‹ Zone a Avicula contorta; ou, Étage Rhaetien; état de la questionChapitre 25 sur 63 · VÉGÉTAUX · texte numérisé non relu

VÉGÉTAUX

Mantelia cylindrica. Vic.

Clathropteris meniscioides, Vezelize, Houdailles. Equisetum columnare, id.

Et divers débris indéterminés.

Les grès et sables de Martinsart que M. Dewalque place à la partie la plus inférieure du Lias, entre les marnes irisées et la marne de Jamoigne (2), seraient encore, dans cette région, un équivalent de notre horizon litigieux. L'auteur les considère comme synchroniques du Bone-bed anglais, et MM. Dumont et Chapuis se sont antérieurement prononcés dans le même sens.

Dans le département de l'Ain, où les dépôts équivalents

sont, paraît-il, fort bien développés, M. Jules Itier les rap-

porte également au Lias, en faisant remarquer qu'ils passent par nuances insensibles au calcaire à gryphées (3).

(1) Probablement Schizodus posterus , Deff. et Fraas, sp.

(2) Note sur les divers étages de la partie inférieure du Lias dans le Luxembourg et les contrées voisines (Bu/. soc. géol., % série, t. XI, p. 234. 1853).

(3) De la Constitution géologique du département de l'Ain (Annales des sciences physiques et naturelles, d'agriculture et d'industrie de Lyon, 2e série, t. VIL, p. 240. 1855).

Trois termes distincts constituent, selon l’auteur, le terrain liasique de cette contrée : 4° le grés infra-liasique ou quadersandstein ; 2 le calcaire à gryphées ; 3° le calcaire marneux à Bélemnites.

Le grès infra-liasique repose toujours sur les marnes irisées avec lesquelles il se trouve mélangé à la partie inférieure ; il s’observe à Champfromier, à Gratoux et à Vaux-

Fevroux, où sa puissance varie de six à douze mètres. Il

est formé dans la partie moyenne, de grains siliceux jaunàtres, quelquefois verdâtres, faiblement agrégés et s’égrenant sous les doigts. On y a recueilli des débris de pois-

sons, parmi lesquels des dents de Pyenodontes et différentes.

coquilles appartenant aux genres Pecten, Mya et Modiola.

A la partie supérieure, ce grès siliceux se charge de par-

ticules calcaires et passe au calcaire gris siliceux, cristallin, contenant des dents des mêmes poissons qui viennent d’être signalés. Puis à ce calcaire siliceux succède le calcaire à gryphées proprement dit.

M. Jacquot, d’un autre côté, dans la note qu’il consacre à déterminer la place qu’occupe le grès d’Hettange dans le

Lias (1), reconnait un grès infra-liasique entre la dolomie

du Keuper et les marnes rouges du Lias; mais il refuse

d'appliquer cette dénomination au grès d’Hettange qui, se-

lon lui, est, comme le grès de Luxembourg, de même âge que le calcaire à gryphées.

L'auteur en donne pour preuve la coupe suivante, rele- : vée sur la route d’Arlon à Liége, entre Bellevue et l’Ar-

denne :

1° Calcaire à gryphées, bleuâtre, en couches de trente à quarante centimètres d'épaisseur ;

2 Grès de Luxembourg, caleareux au-dessus et très fossilifère, quarante à cinquante mètres ;

(1) Bull. soc. géol., % série, t, 12, p« 1286. 1855.

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8e Marnes brunes renfermant des concrétions calcaires grisâtres et quelques assises de calcaires sableux, pyritifères, d’un gris-bleuàâtre avec Ostrea arcuata et Lima qigantea ; 4 Marnes rouges sur une épaisseur de quatre à cinq mètres ; 5° Grès infra-liasique composé d’alternance de grès ferrugineux, micacé, renfermant quelques empreintes de bivalves. On observe entre les banes de grès, de minces assises de marnes feuilletées ; 6° Étage supérieur du Keuper très peu développé, mais suffisamment caractérisé par ses dolomies rognoneuses, grenues et celluleuses par places, qui paraissent immédiatement au-dessous du grès infra-liasique, et, vers le bas, par quelques assises de marnes fortement irisées ; 7 Dolomie moyenne du Keuper, grisâtre, formant des couches assez régulières, à surface lisse ; 8° Marnes irisées, etc. 4 Mais M. Terquem n’admet pas ce classement et sontient que dans le grand duché du Luxembourg comme à Hettange les assises qui recouvrent les marnes irisées proprement dites se présentent dans l’ordre suivant, de haut en bas (1) :

