SCÈNE V I I I
Dom CARLOS, TELA5GO.
Dom CARLOS.
AppoRCHE , bon vieillard ; d'une guerre nouvelle , Tes Sauvages armés vont aiîliger ces bords ?
Ils vengeront mon fils.
Dom CARLOS.
De leur haine éternelle J'espère triompher; seconde mes efforts : Tu connais les détours et la route secrette De ces bois, que les tiens ont choisis pour retraite. De mes ordres chargés , mes guerriers sur tes pas Iront trouver vos chets,
Dans ces tristes climats , Li liberté n'a plus qu'un seul asile; J'aurais, pour le trahir, une ame assez servile I
Opéra, i5
Non, non, ne l'espërcz jamais.
Dom C^A R L O S.
Songe à monter mes bienfaits j
Cette liberté si chérie
Est le prix que je te proînets*
Mais, de celle de ma patrie.
Puis je trahir les intéi'j^s ?
f\oiif non, ne l'espérez jamais.
Dom CARLOS.
Ne sais-tu pas que ma demande Est un ordre sacré pour toi ?
L'honneur est ma première loi.
Dom CARLOS.
Crains d'irriter un maître qui commande j L'esclave est lait pour obéir.
L'esclave est fait pour obéir!
Je vous servais avec courage.
De même je saurai mourir.
Mais ton refus est un outrage.
Vengez-vous de cet outrage, Et faites-moi mourir 1
Dom CARLOS, à part f
J'admire son courage.
Et j'espère encor le fléchir.
La mort , la mort me devient chère , Lorsque je meurs pour mon pajrs.
Dom CARLOS.
Ma bonté suspend ma colère ; Mais tremble si tu n'obéis.
TELASCO, à part.
O mon cher fils I bientôt j'espère.
Tous deux nous serons réunis.
ENSEMBLE
TELASCO. Dom CARLOS.
La mort, la mort me devient chère, Ma bonté suspend ma colère ; Lorsque je meurs pour mon pays. Mais tremble si tu n'obéis,
( Télasco son. )