LA SE G II E
rétracteurs de la tète ; l’œs traversent la cavité crânienne de part en part.
Tube digestif. — C'est un appareil très perfectionné par suite de la complexité de ses parties et de la répartition dans une série d’organes parfaitement distincts et séparés des fonctions qui, chez presque tous les autres Invertébrés, sont réunies dans un seul organe.
Il se compose des parties suivantes : la bouche (fîg.
.570), le bulbe buccal (B. b .), l’œsophage (oc.), l’intestin antérieur (/. «.), l’estomac broyeur ( E . 6.), l’estomac spiral (. E . s.), l’intestin postérieur (/. p.), l'anus (a.), près duquel débouche le canal du noir. Cette série est complétée par des glandes annexes : les glandes salivaires (G. s.), le foie (F.) le pancréas (/\) et la poche du noir.
Bouche. — L'orifice buccal se trouve exactement an
ge et le canal salivaire B.
Ensemble du tube digestif de la Sèche avec ses annexes principales.
B., bouche. — œ., œsophage. — G. s-, glandes salivaires. — F. , foie. — I.a., intestin antérieur. — A ..anus. — I. p., intestin postérieur. — r/. s., ganglion stomacal. — E. s., estomac spiral. — E. h., estomac broyeur. — E car., partie cardiaque de l'estomac. — P., pancréas. — H. P., conduit hépato-pancréaliquc. — A. hep., artère hépatique. — A o , aorte.
centre de la couronne bra-
chiale ; il est circulaire et laisse apercevoir les deux pointes des mandibules noires cornées dont la ventrale recouvre la dorsale.
L'orifice est entouré par plusieurs replis membraneux
qui fixent la masse buccale à la base des bras ou servent de lèvres préhensiles.
On remarque d’abord une grande membrane à bords festonnés (fig. 552, 553) se rattachant à la base des bras. Les pointes des festons, plus ou moins découpées, sont ainsi placées :
l'une impaire entre les deux bras dorsaux ; une entre le premier et le second bras de chaque côté ; une autre entre les troisième et quatrième bras également de chaque côté. Entre les deux bras de la paire ventrale, cette membrane est un peu différente, selon le sexe.
Chez la femelle (fig. 553) elle renferme deux gros tubercules charnus, lenticulaires, juxtaposés, recouvrant une vaste poche comprise entre cette lèvre et le bulbe ; elle joue un rôle particulier dans la reproduction. Chez le mâle (fig. 552) la membrane est plus mince, basse, profondément échancrée et ne limite qu’une cavité peu développée. Chez la femelle toute cette grande membrane
Le bulbe buccal dont la paroi a été fendue sur la ligne médiane dorsale pour montrer les mandibules en place.
6’., membrane labiale attachant le bulbe au pourtour de la cavité péribulbaire. — L. , Lèvre papilleuse. — M. V., mandibule ventrale, — M. D mandibule dorsale.
DÉC A P ODE
péribuccale est, surtout sur ses bords, frangée, plissée et papilleuse ; chez le mâle elle est beaucoup moins accidentée et presque lisse. Au centre de cette membrane que l’on peut comparer à un parapluie, on voit les deux lèvres proprement dites qui circonscrivent l’orifice buccal; hune externe (flg.571 , C.), à peu près lisse, très légèrement denticulée sur son bord libre, se continue par sa base avec la précédente ; l'autre interne (h g. 571, Z.), charnue, est toute couverte sur son bord de papilles cylindriques char nues, et vraisemblablement gustatives.
Bulbe buccal. — Cet organe, extrêmement dur, de forme ovoïde à pointe inférieure, occupe une cavité creusée entre la base des bras qui en forme les parois. Le crâne cartilagineux en constitue le fond (lig. 509). Le bulbe y est maintenu en haut par la membrane péribuccale (lig. 571, C.); en bas par des lames musculaires obliques ou verticales qui vont rejoindre la paroi de sa loge. En outre, un muscle tubulaire creux, enfermant plusieurs organes, l’attache solidement au fond de cette cavité. Ces diverses nappes musculaires permet-
la radula avec l’œsophage.