4 Calcaire à gryphées arquées ; 2% Grès calcareux infra-liasique ; 3° Calcaire gréso-bitumineux, sans Gryphées arquées, discordant avec l’assise suivante ; 4 Grès cristallin, micacé, concordant avec l’assise suivante ; d° Marnes irisées.

(1) Paléontologie de l’Etage inférieur de la formation liasique de la province de Luxembourg et de Hettange (Moselle) (Mém. de La soc, géol. de France, t. V, 2% partie. 1855).

D’après l’auteur, le n° 4, grès micacé cristallin, stérile, discordant avec le calcaire gréso-bitumineux et concordant avec les marnes irisées, est keupérien. Il est synchronique des grès d'Helmsingen, Loevelange, Martinsart, ete., et ne saurait être compris dans la formation liasique.

C’est à la partie inférieure de ce grès cristallin, n° 4, que se trouve le Bone-bed, dont la présence a été reconnue sur plusieurs points du département de la Moselle, dans le Bas- Rhin (Oberbronn), et dans le Jura du Wurtemberg. Ce dépôt, de quelques centimètres d'épaisseur seulement, se compose de petits cailloux avec ciment marneux et renferme une très grande quantité de dents et d’écailles de poissons, des genres Saurichthys, Gyrolepis, Hybodus, Acrodus, ete. cop

Cette manière de voir semble dès ce moment partagée par M. Ed. Piette, qui nous montre, aux environs d’Aiglemont et de Rimogne (1), la première assise du Lias sous forme de cailloux roulés, reliés entre eux par un ciment siliceux, et à travers lesquels se trouvent mêlées la Plicatula Hettangiensis, des Cardinies et autres espèces d’Hettange.

Ce dépôt qui n’a guère plus de 0" 30 cent. d'épaisseur, repose sur les quartzites siluriens et supporte directement des grès à grains fins dont la faune, très remarquable, correspond à celle d'Hettange, de Luxembourg, de Jamoïigne et d'Halberstadt. ;

Toutefois, M. Élie de Beaumont persiste à considérer le grès du Luxembourg comme synchronique du calcaire à gryphées et donne le grès de Vic (Meurthe), comme type du grès infra-liasique (2).

M. Levallois partage à tous égards cette manière de voir, et M. Dewalque qui se rattache à la même opinion, conteste

(1) Bull. soc. géol., 2e série, t. XIIT, p.188. 1856, (2) Id., id., id., p. 219,

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en outre que les grès d’Helmsingen, Locrelange, Martinsart, etc., soient en discordance de stratification avec le calcaire gréso-bitumineux (1), ainsi que l’a avancé M. Terquem. | Enfin, M. Koechlin-Schlumberger réunit également au Lias les grès qui, dans le Haut-Rhin, se trouvent compris

. entre le calcaire à gryphées et la dolomie du Keuper (2).

Nous n’avons rien dit encore de l'opinion de M. d’Archiac sur le sujet qui nous occupe ; il ne convient pas de différer plus longtemps à la faire connaitre.

* Sans rappeler ici quels ont été dans la question, les résultats des recherches du savant professeur, dans l'Indre, la Dordogne, la Corrèze, le Rhône, etc. (3), nous nous bornerons à citer textuellement son appréciation au sujet du groupe infra-liasique à propos du classement adopté par M. Leymerie. Cette citation fixera mieux que tout ce que nous pourrions dire sur sa manière de voir à cet égard.

