CHEZ L'AUTEUR DE " LA DÉBÂCLE
— De la part de qui ?
— Du syndicat des camelots.
— Eh bien ! vrai, vous lui deviez bien ça !
Doux pays, par Forain. (Le "Figaro, 24 février 1898.)
réalité, l'affaire Zola tant et si bien qu'elle finit par absorber entièrement la personnalité du grand écrivain.
Ce qu'avait fait Zola, en la circonstance, tout le monde le sait. Assoiffé d'équité et d'idéal social, aussi candide que généreux, il s'était mis en tête de partir en guerre contre
Composition de A. LE- ROUX, gravée par Froment père, pour Vers les Temps meilleurs, d'Anatole France (Edouard Pelletan, éditeur).
les idées reçues, de rompre des lances en faveur de la cause du droit et de la justice, pour la défense d'un innocent injustement condamné.
Alors que la grande majorité du pays tenait l'innocent pour coupable, alors qu'elle se refusait à enquêter, à s'enquérir par elle-même, du pjlus ou moins de véracité des histoires de brigand, des contes à dormir debout qu'on lui débitait; alors qu'elle ne demandait qu'une seule chose : voir au
plus tôt enterrer l'Affaire, Zola, se posant en chevalier de la vérité méconnue, provoquait au combat ses concitoyens et son pays, et renouvelait un des gestes chers aux grands romantiques.
Seulement quand Victor Hugo rimait ses Châtiments et, magnifiquement, dans l'exil, s'écriait :
Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là !
il se trouvait, en réalité, en une sécurité suffisante vis-à-vis
du pouvoir, du bras séculier qu'il narguait; — alors que Zola, lui, quand il lançait son J'accuse à la face de ceux qui venaient de condamner; quand il paraphrasait à sa façon le défi du grand Romantique,
«Je ne puis trouver la gloire à l'Académie, disant en termes clairS, j'irai aux Assises. »
(Le Pèlerin. 13 mars 1S98.) nets et touchants :
Et s'il n'en est qu'un, je serai celui-là î