Cette figure représente la moitié ventrale du bulbe buccal coupé en deux parties par une section frontale ; la moitié dorsale a été enlevée.
M. V. , mandibule ventrale. — Ltj, langue. — me?., radula. — m., muscle bulbaire. — l. œ ., lèvres œsophagiennes. — e. œs., entrée de l’œsophage. — ces. , œsophage.
538 ZOOLOJGIE DESCRIPTIVE
tent à l’ensemble du bulbe buccal des mouvements de protraction, de rétraction et de rotation autour de son axe vertical.
Le bulbe est complètement enveloppé d’une aponévrose ; en la fendant sur la ligne médiane dorsale (fig. 571), on aperçoit, en écartant les paquets de fibres musculaires, le dos de la mandibule dorsale (M. /).), qui se trouve comme
Vue de profil des mandibules de Sèche. A gauche la mandibule ventrale, à droite la mandibule dorsale.
sertie entre les deux lobes latéraux de la mandibule ventrale (M. V.).
Si maintenant on coupe ces masses musculaires latérales, puis si l’on extrait la mandibule dorsale après avoir coupé les ailerons de la mandibule ventrale, on découvre la cavité centrale du bulbe et les organes qui y sont contenus. C’est ce que représente la figure 572. La grosse papille en forme de chou-fleur, que l’on y voit couchée comme dans une gouttière, est la langue ( Lg .). Au-dessus, la r adula ( rad .), portée sur une saillie arrondie, surmonte deux longues lèvres charnues séparées par un sillon profond qui n'est autre chose que l’origine de l'oesophage. La langue, la radula et les lobes œsophagiens, couchés dans la gouttière de la mandibule inférieure sont recouverts par la gouttière correspondante de la man-
I) E C APODE
L A SEC H E
dibule dorsale; ils occupent ainsi l’axe meme du bulbe.
Les muscles (iig. 572, m.) puissants du bulbe font mouvoir les mandibules coupantes, agissant comme une pince
O. si. i.
Fig. 574.
Coupe sagittale du bulbe buccal d’une Sèche.
Ig . , langue. — /..lèvre. — m.i ., mandibule inférieure. — ni. s., mandibule supérieure. — œ., œsophage. — rcid ., radula. — c. rad . , cartilage radulaire. — /•., réservoir de la glande sous-radulaire. — o. ?*., canal de la glande sous-radulaire. — o., orifices secondaires de la glande sous-radulaire. — g. s., ?•., glande salivaire sous-radulaire. ff.n., ganglion nerveux. — gl.s.l., glande salivaire sub-linguale. — o.sl, orifice du canal de la glande salivaire abdominale. — p. s.r., poche sus-radulaire. — ni., muscle.
et pouvant par leur pointe déchirer les proies qu’elles saisissent. La plus longue, à l’inverse du bec des perroquets auquel elles ressemblent, est ventrale et recouvre
la pointe de la dorsale. La figure 573, mieux qu’une description, montre l’aspect de ces mandibules.
Radula. — Elle est assez courte; le tubercule qui la supporte (lig. 572 et 574, c. rad.) logé entre la langue (e.) et l’œsophage (ce.), est limité par deux poches, Lune audessus, l'autre en dessous dans lesquelles s’enfoncent ses deux extrémités. Dans la poche dorsale (p. s. r.) débouche le canal d'une glande salivaire (or.). La radula se com-
Deux rangées de dents de la radula de la sèche (d’après Jatta).
