîreux. La pauvrette n'allait pas au catéchisme, parce qu'elle était à la côte; elle aurait mieux aimé avoir du pain, et s'asseoir tranquillement avec les autres.

« Il y a des cas bien douloureux encore. Ces gens-ci meurent de faim sans rien dire, les poupons sont superbes... et vivent.

« Enfin, abondante moisson de charité et de sacrifices, comme vous voyez, ma Mère.

« Année exceptionnelle sous certains rapports. Vous savez que je désirais être ici pour le reposoir. C'était un pressentiment. Ma belle coupe de cristal a été brisée; on a répandu des larmes à son sujet, ce qui ne me la rend pas. J'y tenais; il faut se détacher; je n'aurai plus que du cuivre. C'était pour le bon Dieu, et j'ai été très douce, bien que pestant intérieurement contre ces mains de fer.

u Adieu, etc. »

A LA MEME

« Kermôareb, 23 juin 1887.

« Ma Mère très chère ne m'écrit pas un mot. Pour

me consoler, je pense : pas de nouvelles, bonnes nouvelles. J'ai besoin de réconfort, dans mon coin. Je finis l'ouvrage qui paraît dans COuvrier. Il faut traiter ce sujet dramatiquement. J'en suis angoissée. J'aurais dû l'écrire à Paris.

« Nous travaillons dur pour mettre la maison ern^lat. On n'a pas l'idée du mal que je me donne. Et mon corps n'a plus l'invincible résistance d'autrefois, (^.louer me fait mal au bras, peindre me fait mal au cœur^ signes certains de décadence. Tout cela, sources de réflexions amères! Le vent a fraîchi et un rien m'enrhume. Le reste va. J'aperçois des enfants (jui mettent leurs petits bateaux à flot; ils s'amusent comme des bienheureux , et quelle mine ils ont!...

« Je suis toujours de cœur avec la chère Communauté. Ahl comme j'attends une lettre, la manne de mon désert, ma seule manne qui ne tombe pas directement du Ciel.

« Ayant vu sur l'adresse de votre dernière lettre : ' Mme (i. arrive à Auray, jeudi », je n'ai quitté la ville qu'après le dernier train venant de Nantes; Mme Guyot l'aura manqué; elle n'est point arrivée, et je suis partie.

<( Le beau temps, la fraîcheur du sol tout herbe et blé, ont bien adouci la solitaire arrivée. Et Dieu m'a fait la grAce de n'être point saisie par la tristesse.

« S'il y a quelque chose de consolant à mon exil, c'est l'excellence de ce pays. On vous y accueille comme si l'on n'attendait que votre arrivée pour être heureux! Un peu plus, les cochers me parlaient en

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vers. La Supérieure du Père étemel, inielligenle et bonne, m'a serrée dans ses bras; il y avait deux ans que je ne Tavais demandée au parloir, ce qui est

une ingratitude.

« J'ai eu la messe de six heures ce matin, et j'ai fait la sainte Communion. Demain, je dors la grasse matinée. Adieu, Mère toujours plus vénérée et plus chère. »

A LA MÊME

« Kermôareb, 23 septembre 1887.

« Voici donc votre retraite terminée, et j'arrive bien vite, ma chère Mère. J'ai passé une semaine de patience et de sacrifice.

(( Je viens de finir ii/o?? dernier livre^ et je me délasse près de vous. Je ne puis plus voyager sans une fatigue extrême. Je suis allée à Vannes, un peu pour combattre le spleen, un peu pour recommander la petite *** qui passait ce malheureux examen élémentaire, véritable montagne pour elle, attendu qu'elle a appris en deux ans, par un travail de nègrt ce que les autres apprennent en dix.

u Tous mes neveux sont partis chacun à leur tour. Après les dépenses entraînées par leur séjour ici, j'ai dû pourvoir encore à bien des choses, au moment de leur départ, et j'ai semé l'argent sans trop soupirer, ce qui est assez méritoire dans ma position. Je suis dans l'embarras; mes fermiers réclament des diminutions. Me voici donc obHgée de regarder à m. s dépenses personnelles ; et cela ne sera pas facile, elh sont déjà si restreintes.

