‹ Zoologie descriptive; anatomie--histologie et dissection des formes typiques d'invert©♭br©♭sChapitre 104 sur 168 · A C E P MALES · texte numérisé non relu

A C E P MALES

M. Sabatier a attribue line grande importance aux disques vibratiles qui réunissent les filets.

Pour lui, ces éléments se comportent comme des cils vibratiles, tout en différant sous certains rapports des cils vibratiles ordinaires; ils se comportent aussi, dit-il, comme des muscles, tout en différant à certains égards du tissu musculaire. Aussi est-il disposé à les considérer comme pouvant servir à relier les deux ordres d'éléments moteurs, muscles et cils vibratiles , qu'on a jusqu’à présent vainement essayé de rapprocher et de rattacher l’un à l’autre.

Cette opinion est à rejeter complètement.

En réalité, ces éléments ne présentent pas de particularités aussi importantes ; ils servent simplement, par leur enchevêtrement, à donner plus de solidité à l’organe, à aider au mouvement du sang dans l’intérieur du canal k central qui occupe l’axe du iilet branchial; canal qui n’a qu’un très faible calibre et est obstrué, en partie, par des fibres conjonctives.

Organes gaudronnés. — Les organes gaudronnés de Sabatier qu’on remarque de chaque côté des branchies et auxquels cet auteur attribuait un rôle considérable, ne paraissent avoir qu’une importance secondaire.

Rien dans leur structure, ni dans leur innervation ne paraît justifier une comparaison avec l’organe que M. de Lacaze-Duthiers a décrit le premier chez les Gastéropodes pulmonés et auxquels on donne souvent le nom d’Osphradium sans en connaître exactement la fonction (voir plus haut les organes des sens).

Pelseneer1, pense que les organes gaudronnés de Saba-

1 Pelseneer. Traité (te Zoologie. Mollusq ues . itueff, Paris, PJS7.

lier représentent chez la Moule un appareil respiratoire accessoire qu’il décrit d’ailleurs d’une manière assez vague : « petites saillies palléales secondaires, sous forme d'organes plissés ».

Ces saillies existent incontestablement, mais je crois qu’on doit leur refuser le rang d’organe autonome ; il n'y a là qu'une apparence d’organes, produite par la saillie des branchies et des vaisseaux voisins.

Description de l’appareil circulatoire. — L’appareil circulatoire de la Moule se compose :

1° D’un cœur à trois chambres ;

2° D’un système artériel bien endigué ;

3° D’un système veineux en grande partie lacunaire.

Nous emprunterons les principaux traits de cette description à M. Sabatier qui l’a étudié tout spécialement dans le mémoire que nous avons déjà eu occasion de citer.

Cœur et péricarde. — Le cœur est situé dans la région dorsale, immédiatement en arrière de l’extrémité postérieure de la charnière. On l’aperçoit par transparence dès qu'on a enlevé la coquille (fig. 546).

11 se compose d’un ventricule et de deux oreillettes.

Le ventricule est fusiforme à l’état de plénitude moyenne ; il devient ovoïde lorsqu'il est bien distendu par une injection. Son extrémité supérieure correspond à l’embouchure

et forme un cul-de-sac au-dessous de l’intestin rectal, qui, comme nous l’avons dit, traverse la cavité du cœur d’avant en arrière.

Il en résulte que l’embouchure de l'aorte est en avant

ACEPHALES.

LA MOULE

du rectum quand celui-ci pénètre dans le cœur, tandis que

artère ternunale-

■ muscle, ad., inf

Sinus

marginal.

ouverture.

anale

- membrane > anale

Fig-. 540.

Circulation artérielle de la Moule, la valve gauche et la membrane péricardique ont été enlevées (imité de Sabatier).

le cæcum postérieur du cœur est en arrière du rectum quand celui-ci en sort.

Les oreillettes sont placées symétriquement de chaque

• Ligament.

rruxscle ctd.sup.

'*£. hépatique.

aarte

bulbe

aortlcjiœ,

artèie d.

ventricule

veine afferenteoblique

oreillette.

arteres

paüéales

sinus

longitudinal.

côté du ventricule, qu’elle^ enveloppent en grande partie. Elles forment deux masses de couleur brune à surface très mamelonnée (fig. 546 et 547), et présentant une cavité centrale entourée de nombreux diverticules en culs-de-sac qui font saillie à leur surface. Chacune des oreillettes communique d'une part avec le ventricule, et d’autre part avec le vaisseau qui remonte obliquement de bas en haut et d’arrière en avant, et auquel M. Sabatier a donné le nom de veine afférente oblique (fig. 547).

L’oreillette communique avec le ventricule par un goulot très étroit (fig. 547), auquel correspond un petit orifice en forme de boutonnière verticale, pourvu de deux valvules sigmoïdes qui permettent le passage du sang de l’oreillette dans le ventricule, et s’opposent à son retour.

La veine afférente oblique s'abouche largement dans l’oreillette, en bas et en avant de cette cavité. Cette veine s’élargit à ce niveau en entonnoir et forme en réalité l’oreillette par sa dilatation.

L'oreillette, qui est libre dans le péricarde par la presque totalité de sa surface, adhère par la partie postérieure de son bord inférieur à la paroi externe de la cavité péricardique. Ces adhérences sont formées par de petits vaisseaux veineux assez nombreux qui viennent des parties voisines du manteau et qui se jettent directement dans l’oreille.

La cavité péricardique, dans laquelle se trouvent logés le ventricule et les oreillettes, présente la forme d’un parallélipipède aplati de haut en bas, et à angles arrondis.

Son plancher est formé, par l’estomac tubulaire et par l’estomac récurrent, placés parallèlement, l’un à gauche, l’autre à droite, et plongés dans du tissu conjonctif de la glande génitale.

Les parois externe et supérieure du péricarde sont formées par une membrane mince, transparente, qui se continue sur toute sa circonférence avec le corps de ranimai (fig. 546 et 547).

Le péricarde est lui-même recouvert supérieurement et sur la ligne médiane, par le raphé du manteau et ses deux

Couloir péricardique ouvert (d’après Sabatier).

bandes musculaires, et latéralement par une portion très amincie du manteau, qui ne renferme pas ordinairement de portion de la glande génitale. Gela permet de voir les mouvements du cœur à travers les deux membranes qui le recouvrent, dès qu’on a détaché l’animal de la coquille.

Le péricarde renferme toujours du liquide, et sa cavité, loin d’être complètement fermée, présente de chaque coté, près de l’extrémité antérieure de son plancher, un large orifice qui fait communiquer le péricarde avec un conduit

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