pose de nombreuses séries parallèles de dents pointues (médiane, latérales et marginales). Les cinq moyennes sont plus petites que les deux extrêmes de chaque série, qui peuvent se rabattre par-dessus les autres et les recouvrir en partie. Elles sont de couleur jaune et reposent sur un ruban incolore, solide, rigide, mû par une couche de muscles terminaux et sous-jacents. Du côté dorsal cette radula se trouve enfermée dans une sorte d’étui cartilagineux (fig. 575, G.); elle y est repliée de façon que les deux bords de son ruban se touchent, ce qui la transforme en un cylindre fendu selon une génératrice. C’est à cette extrémité que se forment les nouvelles séries de dents de remplacement. Au point où il fonctionne, le ruban, sortant de la gouttière (fig. 57G, R. eï.), s’étale sur la surface con-
LA SECHE
vexe du cartilage de support et les dents se trouvent ainsi saillantes. La membrane dentifère repose sur une lame musculaire roulant sur le cartilage en gouttière; à ses deux extrémités sont insérés des muscles (fîg. 576, J/,) sur¬
tout dans le sillon dorsal ; la contraction de celui-ci entraîne la radula dans la gouttière cylindrique ; au contraire, la contraction des libres ventrales l’en fait sortir, et, l’appliquant sur le cartilage convexe, force les dents à faire saillie.
Œsophage. — En quittant le fond de la gouttière bulbaire l’œsophage pénètre à travers la face supérieure du crâne dans le cerveau (fîg. 569), qu’il traverse, entre le ganglion cérébroïde d'une part et les ganglions viscéro-pédieux de l'autre. Il sort par la face opposée du crâne, en compagnie du canal des glandes salivaires.
Fia-
Représentation schématique du mode de fonctionnement de la radula chez la Sèche.
R. it ., ruban dentifère étalé. — R.
p. , ruban dentifère plié dans la gouttière. — G . , gouttière cartilagineuse.
— M. 1, muscle rétracteur. — M. 2, muscle protracteur. La figure supérieure représente le cartilage radulaire et le ruban dentaire vus de protil. La figure inférieure est une section transversale des mêmes organes.
Intestin antérieur. — Il descend, à la suite de l’œsophage, verticalement, dans la cavité abdominale (fîg. 570, 1. a.) ; il est un peu plus large que l'œsophage, mais présente le même calibre sur toute
Z 0 0 L 0 G I E DESCRI P TIY E
sa longueur, différant en cela d’autres Céphalopodes qui portent, annexé à leur œsophage, un jabot souvent de vaste capacité. Cette portion de l’intestin est limitée à ses deux extrémités par un léger étranglement, de quelques millimètres de long. La muqueuse est lisse, mais à l’extrémité inférieure elle commence à se plisser au moment d’entrer dans l'estomac, et, de plus, elle prend dans son épaisseur de nombreuses fibres musculaires que l’on verra se développer considérablement dans la portion suivante du tube digestif.
Estomac. — L'intestin antérieur après son rétrécissement terminal se dilate en une région conique à parois minces plissées intérieurement. Elle aboutit à une grande poche, V estomac broyeur (fig. 570. E. b .), de forme arrondie, dont les parois sont musculaires.
Ses muscles sont disposés en un anneau presque complet, plus épais en certains endroits, soulevant la muqueuse (fig. 577) en une série de fortes crêtes, en continuité par leur extrémité avec celles de l'intestin antérieur. Elles partent de l'orifice cardiaque et sont disposées comme les lames du feuillet des ruminants. L’épaisseur de la couche musculaire de cette poche donne à supposer qu’elle joue un rôle analogue à celui d’un gésier.
A côté de l’orilice cardiaque se trouve le pylore, qui donne accès dans une sorte de vestibule où s’ouvrent en même temps le cardia, l’estomac spiral et l'intestin postérieur (fig. 577).
V estomac spiral a la forme d’un cône courbe dont l’axe décrit une portion de tour de spire ; chez les Octopodes la spirale est beaucoup plus accentuée. Sa surface
LA SECHE
interne est tapissée de très nombreuses lamelles, fines et transparentes qui résultent de l'épanouissement en éventail des deux lèvres épaisses d’un sillon profond remontant tout le long de l’intestin terminal (fig. 577). Non loin du pylore, on remarque quelques bandelettes musculaires.