« Au nord de Lyon, dif ce savant, le Lias circonscrit le « massif oolitique inférieur dans les directions de l’ouest et « du sud, reposant tantôt sur le Trias, tantôt sur le terrain « de transition, ici sur les porphyres, là sur les roches « granitiques anciennes. Il résulte de ces relations variées « que les premières couches de l'ère jurassique ont, comme « sur le pourtour du plateau central, des caractères assez « complexes qui rendent leur étude difficile, et ont donné « lieu aux opinions les plus contradictoires sur leur véri- « table niveau géologique. Nous retrouvons ces discussions « théoriques partout où cette disposition se présente, et « dans ce cas les géologues qui ont le plus observé, qui « ont comparé le plus de faits à de grandes distances, étant

(1) Bull. soc. géol., 2e série, t. XIV, p. 724. (2) Id., id., t. XIII, p. 740. 1856.

(3) Histoire des Progrès de la Géologie, t. VI, p. 373, 485, 508, 681, 687, ete.

ceux qui se trouvent dans les conditions les plus favora- « bles pour bien juger des choses, nous avons dû nous « ranger à leur opinion, ainsi qu’on l’a vu jusqu’à présent. « La liaison de certain système de couches arénacées, cal- « aires et magnésiennes avec le Lias dont il ecnstitue l’é- « tage inférieur, nous a paru trop de fois démontrée par « les caractères stratigraphiques et paléontologiques pour « que nous ne l’adoptions pas Comme un fait incontesta- « ble (1). »

M. Coquand n’est pas moins décidé dans son opinion au sujet du classement des dépôts arénacés qui, dans les montagnes de la Serre, Jura, affleurent au-dessous du calcaire à gryphées.

« Le Lias, afirme ce géologue, débute dans le massif de « la Serre, par un grès quartzeux jaunâtre, à grains fins et « miroitants, présentant tous les caractères d’un quartzite « de transition. On y rencontre quelques fossiles, et entre « autres des Pecten à côtes aiguës. Ce grès, assez commun « au lieu dit Champ-Rouge, près de Moissey, sépare très nettement la formation jurassique de la formation triasique ; il est employé comme pierre à aiguiser (2). » Nous avons donné précédemment un aperçu de la coupe: du tunel de Blaisy, à travers l’Infra-Lias et les terrains inférieurs. Voici maintenant des détails plus circonstanciés sur la nature de ces dépôts et sur les corps organisés qui s’y trouvent enfouis. C’est à M. Zienkowicz que nous les devons (3).

« Entre les puits 12 et 16 du souterrain, dit ce gén: « la galerie a été excavée dans l'étage infra-liasique. La « puissance de cet étage varie de 8 mètres 30 centimètres

(1) Histoire des Progrès de la Géologie, t. VI, p. 676. (2) Bull, soc. géol., 2e série, t. XIV, p. 36. 1856. (3) Id., id., id., p. 774. 1857.

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« à 40 mètres 50 centimètres; par sa nature minéralogi-, « que il présente deux assises bien distinctes : l’assise su-, « périeure se compose de deux bancs minces de grès, de « calcaire marneux (le même qu’on exploite à Pouilly pour « la fabrication du ciment), et de petits lits de marne noire; & l’assise inférieure présente des bancs de grès alternant « avec des bancs de marne, et une couche puissante de « marnes (quatre à cinq mètres), renfermant une grande « quantité de dépôts de grès, en forme de lentilles, d’é- « paisseur et d'étendue variables, dont les grains varient « depuis le sable le plus fin jusqu’au gros gravier. Ces dé- « pôts de grès renferment des fossiles (vertèbres de sau- « riens, dents, etc.) ; ils contiennent aussi des nodules en « plaquettes, dés sulfures de zinc et de fer ; mais c’est sur- « tout dans les bancs minces de marnes et dans la grosse « couche de marne que les plaquettes de sulfures de fer « sont très abondantes. »

- Dans la Charente, comme sur tout le pourtour du plateau central, nous dit encore M. Coquand, la formation jurassique débute par des masses très puissantes de grès feldspathiques, solides ou sableux (1). On peut en voir de belles coupes dans les environs de Cherves, de Chatelard, de Genouillac, de Cherchonnies, d’Épénède, d’'Écuras, ete. A Cherves, on remarque quelques bancs subordonnés de jaspes jaunes et bruns, contenant plusieurs fossiles du grès d'Hettange.

