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avoir fendu la paroi de la cavité viscérale, puis la membrane beaucoup plus mince qui enveloppe la cavité viscéropéricardique, on fait passer un courant d’eau parmi la masse des œufs, on enlève, sans rien déchirer tous ceux qui, libres, sont entassés dans la moitié gauche de la cavité génitale ; ce sont les œufs mûrs (fig. 599, ov.) qui
Fig. 600.
UEufs de Sèche à divers états de développement (d'après Ussow). Au milieu, en haut, deux cellules-œuf entourées d'un mince follicule cellulaire ; en dessous un follicule, en coupe, plus développé. A gauche vue d’ensemble d'un follicule, encore attaché à l’ovaire par un pédicule mince. A droite le môme en coupe montrant les vaisseaux occupant les sillons.
n'ont plus aucune attache avec l’ovaire. On en voit même qui sont engagés dans l’oviducte.
Ceux qui sont restés attachés à l’ovaire sont recouverts d’une sorte de treillis régulier; c’est le follicule ovulaire, parcouru par des vaisseaux (fig. 600). Il y en a de toutes tailles, depuis ceux que l'on distingue à peine à l'œil nu, jusqu’à ceux qui ont atteint la taille complète de 6 à 10 millimètres. Ces follicules sont attachés, innombrables, par un pédicule filiforme à une sorte de colonne qui traverse de part en part (tig. 599, v. ov.), du plancher au plafond, comme une stalactite étalée à son pied, la cavité
LA SECHE
génitale; de nombreux vaisseaux suivent la tige et pénètrent dans chaque pédicule ovulaire.
L'ovule est d'abord une cellule amiboïde (fig. 600) qui s’entoure de quelques cellules conjonctives celles-ci, se multiplient rapidement et constituent bientôt un épithé-
Fig. 001.
Portion terminale de l’oviducte et glandes nidamentaires supérieures de la Sèche femelle.
A ., anus. — Or.ur., orifices urinaires. — or. f/an.., orifice génital femelle. — r/l., glande de l oviducte. — ovd., oviducte. — reet., rectum. — or. nid., orifices multiples des glandes nidamentaires supérieures.
lium (lig. 600) ; ce dernier proliférant plus vite que la cellule-œuf ne grossit, arrive à former des plis saillants intérieurement; ils déterminent alors à la surface de l’ovule des rainures où sont logés les vaisseaux ; le vitellus est sécrété en abondance par l’épithélium folliculaire. A maturité celui-ci se rompt après avoir produit une coque transparente fort mince et percée d’un micropyle à son extrémité aiguë.
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L'œuf ainsi mis en liberté s'engage dans le grand canal de gauche, l'oviducte ( fi g . 588, 599 et 601), à parois très minces dans sa portion originaire, qui continue simplement la cavité viscéro-péricardique; puis, en quittant la masse des viscères pour devenir externe, il prend des parois épaisses très glandulaires à structure lamelleuse (fig. 601), où l'on peut distinguer une première région bilobée renflée (gl.) suivie d’une plus étroite aboutissant à l’orifice génital (or. gén.). Celui-ci a la forme d’un entonnoir plissé oblique. Le rôle de ces glandes terminales de l'oviducte est inconnu.
Les glandes nidament aires, extrêmement volumineuses chez la femelle adulte, occupent toute la surface des viscères, symétriquement, dans la cavité palléale, depuis le sommet de l’ovaire, jusqu’à l’anus. Dans l’échancrure médiane qui les sépare se trouve logée en bas la glande du noir (gl. n.) et en haut son canal excréteur (fîg. 599). qui passe finalement derrière.
Ces glandes nidamentaires, qui sécrètent les enveloppes de l’œuf, sont de deux sortes. Une première paire, la principale, se présente sous l’aspect de deux gros corps blancs ovoïdes (fîg. 599), à pointe supérieure, dont les axes convergent vers l'anus, aussi bombés sur leur face libre que sur leur face profonde; ils sont striés transversalement et les stries aboutissent toutes à un canal axial qui débouche à la pointe supérieure où se trouve un large orifice. Ces deux glandes sont entourées chacune d'une capsule solide conjonctive qui enveloppe leurs feuillets lamelleux élémentaires constitués chacun par une cloison recouverte sur ses deux faces d’un épithélium muqueux et cilié.
DEC A P ODE
LA SECHE
La seconde paire, les glandes nidamentaires accessoires (lîg. 599et 601), est d’un rouge vif, surmonte les principales et est formée d'une masse symétrique multilobée.
Ces glandes, enveloppées d'une même capsule, sont accolées sur la ligne médiane au moyen de deux lobes
(trappe d’œufs de Sèche fixés par un pédoncule aune herbe marine
(imitée de Jatta).
qui, par leur juxtaposition, figurent un cœur de carte à jouer.
Ces deux glandes, convexes supérieurement, sont concaves en dessous, et, dans une échancrure profonde, logent le conduit de la glande nidamentaire principale correspondante. Elles n’ont pas de canal excréteur propre, mais elles déversent par une foule de petits porcs leur produit dans le canal des glandes blanches près de son orifice sur sa face dorsale (lig. 601, or. 7iid.). Ces glandes rouges paraissent formées d'innombrables tubes à épithélium cilié.