Fig. 577.
L’estomac de la Sèche ouvert pour montrer ses rapports.
œO. œsophage. — i ., intestin. — s., sillon delà muqueuse. — p., terminaison du canal pancréatique près du fond de l’estomac spiral. Le pylore est entre les deux poches.
Sous la pointe recourbée du cône vient s’ouvrir le canal hépatico-pancréatique (p.) par un orifice entouré de replis de la muqueuse.
Intestin terminal. — Il naît au-dessus du pylore (fig. 577, t\), remonte verticalement, puis se recourbe en une boucle complète (fig. 570), gagne la ligne médiane ventrale de l'abdomen sous la poche à encre et vient finalement s'ouvrir à l'anus (A.) situé sous l’entonnoir. La paroi du rectum est épaisse, musculaire, pourvue de nombreuses crêtes muqueuses longitudinales, dont deux
juxtaposées plus importantes proviennent de l'estomac spiral (fîg. 577, s.).
L’anus est entouré de quatre lèvres, les deux, antérieure
et postérieure, triangulaires et peu élevées, et les deux latérales en forme de feuille plate portée sur un pédicule grêle (fîg. 578).
La poche du noir vient s’ouvrir tout près de cet orifice entre les lèvres anales, sur la face postérieure.
Glandes salivaires. — On trouve chez la Sèche plusieurs glandes salivaires dont la forme, la situation, la structure histologique et le rôle diffèrent.
Glandes salivaires intra- bulbaires.
— A. Sur la face ventrale de la langue, on trouve une glande sublinguale (fîg. 574, gl. s. L). Elle se compose d’un grand nombre de petits culs-de-sac s’ouvrant directement dans l’espace compris entre la face ventrale de la langue et la mandibule inférieure (m. i.). C’est une modification de l’épithélium de la cavité buccale qui s’est fortement plissé et dont les cellules sont devenues caliciformes. Leur tiers inférieur contient le protoplasma avec le noyau, tandis que le reste est plein de granulations relativement grosses que l’on colore vivement par l’hématoxyline ; elles constituent sans doute le principe actif de la salive de cette glande.
B. Une autre glande salivaire, plus importante que la précédente par sa masse, est enfouie dans les tissus de
Fig. 578.
Une des deux lamelles foliacées latérales qui entourent l’orifice anal (d’après Brock).
DEÇA P ODE
LA SEC H E
la région centrale du bulbe buccal ; c’est la glande sousradulaire (fîg. 574, g.s-.r.). Elle correspond, embryologiquement et morphologiquement, à une paire de glandes que l'on trouve, chez les Octopodes, en dehors du bulbe buccal. Elle est formée de deux moitiés symétriques et très lobées. Ses produits se déversent dans le bulbe par des orifices multiples ; la figure 574 en représente quatre médians œsophagiens (o.) ; un autre est situé au bout d’un assez long canal, embryologiquement le principal (or.), qui débouche dans le sac radulaire et présente un petit réservoir ventral (r.). Les cellules sécrétantes sont caliciformes , en cornet aigu, contenant des
massesrondes de mucus (tig. 579). ,, , ...
x ° ' Cellules salivaires
de Sèche.
Glandes salivaires abdominales. — Elles occupent le plafond de la cavité viscérale (fig. 570, G. s.) et sont appliquées directement contre la face inférieure du cartilage céphalique. Elles y sont fixées par une forte épaisseur de tissu conjonctif ; chacune d'elles a sensiblement la forme et les dimensions d’une amande (fig. 580 et 581); une sorte de hile donne issue à un canal (C. S.) qui, se réunissant à son congénère du côté opposé, forme un seul conduit, traversant, avec l'œsophage, toute la tête pour pénétrer dans le bulbe buccal par la base, et venir enfin déboucher à la