LA S È G H E
Un chromatophore se compose des parties suivantes :
1° Une cellule principale, de forme étoilée (fîg. 559, c.), dont le contenu protoplasmique se divise en deux parties : l’une centrale (pr. c.) plus dense, contenant le noyau et le pigment, l’autre périphérique plus liquide (7.), où nage la première ; au repos le protoplasma coloré est contracté en une masse ronde centrale (pr. c.) : à l’état actif cette masse s’étale (pr. ét,), et occupe alors toute l’étendue de la cellule étoilée dont elle moule, en quelque sorte, le contour équatorial interne. Le protoplasma coloré a alors perdu sa forme globuleuse pour prendre une forme lamellaire sans que cela ait, d’ailleurs, changé quoi que ce soit à son volume.
2° Autour de la cellule étoilée on distingue d’autres cellules dites bordantes, généralement arrondies, qui lui forment une couronne ; ce sont simplement des cellules conjonctives (c. b.) du voisinage, refoulées par la cellule étoilée pendant son développement.
5° Aux angles de la cellule étoilée, qui même y pénètrent comme un coin, s’attachent des fibres rayonnantes (f. r.) qui s’épanouissent plus loin en petits bouquets fibrillaires ; ce sont de petits faisceaux qui servent, comme des cordages, à maintenir la cellule colorée toujours parfaitement étalée en forme d’étoile dans le plan de la surface cutanée. On a longtemps pris ces fibres, qui ne sont que passives, pour des muscles insérés sur le protoplasma coloré et dont la contraction servait à l'étaler ou à le contracter. Mais il n'en est rien, le protoplasma pigmenté s’étale ou se contracte par le fait de sa propre contractilité, apanage de tout protoplasma vivant, sous l’influence des impressions, volontaires ou non, transmises
par une terminaison nerveuse qui vient y aboutir ; le nerf est en rapport avec les ganglions étoilés et cérébroïdes.
Les chromatophores servent à l’animal à adapter sa couleur à celle des objets qui l’environnent, réalisant ainsi l'un des plus curieux exemples de mimétisme que l’on puisse observer. Cette adaptation est tantôt volontaire, tantôt au contraire réflexe et liée au fonctionnement du nerf optique. L'animal exprime encore par le fonctionnement de ces petits organes les passions les plus diverses, telles que la crainte, la colère ou la convoitise. C’est par leur action qu'il prend ces bandes colorées d’un fort bel aspect dont il a été parlé plus liant.
Iridocystes. — Au-dessous de la couche des chromatophores se trouve une mince couche en nappe de cellules,
abondantes surtout sous la face ventrale du corps. Elles sont généralement ovoïdes (fi g. 560), de couleur jaunâtre; on y distingue une foule de petits bâtonnets qui, à l’état normal masquent un noyau arrondi et incolore. La lumière en se réfractant dans ces cellules pleines de bâtonnets réfringents, fonctionnant comme une pile de lamelles transparentes, donne à l’animal l’aspect irisé, d’un vert métallique remarquable qui les rend si brillants.
Organes et orifices de la cavité palléale. — Fendons sur une Sèche adulte mâle la paroi ventrale en suivant la nageoire gauche (fig. 561) ; puis, tournant au bas,
Fig. 500.
Deux iridocystes de la peau de la Sèche.