‹ Zoologie descriptive; anatomie--histologie et dissection des formes typiques d'invert©♭br©♭sChapitre 102 sur 168 · L A M 0 TT I, E · texte numérisé non relu

L A M 0 TT I, E

Il en part toute une série de nerfs; entre autres, les connectifs cérébro-pédieux qui vont, comme d’habitude, rejoindre les ganglions pédieux placés normalement, et les connectifs, qui réunissent les ganglions cérébroïdes à la masse nerveuse placée sur le muscle adducteur inférieur.

Ces derniers connectifs présentent, d’après Babor, une disposition très remarquable.

Les nerfs, en effet, qui partent des ganglions cérébropleuraux, restent d’abord superficiels dans la paroi du corps puis s'engagent plus profondément, dans les deux côtés du pied, se renflent en ganglions situés tout près de la masse viscérale, avant d’atteindre le centre nerveux situé sur le muscle adducteur inférieur.

Sur le trajet des connectifs, unissant les ganglions cérébroïdes aux ganglions situés sur le muscle adducteur inférieur, se trouveraient donc deux ganglions, qui pourraient être homologués aux ganglions intestinaux du centre asymétrique des Gastéropodes, car, ajoute l’auteur : ces ganglions sont situés, comme chez les Gastéropodes, dans la commissure viscérale, intercalés latéralement, et ils innervent (au moyen de deux nerfs latéraux très fins) la branchie et le manteau.

Les faits exposés par Babor semblent apporter une confirmation à la découverte faite antérieurement par Pelseneer dans la Nucula d’un ganglion pleural distinct du ganglion cérébroïde, et donner un appui sérieux à l’idée soutenue par cet auteur, qu’il existe un rapport intime entre les différentes parties du système nerveux des Acéphales et des Gastéropodes.

Cependant, je dois faire quelques réserves à ce sujet,

car M. d’Hardivilliers 1 a trouvé sur des Spondyles, que j’avais rapportés d’un voyage dans la mer Rouge, une disposition très remarquable et qui contredit en partie les faits exposés plus haut.

Dans ces animaux, en effet, les ganglions pédieux sont unis directement par une longue commissure aux ganglions situés sur le muscle adducteur inférieur.

Donc, si les idées de Pelseneer sont justes, il faut admettre que les ganglions pleuraux (les deux premiers ganglions du centre asymétrique) sont* situés chez les Acéphales, tantôt en contact avec les ganglions cérébroïdes, tantôt, reportés très loin sur le muscle adducteur inférieur où ils seraient fusionnés avec les autres ganglions.

Cela ne paraît pas très probable et, en conséquence, il est prudent de faire des réserves sur une homologie complète entre le système nerveux de b Acéphale et celui des Gastéropodes. Dans tous les cas, on ne trouve l’équivalent, dans aucun Acéphale, du troisième collier constitué chez les Gastéropodes par les ganglions stomato-gastriques ou labiaux.

Chez la Moule, la division du ganglion cérébroïde en deux centres n'est pas visible et il n'existe pas de renflements ganglionnaires sur le trajet du connectif cérébroviscéral.

Préparation du système nerveux de la Moule. — Pour

préparer le système nerveux de la Moule, il faut enlever l’animal de la coquille, le coucher sur la face dorsale et étaler le manteau de manière à disposer le sujet, la face ventrale dirigée vers le haut.

1 D’Ilardevilliers. Comptes rendus de V Académie des sciences, 1892.

ACEPHALES.

LA MOULE

On aperçoit immédiatement Jes palpes labiaux qui entourent la bouche; au-dessous, et sur la ligne médiane, on distingue le pied qui porte le byssus, et les branchies qui viennent se souder au-dessous de lui (fig. 532).

On doit rechercher tout d'abord les ganglions viscéraux.

Ils sont faciles à préparer, car ils offrent une connexion constante avec le muscle adducteur inférieur des valves, à la face ventrale duquel ils sont toujours situés (fig. 543). Pour les mettre en évidence, il suffit donc de trancher le point d’union des branchies sur la ligne médiane, au-dessous de la bosse génitale.

On les aperçoit alors par transparence au milieu du tissu conjonctif, ils sont souvent colorés en jaune pâle.

De chacun des ganglions part une série de nerfs; celui qui se rapproche le plus de la ligne médiane est le plus intéressant. C’est le fil conducteur qui va permettre de disséquer le reste du système nerveux et de trouver le centre sus-œsophagien et les ganglions pédieux.

Il se dirige vers la bouche, d’abord visible dans la dissection, puis il s’enfonce progressivement au milieu du tissu brunâtre du corps de Bojanus.

Il faut le suivre, dans toute sa longueur, par une dissection attentive, il conduira à l’un des ganglions sus-œsophagiens situé au niveau de la commissure des lèvres. Il représente, en effet, le connectif cérébro-viscéral de la Moule.

Pour atteindre l’un des ganglions pédieux, il faut partir du ganglion sus-œsophagien et suivre le connectif cérébro-pédieux qui réunit ces deux centres.

Dans la Moule, la dissection de ce connectif est facilitée parce fait que les connectifs cérébro-viscéraux et cérébro-pédieux sont coalescents à leur point de départ sur une certaine longueur. Au moment de leur séparation, le connectif cérébro-pédieux est recouvert par un gros muscle (muscle adducteur antérieur du pied) qui se voit sans dissection.

Pour isoler le connectif cérébro-pédieux, il suffit de réséquer ce gros muscle dans sa portion la plus voisine de la bouche et de le soulever en disséquant soigneusement salace inférieure ou dorsale.

Organes des sens. — Les organes des sens sont peu développés chez les Moules, les yeux ne sont pas représentés chez l'adulte, comme dans le Pecten. Chez la Moule adulte, on ne connaît pas non plus les otocystes; l'organe du tact existe cependant, et est particulièrement développé sur les palpes labiaux, le pied et les bords du manteau.

On doit noter, à ce propos, que les grands nerfs qui partent des ganglions cérébroïdes et des ganglions viscéraux vont innerver le bord du manteau, sans que la dissection permette de délimiter nettement la région située sous la dépendance.

Les yeux peuvent exister cependant (ils sont d’ailleurs représentés chez la Moule aux stades larvaires) ainsi que les otocystes.

Si ces organes sont mal représentés chez la Moule adulte, il n’en est pas de même chez tous les Acéphales.

On rencontre fréquemment des otocystes dans l’épaisseur du pied. Dans Nucula Pelseneer en a trouvé une forme remarquable, constituée par une simple invagination épithéliale remplie de grains de sable ou de corps étrangers. Les otocystes sont toujours reliés aux ganglions cérébroïdes, selon la loi que M. de Lacaze-Duthiers a mis en évidence pour les Gastéropodes.

Organe palléal. — On doit également signaler chez la Moule, un organe hypothétique qu’il ne faut pas confondre avec les organes gaudronnés de Sabatier qui seront décrits avec les organes respiratoires.

Cet organe hypothétique (organe palléal, Osphradium) est, peut-être, l’homologue des deux points rouges que

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