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Mgr Gniliemiu
En revenant à Versailles, jy ai vu les bandes de prisonniers qu'on y amène sans cesse de Paris.
Jamais spectacle i^lus hideux, plus ignoble ne s'est présenté à ma vue; on ne peut se faire une idée de tout ce qu'il y a de sale, de repoussant, de patibulaii-e dans les figures et la contenance de ces révoltés, se traînant pé^iiblement au milieu d'une haie de soldats qui les fout murcher, les uns chauves, les autres à cheveux blancs avec des visages noirs de fumée et de poudre, et oit se peint quelque chose d'infernal; certaiii.s, boiteux, borgnes, cagneux et contrefaits, le tout entremêlé de fv. m III es marchant pieds nus, la tête échevelée comme dea bacchantes et acheiiant de douimr à ce tableau l'aspect le plus récoltant qu'on puisse voir.
Ure ^"inirode
Et c'est ainsi qu'hier et aujourd'hui, nous voyons d'heure en heure, passer des troupes composées de lOOO à 2000 de ce» vrais brigands.
Je voudrais que ceux qui vantent tant notre démocratie et qui font des vœux pour son développement, eussent été témoins d'un pareil spectacle: à coup silr, ils seraie7it moins empressés à vouloir remettre les destinées du pays en des mains qui ne savent que profaner les églises, piller, briller et assassiner au nom même de cette liberté qu'ils ne veulent que pour eux et à leur manière.
Il ^:>a?'a^i qu'en ce moment, V incendie dévore nos plus beaux monuments de Paris, et nous en voyons arriver la fumée jusqu'à Versailles.
On ne sait encore rien du sort des prisonniers renferm.es à Mazas; mais certes^ on comprend la frayeur dont ils doi-
<'lia|>itro Xlll - Visites et démarche»
vent être saisis, en voyant les atroces figures qui vont décider de leur sort.
Demain, nous saurons quelque chose de 'positif à cet égard, et dans 3 ou 4- jours, nous pourrons rentrer à Paris...
Je te remercie, mon cher Joseph, de V empressement que tu mets à me procurer de l'argent. On doit en avoir encore à Canton, après les 100 mille francs que fy ai envoyés; mais il est bon pour nos constructions d'avoir un jpôu d'avance.
Seulement, nous p)ouvons, sur une somme de 20 mille francs gagner de 1000 à 1500 francs, d'ajjrès la manière la plus économique de l'envoyer; et je vais faire télégraphier à Canton, pour avoir des renseignements à cet égard. Je ne recevrai guère la réponse avant un mois au plus tôt.
Si donc notre nouveau bailleur de fonds pouvait attendre jusqu'à cette époque, ce serait une bonne chose pour moi; sinon, il vaudrait mieux encore s'assurer cette somme, en la prenant de suite.
Fais pour le mieux. »
Au mois d'août 1871, les médeciDS l'envoient faire une saison au Mout-Dore pour soigner une bioncliite x^ersistante qui donnait quelque inquiétude.
Il rentre ensuite à Paris d'où il écrit à son frère le 14 octobre: " Je suis toujours, soit à Versailles, soit à Paris, occupé des affaires de ma Mission, qui me semblent réclamer dans ces deux grand centres.
« Dieu soit béni ! Je crois que la grande question des 100 mille francs promis par l'Empereur, est maintenant trancliée et d'une manière bien nette.
« Mercredi dernier, j'assistais pontificalement à l'enterrement de M. Lambrects, Ministre de l'Intérieur, et je faisais l'absoute. Or, le soir de ce même jour, je recevais une lettre du Ministre des Affaires Etrangères, m'annonçant qu'il remettait à ma disposition les 100 mille francs qui m'avaient été alloués par l'ancien gouvernement, et qu'il allait en écrire à M. de Eocbechouart, qui sera sans doute peu satisfait de cette nouvelle, mais qui devra bien, bon gré mal gré, s'y conformer!.
