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L'IMMORTEL EMPORTANT ZOLA A TRAVERS LES AIRS

L'Année dans un fauteuil (1888).

Emile (tombant à genoux). — Admirable vision !

"L'Immortel. — Qu'as-tu fait de ce hautain désir, de ce coeur qui créait un monde en soi-même, qui le portait et le fécondait? Émile, où es-tu? Est-ce bien toi qui te prosternes devant moi comme un lâche insecte?

"Emile. — Esprit académique! combien je me sens petit auprès de toi, moi le plus misérable des enfants de la terre !

L'Immortel. — Que me veux-tu?

Emile. — Je veux être comme toi vêtu: gilet blanc, habit et pantalon verts, l'épée au côté, le bicorne au front!

A moi le Fauteuil !

Ses chaudes caresses !

A moi ses mollesses Qui vous ferment l'œil.

L'Immortel. — Soit !

Emile. — Mais, quelle obligation devrais-je remplir en retour ? "L'Immortel. — Renoncer au naturalisme, à ses descriptions romantiques, à ses convulsions classiques.

Emile. — A tout ce que tu voudras, c'est dit. ' (Alors, s'aidant d'un manteau, l'Immortel emporte Emile à travers les airs,)

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