LE MUSÉE GRÉVIN. — ARTISTES ET HOMMES DE LETTRES
Grévin n'a pu s'empêcher de leur placer des hirondelles, des crevettes ou des mouches d'or sur les épaules ; il avait été question de leur donner, à chacun, une Muse, mais la Censure, effrayée, n'a pas voulu laisser passer la Muse naturaliste d'Emile Zola.
Vignette de Robida, pour le Musée Grévin (la Caricature, .5 Juillet 1882;.
Le grand, le sublime, le divin Zola! Oui, c'est bien cela, la ligue de tous les médiocres, de tous les pédants, discutant : mieux même, niant Zola — car discuter, c'est reconnaître — qui, dès le premier moment, leur était apparu encombrant et dangereux, par la puissance même de sa production, puis cherchant vainement à l'éreinter, à le
1879. LA GRANDE PARADE avec coups de tamtam, cris d'animaux et musiques variés, par A. Robida. ENTREZ ! VENEZ VOIR! NANA! spectacle offert à la jeunesse naturaliste.
« C'est pas du marbre, ça, c'est de la chair ! et toujours si peu habillée!... En avant la musique ! Venez voir la fille à Coupeau; demi-place pour les militaires; on ne paye qu'en sortant si l'on est content et satisfait... et ceux qui ne seront pas contents sont des mufles ! « GRAND THÉÂTRE EXPÉRIMENTAL ET DÉGOUTANTISTE, EMILE ZOLA, DIRECTEUR « A bas la convention ! Zut aux vieilles blagues sentimentales et conventionnelles et place à la littérature naturaliste, médicale et dégoûtantiste !
« Plus de rengaines, ni de ficelles ! Au théâtre dégoûtantiste tout a été expérimenté ' Le directeur et les artistes en font parfois des maladies, mais l'art avant tout ! »
Au premier plan, faisant la parade, Zola et Alexandre Dumas (malgré sa ressemblance avec Barbey d'Aurevilly). Sur l'affiche placardée à droite du théâtre on lit : La Gosseline à JSana, opérette expérimentale par Wast-Ricouard (je ne sais pourquoi Robida doublait son V), Musique d'Huysmans.
(La Caricature, 1879,)
Retour de 1' ilysée. Inauguration de la statue Les vils idéalistes.
d'Emile Zola.