« N^ous aurons en effet reçu 525 mille francs de l'ancien gouvernement de l'Empereur, résultat de mes bonnes et anciennes relations; et il y a bien un peu de quoi être jaloux pour M. le chargé d'affaires à Pékin, qui n'obtient peut-être pas
INTENTIONAL SECOND EXPOSURE
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En revenant à Versailles^ J ij ai vil les bandes de prisonniers quon II amène sans cesse de Paris.
Jamais spectacle plus hideux, plus {(ptoble ne s'est présenté à ma vue; on ne peut se faire une idée de tout ce qu'il y a de sale, de repoussa)it. de patibulaire dajis les jixjures et la contenance de ces récoltés, se tra/uant j/éniblemeiit au milieu d. une lioie de soldats qui les fo)d m<irclier, les uns chauves, les a/dres à chcreu.r blancs arec des risai/fs noirs de fumée et de poutlre, et au se peiut (pK'lipie cl/ose (V infernal; certains, Ixiittu.r, borijues, cof/iteu.c et c<iiit refaits, le tout entremêlé de J'fiinin's ni(irch(t)it pieds inis^ la tête écherelée comme (/<'„■ b(tcch(ii/f(s et <i(-li('riiiit de doiim'r à r<' tableau l'aspect le plus réroltaiit qu'o)i jfuisse voir.
J^t c\'st ainsi quHiier et aujouriVhui, nous voyons d'heure en heure, passer des troupes composées de lOOO à 2000 de ces vrais briyands.
Je voudrais (pie ceux qui vaideut tant notre démocratie et qui font des vceux jtour son dérelo2)j>e}neid., eussent été t<^moins d'un pareil sj)Cctacle: à coup sur, ils seraient moins emjnessés à vonloi)- remettre les destinées du^ pays en des mains qui ne savent que profaner les églises, piller, brûler et assassiner au nom même de celte liberté nii ils ne veillent que poar eux et à leur manière.
Il q)arait qu'en ce moment, riuroidlo dévore nos p)l^i8 beaux monuments été Paris, et nous en voyons arriver la fumée Jusqu\ï Versailles.
On ne sait encore rien du sort des prisonniers renferm,és à Mazas; mais certes, on comprend la frayeur dord ils doi-
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vent être saisis^ 6)1 iH)ijauf fes atroces f (jures qui vont décider de 1^11^1' >^ort.
])emain, nous smirons (ptelqiie cliose de positif à cet égard, et dans o on 4 jours, nous pourrons rentrer à Paris...
Je te renio'cie, luon cher Jo.scpJ/. de r ou/) ressèment </ne tn mets à vie procfircr de rarjeut. Ou doit eu aroir encore à Canton, après les li}() mille /roues (jue f ij ai eiiuoi/és; mais il est bon pour nos coustruetious (Va noir un pju (Vauaiice.
Seulement^ nous jxHtrous, su/- une somme de 20 mille francs gagner de 1000 à loOO francs, d'après la utanière la plus écononiique de renuoger; et Je rai.s faire télégraphier à Canton, pour avoir des renselguemenfs à cet égard. Je îie recevrai guère la réponse a vaut nu. mois au. plus tôt.
Si donc notre nouveau bailleur de fomls jnniva.it attendre jus(ptii cette épo(p(e, ce serait une Ixniue cliose pour moi; sinon, il vaudrait mieu.r encore s'assurer cette somme, en la prenant de suite.
^ais pour le mieux.» ' :■
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An mois (l'août 1<S71, les nu'Mlcciiis l'ciivoicîiit faire une saisou an Moiit-Doi'c^ ixnu- soigner uik' hioncliito ixusistaiitc qui donnait <iuel(|U(' inquiétude.