« Il me faudrait beaucoup travailler encore; et je

sens venir la souffrance. J'ai une gêne au cœur qui me paralyse. Haleter comme cela, est un petit marlyre que jotï'rc à Dieu, pour Texpiation de mes l)échés. Sont-ce les glaces de Tâge qui agissent, comme dit Mère générale? Je ne sais; mais je continue à me réveiller dès l'aurore, et ne manque jamais la messe de six heures; j'entasse mes exercices, mais ils sont faits sans distractions. L'église est toujours ma consolation; il m'est doux de me plaindre à Dieu.

« Le révérend père du Lac vient de m'envoyer un très beau livre rempli de cœur, intitulé France^ avec cette dédicace :

u A MADEMOISELLE ZÉNAÏDE FLEURIOT

lîommaqe de respectueuse admiration^ et union de prières dans le Sacré Cœur de Jésus,

« Cantorbéry, 1888. »

u II n'est que les hommes supérieurs et humbles |ui sachent donner à leurs actes un cachet d'amabilité bienveillante. J'en ai été fort touchée et reconnaissante; vous le serez aussi.

(' Mère vénérée, obtenez-moi, par vos prières, un peu de ces forces qui m'échappent, et qui me seraient encore bien nécessaires* »

A MADAME PERRIGAULT DE KERÉVER '. Paris, 29 décembre 1888* «^ Ma chère Claire, ' '* Merci de tes bons souhaits^ et reçois les miens,

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pour toi et les tiens. Remercie ta fille Alix; j'attendrai pour lui répondre que ses sœurs aient enfin vu leurs lettres hors des mains de Mme de ***, à qui je les avais confiées. "

c( Je te charge de dire à ta sœur Marie que j'ai, de ma plume ^ écrit son nom et son adresse : rue Gouaran, sur une lettre de part du mariage de mon neveu Charles. Nous nous étions mis plusieurs à cette corvée d'adresses, mais je m'étais réservé Saint-Brieuc et Auray. Léonie m'ayant écrit que Marie allait peut-être tenir compagnie à Emma de ***, privée de son cher compagnon de route, j'ai hésité quelque temps à envoyer la lettre, puis j'ai lancé à Saint-Brieuc. Il faut toujours attendre pour juger les événements petits et grands. De loin, c'était quelque chose; de près, tu le vois, ce n'est rien. Je compte sur toi pour cette rectification.

« Oui; mon neveu Charles est heureusement marié. La noce a été fort brillante; la famille Dumoulin aime à faire grand, et le peut. Je ne te parlerai pas des toilettes, je n'y fais jamais attention; mais la mienne te donnera une idée du cortège. Il m'a bien fallu l'avoir, et hélas! la payer. Donc, j'étais en velours noir et satin gris argent. Ces costumes moyen âge, avec manches jusqu'à terre et traîne, ont vraiment de la noblesse. Ces longues manches étaient doublées du même satin à reflets argentés ; derrière, un large cordon indiquait la traîne, et une ceinture très lourde, toujours satin argent, se nouait plus bas que la taille et tombait sur la traîne. Chapeau idem : velours noir, motifs argent, aigrettes blanches. La plus élégante toilette de ma vie, enfin!

CORRESPONDANCES. iiCl

u A la messe, belle musique, louchants discours : quatre fauteuils dorés de chaque côté des mariés : mon frère et moi du côté de Charles; derrière, en cercle, chaque famille.

« L'oncle Robiou du Pont et sa femme, une Anglaise, très aimable, nièce de Mme de Kérigant, avaient fait le voyage, et les deux cousins aussi. Le cortège, à Paris, ne se compose que des proches parents. Par exemple, il y avait quatre filles d'honneur et quatre garçons d'honneur.

« Après ces réceptions, ces dîners, ces soirées, je suis tombée de fatigue, et ai souffert pendant un mois d'une révolution bilieuse; ce qui m'a empêchée de recevoir à mon tour. Maintenant, tout est fini; le jeune ménage est agréablement installé à Bar-le-Duc; grâce à Dieu, je ne reçois que des lettres de bonheur, et je reconnais, en même temps, que ma nièce est très gentille et bien élevée; elle dessine avec goût, et est musicienne. Mais surtout elle est pieuse et raisonnable.

« C'est parce que je suis encore convalescente, que je puis allonger ainsi ma lettre; ma porte est défendue, ce qui me laisse du temps.

« Heureuse année, ma Clairette! »

« Versailles, 31 décembre 1888.

« Monsieur * et Madame Scrret présentent à Mademoiselle Zénaïde Fleuriot leurs souhaits de nouvelle année. Ils ont appris avec une vive douleur qu'elle

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