‹ Zone a Avicula contorta; ou, Étage Rhaetien; état de la questionChapitre 19 sur 63 · SUISSE ET SAVOIE · texte numérisé non relu

SUISSE ET SAVOIE

Ce n’est guère qu’à partir de 4855 que la zone à Avicula contorta commence à être entrevue par les géologues suisses et savoisiens.

M. Gabriel de Mortillet (1) nous paraît être le premier qui en ait signalé un gisement bien caractérisé à l’ouest de Meillerie, sur les bords du lac Léman, et puis, un autre au-dessus de Montreux, sur la rive opposée, là où MM. Studer et Escher de la Linth avaient cru voir un équivalent du Saint-Cassian.

Il est vrai que depuis la publication de leur carte géologique de la Suisse, ces auteurs avaient complétement changé d'opinion à l'égard des dépôts dont il s’agit.

En effet, dans une lettre adressée à M. G. de Mortillet, et publiée par ce dernier dans sa Géologie et Minéralogie de la Savoie (2), M. Escher de la Linth s'exprime ainsi :

« Ce qui est noté dans la carte géologique de la Suisse, « t4, terrain de Saint-Cassian, n’est, d’après des recher- « ches plus nouvelles, pas l'équivalent du véritable Saint- « Cassian ; mais ce t # est le représentant et la continua- « tion directe des Koessener-Schichten des géologues

(1) Prodrome d’une Géologie de la Savoie, in-4e avec coupes, 1855. (2) Annales de la chambre royale d'agriculture et de commerce de Savoie, t. IV, Chambéry, 1858.

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ZONE A AVICULA CONTORTA autrichiens. Nous sommes tous d'accord que ces Koessener-Schichten reposent au-dessus des dolomies triasiques, jui, elles-mêmes, sont superposées au Keuper ou Saint-Cassian, de manière qu’il n’y a pas de divergence d'opinion sur le gisement. Toute la différence consiste en ce que les Autrichiens classent les Koessener-Schich-

. ten dans le Lias, en disant qu’ils contiennent un certain

nombre de fossiles liasiques, tels que Am. bisulcatus, Brug., Am. kridion, Hehl., Lima gigantea, etc., tandis que M. Mérian et moi, considérons les Koessener-Schichten comme l'étage le plus supérieur du Trias :

« 4° Parce que dans les contrées que nous connaissons, nous n’avons trouvé dans ces couches aucun fossile qui soit connu du Lias des autres contrées ;

« 2 Parce que les couches à Arietes se trouvent constamment au-dessus des Koessener-Schichten ;

« 3° Parce que la faune des Koessener-Schichten rappelle par plusieurs formes, notamment pas ses Aviculæ gryphœatæ, les formes triasiques.

« Vous pouvez donc, continue M. Escher de la Linth, considérer les couches indiquées t 4, comme Trias le plus supérieur (facies marin des couches les plus hautes du Keuper allemand), ou bien comme le Lias le plus inférieur, mais dont l’équivalent n’est, jusqu’à présent, nulle part compris sous le nom de Lias, excepté dans les travaux des Autrichiens. »

M. de Mortillet, cependant, ne peut se résigner à voir dans

ces couches le dernier terme du Trias. Il lui paraît, dit-il, plus naturel de les rapporter au Lias dont elles formeraient la partie la plus inférieure. | | LR Te

Cet auteur y a recueilli l’Avicula contorta (Avie. 1 Escheri,

Mer.), le Pecten Valoniensis, une huitre qu’il considère comme nouvelle (0. Pictetiana), et qui n’est peut-être

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