11 rentre en.suite ;\ Taris d'où il écrit à son frère le 14 octobre: " Je suis toujours, soit à \<'rsailles, soit à Taris, oecupé des atfaires de nui JMission, (|ui nu' semblent réelamer dans ces deux grand centres.
« Dieu soit béni ! Je crois <|Ue la urande question des 100 mille
francs promis par l'Empereur, est n)ain tenant tranchée et d'une numière bien nette.
« Mercredi dernier, J'assistais pontiticalenu'nt à l'enterrement de M. Lambrects, jNIinistre de l'Intérieur, et je faisais l'absoute. Or, le soir de ce mênie jour, je reccNais une lettre du Ministre dos Affaires Etrangères, m'annon(;ant qu'il remettait à ma disposition les 100 mille francs qui m'avaient été alloués par l'ancien gouvernement, et qu'il allait en écrire à M. de llochecliouart, qui sera sans doute peu satisfait de cette nouvelle, mais qui devra bien, bon gié mal gré, s'y conformer!.
« Nous aurons eu eflét reçu 525 mille francs de l'ancien gouvernement de l'Em]jereur, résultat de mes bonnes et anciennes relations; (;t il y a bien un ])eu de (]uoi être jaloux pour M. le chargé d'attaires à Pékin, qui n'obtient peut-être i>a8
Afgr Gnlllemiii
pour lui tout ce qu'il voudrait; mais qu'il se console!! nous en ferons un bon usage.!
« Ce serait bien le cas, après une si consolante victoire, d'aller me reposer un peu auprès de vous; mais mon temps est pris à Versailles, à faire mes visites à nos autorités, pour les remercier.
« A M. et à M"^" Thiers qui se plaignent que je n'assiste pas à leurs soirées, à M. le Ministre des Affaires Etrangères, à ceux de la Marine et de la Guerre, tous personnages avec qui j'ai à faire et de qui il faut bien tirer quelque chose dans l'intérêt de nos Missions.
« Cela fait, j'aurai à ni'occuper d'un mémoire que plusieurs de nos Vicaires apostoliques me demandent pour combattre les faclieuses décisions prises au sujet de notre règlement. C'est chose encore bien nécessaire pour l'avenir de notre Société et dont je ne puis refuser de me charger; ce qui fera passer le temps de nos vendanges, san& que je puisse m'y rendre. C'est une privation, mais le devoir avant tout.
* J'ai appris avec peine l'état de santé du jjetit Léonce, et comme toi, j'ai été contrarié de la détermination que tu as cru devoir jjrendre pour le ménager.
L'éducation dans un collège et surtout venant de maîtres aussi habiles que les Pères jésuites, est bien certainement préférable à tout autre; mais il faut bien aussi tenir comi)te des circonstances particulières où l'on se trouve.
'< Il me semble que cet enfant ne prenait pas assez d'exercice et ne se uouriissait pas suffisamment. Il te faut donc avoir l'œil à ces deux points. "
Ses courses qu'il multiplie, sont fructueuses pour sa Mission; il recueille partout d'abondantes aumônes pour son église et des souscriptions pour l'œuvre des Catéchistes, œuvre qu'il a tant à cœur.
Pour témoigner sa gratitude aux bienfaiteurs, il leur envoie de petits présents consistant en porcelaines chinoises, vases de bronze, bâtons cueillis à Sancian, images, petites Croix bénites sur le tombeau de St. François Xavier etc:.... «Le ministre des Affaires Etrangères, écrit-il le 22 octobre, m'ayant rendu mes 100 mille francs, il serait bon de lui en témoigner ma reconnaissance par quelque souvenir de Chine. Envoie-moi donc un des beaux grands vases en bronze que j'ai apportés de Canton; ce vase étant très ancien, c'est bien, je crois, ce que j'ai de plus précieux. Et comme M*"®, de Eémusat sa belle-fille, jeune veuve très pieuse, m'a aidé beaucoup et peut m'aider encore, envoie-moi aussi pour elle une des petites cais-