ZOO LO G I E DES C III P T IV E
conique, flanquée vers le bas de ses deux poches latérales symétriques (p. l.s.). Il porte en outre deux fossettes (c. oci.) cartilagineuses qui correspondent à deux saillies (S, oa.) de la paroi du manteau qui y pénètrent, comme un bouton dans une boutonnière, et servent à maintenir le siphon solidement adhérent au manteau. De ces memes poches, on voit descendre vers le bas du corps deux gros piliers musculaires (m. s.) qui vont s’insérer sur le bord inférieur et latéral de la coquille. Sur la ligne médiane, sous le siphon, est l’orifice anal, entouré de lobes découpés (A), qui s'ouvre avec le conduit d'une glande spéciale sécrétant une encre épaisse et noire. Un peu plus bas, deux petits tubes symétriques voisins l’un de l’autre sont les papilles urinaires (o. ur.). A côté de celle de gauche est un tube plus gros et plus saillant, c’est l’orifice génital mâle (o. g. m .). Deux grands organes en forme de panache s'insèrent au-dessous et remontent jusqu’à l’entonnoir ; ce sont les branchies (Br.). Du côté droit, en bas de la figure 561, un lambeau de la membrane qui enveloppe les viscères a été réséqué pour laisser voir dans leur position normale les cœurs branchiaux (C. br.), la poche du noir (, P.n .), le rein (lie.), les conduits génitaux males (G.). Dans l’angle entre la branchie et le muscle du siphon on aperçoit un ganglion palléal, dit ganglion étoilé (G.ét.).
Siphon. — Cet organe est encore nommé souvent entonnoir ou tube locomoteur. On le considère comme dépendant morphologiquement du pied.
Pour apercevoir l’ensemble du siphon, il faut fendre le manteau (fig. 561 et 564) et rejeter les deux lambeaux ; on reconnaît alors qu’il consiste en une sorte de cheminée
LA SECHE
conique médiane àparois plus épaisses en haut, plus minces et membraneuses en bas, évasée à sa base. Des deux côtés sont deux appendices musculo-membraneux (p. L s.), en forme de cloches à concavité inférieure, appliqués par leur face dorsale contre le cou et une portion de la paroi dorsale du manteau. Lorsque ces trois parties du siphon sont en état d’extension, elles obturent complètement l’ori- , lice palléal.
Le fonctionnement de ces diverses parties est le suivant :
la cavité abdominale se dilatant par l’extension de ses parois musculaires, un appel d’eau est déterminé du dehors vers l’intérieur ; la pression extérieure déprime les deux dômes latéraux et l’eau pénètre par les deux côtés de la fente dans la cavité palléale, directement au-dessus des branchies. Au temps suivant la paroi de la cavité palléale se contractant comprime l’eau qu'elle renferme, qui, appuyant inférieurement sous le dôme des clapets latéraux, les étale; l’eau, ne pouvant sortir par là, est forcée de passer exclusivement par la cheminée centrale, d'où elle sort en un jet contre la base des bras. Si la contraction du manteau se fait lentement et régulièrement le jet ne produit pas de mouvements du corps, mais si l’animal précipite et renforce les contractions de ses mus-
Fig. 562.
Le siphon de la Sèche ouvert pour montrer les organes appliqués contre sa face dorsale. En haut, transversalement une valvule ; en bas 4 surfaces épithéliales formant l’organe de Verrill (d’après Jatta).
Z 0 0 L 0 G I E DESCRIPTI V E
clés palléaux le jel devient très puissant et la réaction qu’il détermine projette violemment le corps en arrière.
Le courant d'eau à sa sortie entraîne les matières rejetées par l’anus, les pores urinaires et génitaux.
Si l'on ouvre le siphon sur la ligne médiane ventrale,
on trouve un peu au-dessous de son orifice supérieur une valvule (fîg. 56i2) insérée sur sa paroi dorsale, pouvant se rabattre et obturer ainsi la cheminée du siphon.
L’épithélium interne, par suite de l’augmentation de nombre et de dimension des cellules muqueuses (fig. 563, c. 77i.) sur une surface à contour limité, devient en ces points un organe membraneux plat connu sous le nom d'organe de Verrill; la figure en a été donnée par Jatta.
Son usage est inconnu.
Des deux pointes inférieures des angles de l'entonnoir portent chacune la fossette ou boutonnière cartilagineuse , ovale , légèrement courbée, dont il a été question
plus haut (fîg. 564).
Une puissante musculature rattache le siphon au corps. Deux gros piliers musculaires, les muscles dépi'esseurs de V entonnoir (fig. 565, m. p . r. L), vont d’une part, s’insérer sur toute la marge de la coquille (c.) jusqu’au fond de la cavité viscérale, et de l’autre, se subdivisant en plusieurs gros faisceaux divergeants, vont s’attacher sous la bouton-
Fig. 563.
Coupe de l’organe de Verrill de Sèche (d’après Jatta).
c. s., cellules de soutien.— c. m cellule muqueuse. — «., noyau des cellules de soutien.
DÉC APODE
LA SÈCHE
nière correspondante du siphon (r. i.), sous la cloison qui de chaque côté le sépare des valvules ou clapets (m. p .), et enün, en s’étalant, contribuent à former la paroi dorsale de cet organe.
Un autre gros muscle, dont l’insertion inférieure se confond avec celle du précédent, le quitte en haut pour aller former la paroi profonde du clapet latéral correspondant;
Fig. 564.
Vue des organes adhésifs palléaux de Sèche (d’après Jatta) .
A, boulon. — A’, boutonnière du côté dx*oit. — B, B’, les mêmes du côté gauche.
il est dépresseur du clapet (fig. 565, r. cl.). D’autres faisceaux postérieurs moins puissants, contribuent à former les parois contractiles de tout cet ensemble d’organes. Le siphon est attaché par diverses brides musculaires à la tête, au cou, au crâne cartilagineux (fig. 565, br. s.) ; il est enfin latéralement recouvert de bandelettes musculaires superficielles, prolongements des muscles peauciers céphaliques.
Coquille. — La peau du dos de la Sèche est fort mince
et repose directement sur la coquille. Ce volumineux
Fig. 565.
Musculature du siphon de la Sèche vu de profil, Côté droit du siphon.
Le clapet latéral droit a été incisé par ses deux bords et soulevé.
br. s., brides du siphon. — Cl., clapet relevé. — b. p . ch, bord postérieur du clapet resté en place. — r. cl., muscle dépresseur du clapet. — r. i., muscle dépresseur de la paroi latérale du siphon. — c., bord corné de la coquille. — m. p., muscle dépresseur de la paroi postérieure de l’entonnoir. — b., boutonnière. — S., siphon. — o. s., orilice du siphon. — Une flèche passe dans la cavité du siphon; une autre est passée entre les deux muscles du siphon. La ligne courbe pointillée indique la place occupée par le clapet en position normale.
organe est entièrement enfermé dans une poche mem-