‹ Zoologie descriptive; anatomie--histologie et dissection des formes typiques d'invert©♭br©♭sChapitre 128 sur 168 · ZOOLOGIE DES G II I P T I V E · texte numérisé non relu

ZOOLOGIE DES G II I P T I V E

reil veineux. Les veines qui reviennent de tous les points du corps vers les branchies (fig. 589 et 590), se dirigent vers le centre de la masse viscérale, qui est en quelque

Ensemble des organes urinaires, circulatoires et respiratoires de la Sèche. La ligne pointillée indique le contour des sacs urinaires ventraux.

A . s ., aorle. — V. c., grande veine. — O. ur ., orifices urinaires. — o. c. g . s. .orifices de la cavité générale secondaire dans le vestibule urinaire. — tr ., trou formé par la séparation des deux sacs ventraux, et par lequel passe l’intestin. — Y. cl ., veine descendante. — Yr. g., veine génitale. — Ob*., oreillette. — C.. ventricule du cœur. — C. fl., cœur branchial. — gt. c. i ., glande lymphoïde. — Gl. ur., glande urinaire, — V. a.i., veine abdominale inférieure. — V. e., veine de la poche à encre. — A. ?., aorte inférieure. — Br., branchie.

sorte leur rendez-vous, avant de pénétrer dans l'organe respiratoire. Toutes ces veines proviennent soit de la partie supérieure du corps (F. c.), (tête, bras, siphon, etc.), soit

de la région inférieure (F. a. F, F e.) (viscères digestifs et reproducteurs), soit de la région moyenne (v. p.u v. p.^), (manteau, foie). Elles traversent toutes les sacs urinaires

Schéma de la disposition et des rapports des organes urinaires de la Sèche (figure modifiée d’après Vigelius).

V. c., veine cave (grande veine). — O. ur., orifices urinaires. — or. c., orifices de la cavité générale secondaire (cœlome) dans le vestibule urinaire. — c. cœ., corne de la cavité du cœlome. — v. p. 1 ; v. p. 2, veines palléales. — v. g., veines génitales dans le sac urinaire dorsal. — c. br., cœur branchial. — • a. c. v., appendice du cœur branchial (glande lj mphoïde). — P. c., cavité dépendant du péricarde cœlomatique entourant le cœur branchial. — v. ab., veine abdominale. — tr., trou entre les deux sacs urinaires abdominaux. — v. e., veine de la poche du noir. — Gl. ur., glande urinaire ramifiée.

et se recouvrent pendant ce parcours de villosités épithéliales sécrétant l’urine (Gl. ur.).

Sur la ligne médiane, derrière le rectum, la grande veine ou veine cave supérieure (fig. 589, V. c.) se partage

en deux branches descendantes (F. ri.); chacune d’elles reçoit des veines provenant du manteau (v. p.x, v. p.2), des viscères abdominaux (F. a.), de la poche du noir (F. e.), des glandes génitales (F. g.). Les sacs urinaires ont pour fonction d’enfermer ces gros troncs veineux et les fungosités qui les recouvrent dans des réservoirs d’où l’urine est rejetée au dehors par les orifices papillaires (O. ur.). Les grosses veines sont difficiles à apercevoir, tant elles sont couvertes par ces végétations arborescentes. Ces appendices sont des dépendances creuses des veines dont le sang peut y pénétrer librement ; ils sont tapissés extérieurement par un épithélium qui est l’organe urinaire proprement dit, puisant dans le sang les matières excrémentitielles et les déversant dans les sacs urinaires. Des fibres musculaires contenues dans ce tissu donnent à l'ensemble des villosités des contractions assez étendues qui les brassent dans le liquide ambiant. Ces poches urinaires renferment des granulations rougeâtres qui peuvent s’agglomérer en concrétions uriques ; on y trouve aussi de curieux parasites, les Dyciémides.

Système nerveux. — Le système nerveux se compose d’une portion ganglionnaire centrale, ordinairement nommée cerveau , renfermée dans le crâne céphalique cartilagineux (fig. 569), et d'une portion périphérique formée par les nerfs et un certain nombre de ganglions accessoires. Nous résumerons la description classique de Chéron.

La dissection du cerveau est rendue délicate par son adhérence aux anfractuosités du crâne, le nombre et le volume des nerfs qui en sortent, et la présence d’amas de tissu lymphoïde qui y sont appliqués en certains points ;

LA SECHE

en outre, le cerveau est traversé par des vaisseaux et des canaux dépendant du tube digestif.