« Aux arkoses, poursuit ce géologue, succède le Lias in- «. férieur. Cet étage consiste en un calcaire dolomitique,

« jaunâtre, tendre, connu sous le nom de pierre morte. «Il renferme de nombreuses géodes tapissées de chaux « carbonatée et de baryte sulfatée cristallisée. Cette dolo- «-mie représente le calcaire à gryphites, dont elle occupe la

(1) Bull., 2e série, t. XIV, p. 889.

« place, mais elle ne contient aucun fossile. Au-dessus se

« développe un système de calcaire grisâtre, caractérisé a par les fossiles du Lias moyen. » Es Dans l'Aveyron, aux environs de Saint-Affrique, où M. Dufrenoy a déjà signalé ces dépôts, la stratigraphie est plus compliquée et les limites plus difficiles à saisir, si nous devons en croire M. P. de Rouville (1). Aux marnes irisées succèdent de puissantes assises de grès exploitées comme pierre de taille sur une foule de points, de Saint- Affrique à Lodève. Ces grès supportent à leur tour un système de couches atteignant jusqu’à 25 ou 30 mètres d’épaisseur, composé de calcaires tuffacés ou scoriacés, à

texture grésique, se délitant et alternant avec des marñes

bigarrées au milieu desquelles se trouve l’exploitation de gypse de Joncels.

Ces dépôts sont recouverts par ce que l’auteur appelle le calcaire jurassique, massif de 100 à 150 mètres d’épais-

seur, dont les abrupts contrastent avec ceux des assises in-

férieures.

Dans l'opinion de M. de Rouville, ce calcaire jurassique

correspond au quatrième étage du Lias de M. d’Archiac, et les dolomies, les marnes à gypses et les grès inférieurs sont relégués dans le Trias.

En l’absence de tout renseignement paléontologique il

est impossible de dire si l’auteur ne va pas trop loin. Néan-

moins la présence du gypse à ce niveau donne tout lieu de croire qu'il a raison.

Nous ne citons qu’en passant le tableau comparé des divers étages du Lias de M. Engelhardt (2), ainsi que la réponse de M. Terquem à M. Dewalque (3), sur l’âge des

(1) Bull. soc. géol., 2e série, t. XV, p. 60. (2) Id., id., id., p. 422.

(3) Id., id, id., © p.625.

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grès du Luxembourg, réponse dans laquelle l'auteur maintient que les grès de Helmsingen et de Lœvelange sont % triasiques et équivalents du Bone-bed sandstein.

M. Terquem, cependant, a le soin d'ajouter qu'il existe dans ces localités deux grès distincts, séparés par le calcaire gréso-bitumineux : l’inférieur, sableux, très micacé et sans fossiles, représentant le Keuper; le supérieur, sans mica et très calcarifère, renfermant des Cardinies et synchronique du grès de Luxembourg.

Nous insisterons d'avantage sur le compte rendu des courses faites dans l’Infra-Lias de la Nièvre par la $ociété géologique réunie extraordinairement à Nevers, en septembre 1858 (1).

Sur la route de Premery à Saint-Révérien, au village de Moussy, la société a pu étudier en détail les diverses couches de l’Infra-Lias jusqu'aux marnes irisées, et voici la coupe qui y a été relevée :

4° Calcaire lumachelle rempli de débris fossiles, et notamment de gastéropodes, de Cardinies, de Peignes (Pecten Valoniensis ?) etc. ;

% Banc de calcaire compacte bleuâtre ;

3° Poudingues de deux mètres d'épaisseur remplis de grains de quartz et renfermant aussi un grand nombre de caillous roulés, plus ou moins volumineux, et des infiltrations de barytine ;

4 Lit mince d'argile de 0" 10° ;

5° Banc de calcaire blanc sableux avec nombreuses Cardinies ;

6° Lit mince d’argile de 0" 10°;

7° Grès feldspathiques assez puissants, paraissant reposer sur les marnes irisées du Keuper.

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