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EMILE ZOLA A LONDRES

— Adieu, mon cher « Gorgon Zola ». Au revoir. — Oh ! yes ! Merci.

(Ally Sloper's Half-Holiday, de Londres, octobre 1893.)

Le personnage au gros nez bourgeonné, qui reconduit ainsi affectueusement le maître jusqu'à la gare, est le célèbre Sloper, un des types de la caricature populaire londonienne, que l'on voit sans cesse apparaître dans les colonnes du Ally Sloper's.

aux gestes du corps !

Combien défilent en ce volume, depuis le Gill de 1876, jusqu'au très beau Léandre de 1897 ; — depuis l'écrivain à thèse jusqu'au vieux lutteur, alors déjà un peu désabusé, du Paris, à qui Léandre a su donner une expression singuliè -

LA BÊTE HUMAINE (1890) Aquarelle de H. Lebourgeois. L 'Œuvre de Zola (Bernard, éditeur, 1898).

rement sarcastique ! Hope, Moloch, Demare, Pasquin, Sapeck, Luque, Belon, Hix, Sahib, Pohson, Gohl, Alfred Le Petit , Cazals , Frimm , Gilbert-Martin, Bac, Blass, Uzès, Guillaume, Vignola, Charly , Schlaich , Véber , Caran d'Ache, Stop, Robida, Valotton, Forain, Gil-Baër, Lebègue, Clianteclair, Eric, tous ont essayé de le portraiturer caricaturalement; mais peu parvinrent à le voir sous un jour absolument comique. Cependant certains doivent être retenus. Tels le Zola en paysan, de Valotton ; tels les Luque, réellement vivants sous le costume du chiffonnier ou du mineur; tels le Zola et le Daudet, de J. Belon, qui ont au moins le grand mérite de nous donner des gens de lettres et accusent une pittoresque recherche de la physionomie générale — tels les Robida, qui étourdissent par la variété des physionomies et des expressions, qui dénotent chez l'artiste la très exacte connaissance de l'homme (son Zola doux rêve est un chef-d'œuvre de physionomie caricaturale) — tel encore le Zola, de Gilbert-Martin, offrant son bras à l'Académie — tels les Poirson, si justes de mouvement et d'allure, donnant l'homme dans son corps et bien d'aplomb sur ses jambes — tel même

Composition décorative du dessinateur anglais Aubrey Beardsley.

PORTRAITS-CHARGES DU MAITRE

le Zola de Veber, poursuivi par toute une humanité clopinante, gesticulante, hurlante, — tels, enfin, les Lebègue, les Loron, tous les Zola de V Année dans un fauteuil, et le Zola en pointillé, de Bac, qui se trouve être, en même temps, une très amusante charge du genre de Claude Monet.

Je ne parle pas, et pour cause, de tous ceux qui, outrant le procédé cher à André Gill, se contentent de placer une grosse tête photographique sur un corps plus ou moins trapu, et par ainsi, se figurent faire du portrait-charge. Avec Gill, cela pouvait passer, d'abord parce que c'était les débuts du genre, ensuite parce que l'artiste y mettait

Zola a posé une fois encore sa candidature à l'Académie française, mais il a échoué à nouveau. Quoique visant de près, il n'a pu atteindre dans le mille.

(Strekoza, de Saint-Pétersbourg, 1894.)

LA DÉBÂCLE (1870-71) 1892 Aquarelle de H. Lebourgeois. L'Œuvre de Zola (Bernard, éditeur, 1898)

beaucoup de son cru, de sa technique du dessin. Mais aujourd'hui!

Dans tout cela il n'a pas encore été question de la caricature étrangère, des images publiées de côté et d'autre — un peu partout — chaque fois que, par une œuvre nouvelle, le grand écrivain attirait sur lui l'attention, on peut le dire, du monde entier. On le sait, c'est par sa force d'expansion à l'étranger, qu'il a fini par s'imposer dans son pays, en

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