Lorsque l’on enlève une calotte dorsale au crâne, on découvre une masse nerveuse formée d'un ganglion résultant de la fusion de deux ganglions c é r é b r o ï d e s symétriques sur la ligne médiane. Certains auteurs réservent le nom de cerveau à cette seule masse cérébroïde.

Elle envoie en avant (fig. 591 , g. s. ph.) un prolongement appliqué sur la face dorsale de l'oesophage à sa sortie du bulbe ; c’est le^ ganglion sus-œsophagien qui innerve la lèvre et donne, en outre, attache au collier stomato-gastrique.

De la région ventrale du ganglion cérébroïde part un cordon qui va rejoindre les ganglions pédieux (fig. 591); il est,

Fig. 591.

La masse nerveuse centrale de la Sèche, vue du côté droit (d’après Chkron).

r/.s. ph., ganglion sus-œsophagien. — n. bras, nerfs brachiaux. — G. brach ., ganglion brachial. — G. ped ., ganglion pédieux. — n. oph. inf., nerf ophtalmique inférieur. — n. opht. sup., nerf ophtalmique supérieur. — G. Cer., ganglion cérébroïde. — n. ac ., nerf acoustique. — n. hit., nerf de l’entonnoir, n. gr. v., nerf de la grande veine. — n. vise., nerf viscéral. — G. vise., ganglion viscéral. — n. pall ., nerfs palleaux. — n. op ., nerf optique.

en outre, relié par deux

bandelettes nerveuses au ganglion sus-œsophagien, en avant, et à la région moyenne du ganglion cérébroïde,

en arriéré.

Des ganglions cérébroïdes émergent en arrière les nerfs optiques, énormes (fig. 591, n. o.) qui, d’autre part, aboutissent aux ganglions optiques, en forme de croissant, très volumineux.

La masse nerveuse inférieure, sous-œsophagienne, est reliée au ganglion dorsal par une grosse anastomose (connectif cérébro-viscéral), située sous le nerf optique et par une plus grêle antérieure cérébro-pédieuse.

Ce cerveau inférieur résulte de la fusion symétrique d'une paire de ganglions viscéraux en arrière avec une paire de ganglions pédieux en avant ; mais l'adhérence est telle que l’on ne peut plus distinguer le connectif viscéropédieux, les deux ganglions n’étant plus séparés que par un très léger sillon.

L’œsophage sépare le ganglion cérébroïde de la masse viscéro-pédieuse.

Les ganglions pédieux comprennent une région antérieure lobée innervant les bras (tig. 591, n. bras) et les tentacules, et une postérieure arrondie; la première est dite ganglion en patte d'oie. Les dix nerfs des bras qui en partent sont d'abord appliqués contre la paroi de la cavité musculo- cartilagineuse péribulbaire (lig. 569, n. ped.), puis ils pénètrent chacun dans un bras dont ils parcourent l’axe (lig. 555) ; un peu avant de s’y introduire, ils sont réunis entre eux par un nerf anastomotique circulaire (fig. 592). La région postérieure du ganglion pédieux fournit des nerfs allant à l’entonnoir (n. int.) aux membranes annexes des yeux (n. opht. int.) et le nerf auditif (n. ac.).

La région inféro-postérieure ou viscérale, des ganglions sous-œsopliagiens est arrondie, séparée des ganglions pédieux par un sillon parcouru par des artères. Il en part

DEC APODE

LA SÈCHE

deux nerfs palléaux (fig. 591, n. pall.) qui vont rejoindre chacun un gros ganglion étoilé situé dans la paroi même du manteau, sous la peau qui tapisse la cavité respiratoire

n-bras

Fig. 592.

Disposition générale du système nerveux de la Sèche (d’après Chéron).

«. bras , nerf des bras. — G. pêd., ganglion pédieux. — n. ent., nerf de l’entonnoir. — sph., siphon. — n. acoust., nerf acoustique. — n. gr. v., nerf delà grande veine. — G. vise., ganglion viscéral. — n. vise., nerf viscéral, — g. ét .. ganglion étoilé. — br., branchie. — rect., rectum, — c. noir, canal du noir. — p. noir, poche du noir. — c. br., cœur branchial. — o. ur ., orifice urinaire. — n. br., nerf de la branchie. (Le siphon a été rejeté de côté, et le rectum avec le canal du noir, rabattu à gauche.)

(fig. 592, g. ét.). Il eu part encore les deux nerfs postérieurs de l'entonnoir, les nerfs de la grande veine (fig. 591, n. gr. v.) et enfin deux gros nerfs viscéraux qui naissent en arrière, l’un contre l’autre, et descendent parmi les vis-

cères en y formant par leui* réunion inférieure une grande boucle (fig. 591 et 592, n. vise.). Sur cette boucle sont disposés des ganglions accessoires dont les principaux sont les ganglions branchiaux d’où naissent les nerfs de cet organe ; il en part, en outre, des filets nerveux pour tous les viscères du voisinage.

Un ganglion stomato-gastrique sous-œsophagien est relié au ganglion sus-œsophagien par deux connectifs formant autour de l’œsophage, sous le bulbe buccal, un collier complet. Ce ganglion innerve spécialement la radula et ses muscles. De ce système dépendent de nombreux nerfs intestinaux auxquels paraît être relié un fort ganglion stomacal (fig. 570, g. s.) rattaché à la boucle viscérale par une grosse anastomose (Pelseneer). Les nerfs des organes des sens seront étudiés à propros de leurs terminaisons sensitives. I

Organes des sens. — Le toucher, le goût et l’odorat ne présentent pas d’organes parfaitement définis, tandis que la vue et l’audition possèdent des appareils plus .perfectionnés que dans un aucun autre groupe d’invertébrés.

Le sens du toucher peut être considéré comme diffus, et desservi par les nombreuses terminaisons nerveuses que l’on trouve dans la peau qui est fort sensible ; peutêtre la pointe des bras est-elle plus spécialement affectée au toucher ; on voit en effet la Sèche au repos tâter autour d’elle avec le bout de ses bras ventraux.

L’organe du goût , par analogie du moins, est logé, sous forme de terminaisons nerveuses, dans la langue et dans la lèvre papilleuse qui entoure les mandibules. 1

Le siège de Y odorat ne peut être suffisamment précisé.

Le nerf que l’on est convenu de nommer olfactif , vient se terminer dans une petite fossette ouverte au-dessous de l’œil par un orifice en forme de boutonnière et qui correspond à des crêtes, dites olfactives, chez beaucoup d’autres Céphalopodes. Le nerf olfactif sort du ganglion

Fig. 593.

Coupe transversale à travers l’une des otocystes. On y voit, du côté droit, Votolithe (d’après Owsjannikow et Kowalewsky).

cérébroïde, suit le nerf optique et le quitte non loin de l’œil au niveau d’un petit renflement gangliforme.

L'organe de X audition est beaucoup plus net et perfectionné. Il consiste fondamentalement en une paire d’otocystes analogues à celles, des autres Mollusques ; mais au lieu de consister en une simple sphère, ils présentent des épithéliums compliqués et des régions spécialisées. Les deux otocystes, très rapprochées lune de l'autre, occupent toute l’épaisse masse du cartilage céphalique ventral et médian (lig. 568 et 569, Ot.). Leur cavité est

rendue anfractueuse par une série de crêtes et de papilles dont les sommets se dirigent vers le centre de l’organe (fig. 593). Ils limitent des plis et des poches profonds. Un petit conduit, terminé en cul-de-sac, en part pour s’enfoncer dans le cartilage pariétal ; il représente le pédoncule de l'invagination ectodermique qui, chez l’embryon, a fourni la double vésicule auditive. L'ensemble de l’organe est tapissé par un épithélium plat qui se transforme

Fig. 594.

Otolithe contenue dans l'otocyste de la Sèche (d’après Owsjannikow et Kowalewsky) .

en deux régions pour former : une tache ( macula ) acoustique, une crête ( crista ) demi-circulaire (fig. 595), où viennent se terminer les branches du nerf acoustique au contact de cellules particulières, dont certaines sont ciliées. L’otocyste est remplie d’endolymphe liquide où est immergée une otolithe (fig. 594) calcaire, à surface de forme rugueuse et lenticulaire. L’ensemble de l'organe peut être assimilé aux canaux semi-circulaires des Vertébrés, et, d’après les travaux du professeur Delage, joue un rôle important dans l’orientation et l’équilibre.

L'œil est, de tous les organes des sens, de beaucoup le plus compliqué et le plus perfectionné. Il rappelle dans son ensemble, celui des Vertébrés et sa structure permet

L A SECHE

de supposer qu'il donne à la Sèche une perception parfaitement nette des objets, de leur forme et de leur couleur. La description des détails, cependant du plus haut intérêt, de l’organisation microscopique de l'œil nous entraînerait tellement loin que je me bornerai à en indi-

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