Les sécrétions de ces glandes sont peu connues : elles
entourent vraisemblablement au passage les œufs d'une
Fig. 003.
Disposition des organes génitaux mâles de la Sèche, dans leur position naturelle (figure modifiée d’après Milne-Edwards).
O. G, orifice génital mâle. — R., poche deNeedham . — Pc., prostate. — O., orifice testiculaire. — 7\, testicule. — 6\, canal déférent. — art. (j . artère génitale.
coque noire, ayant l'aspect et la consistance du caoutchouc ; un cordon do même substance est attaché à l’un des pôles de l’œuf el l’animal le passe comme un anneau autour des brindilles d’herbes marines ; il forme ainsi des grappes volumineuses ressemblant à tles raisins noirs (fig. 602).
On ne sait pas au juste comment se fait la fécondation, car lorsque l'œuf reçoit le spermatozoïde il est déjà pourvu de cette épaisse coque qui, d'abord molle, durcit très rapidement au contact de l’eau.
Les œufs, à mesure que l'embryon se développe, augmentent de volume par absorption d’eau et diminuent l’épaisseur de leur coque par distension correspondante.
Organes males. — Tandis
que l’ovaire est directement enfermé dans la cavité viscéro-péricardique, le testicule, lui, est enfermé dans une
poche inférieure (lig. 003 et 004, c. t.) qui ne communique avec le péricarde que par un étroit orifice (o . ) . On voit audessus l'extrémité lobée (lig. 004, D.), béante, du canal déférent qui, lui, débouche librement dans le cœlome et non dans te testicule. 11 n’y a donc pas continuité entre la glande génitale et son conduit excréteur.
Le testicule consiste en une immense quantité de petites tigelles ( T ) rayonnantes, sur lesquelles les cellules épithéliales se transforment en spermatozoïdes. Elles sont implantées sur la paroi de la capsule, où leurs bases laissent une empreinte réticulée ressemblant à du tulle très fin.
Le canal déférent recueille le sperme par son orifice De n entonnoir et le conduit par un tube très long, le canal déférent
— la skche ri 85
Fig. 604.
Figure demi-schématique montrant les rapports des diverses parties dissociées de l’appareil génital mâle de la Sèche.
O, G., orifice génital. — 11., poche de Needham ou réservoir spiralé. — Col., columelle. — c. d., canal descendant. — G. m . . glande muqueuse. — Pr., prostate. — c. p. //..canal génital péricardique. — v. s., vésicule séminale. — C., canal déférent. — O.. orilice testiculaire. — 1), orifice du canal déférent. — T . , testicule. — c.t., capsule testiculaire.
(fig. 603 et 604, c.), et tortillé
Z MOL or. I E DESCRI PTIVE
jusqu'à un premier renflement, la vésicule séminale (v. s.) où il prend la forme d'un cylindre blanc, de consistance pâteuse qui, divisé bientôt en fragments de 1 centimètre de long environ, est immédiatement revêtu , d'une mince membrane anhvste. Gonlinuant son chemin, ce cylindre passe devant l'entrée d'un tube (c. p. g.) qui fait communiquer le canal déférent avec la cavité péricardique. De là il entre dans une grosse poche la prostate (/¥.), dont la muqueuse pariétale forme une foule de petits plis, puis il reçoit le produit glaireux d’une autre glande muqueuse, très transparente (g. 77i.). A ce moment le spermatophore est complet mais il reste tortillé pendant tout son trajet dans le mince canal descendant (c. d.), qui l’amène à l'entrée inférieure d’un vaste organe, la poche de Needham. Là, les spermatophores se mettent tous parallèlement les uns aux autres et remontent peu à peu la poche disposée en spirale jusqu’à l’orifice génital. Ils sont rangés verticalement dans un ordre parfait, ayant tous leur pointe grise en bas, sur plusieurs rangs parallèles d’épaisseur ; ils restent emmagasinés là jusqu’au moment d’être utilisés pour la fécondation;
Fig. 005.
Spermatophore de Sèche (figure modifiée d’après Milne-Edwards).
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ils sortent alors par paquets qu'entraîne le courant d’eau expulsé par le siphon.
Le spermatopliore (fig. 605) est un petit appareil extrêmement complexe formé essentiellement d’un étui cylindrique, tordu à sa pointe comme un fil de verre fondu à la lampe, et renfermant dans ses deux tiers inférieurs une poche à sperme et dans l’autre tiers un petit organe d’expulsion mécanique. « L’étui élastique est invaginé en luimême : la partie la plus profonde de l’invagination constitue le réservoir spermatique, et la partie la plus extérieure, très rétrécie, forme le connectif contourné en spirale. Quand le spermatopliore est mûr et expulsé, le connectif s’étend, se dévagine, entraînant dans son intérieur le réservoir qui le fait éclater et qui se déchire luimèmc ù son tour en laissant échapper les spermatozoïdes qu'il renferme (Pelseneer). »
Formes larvaires. — En raison de leur organisation (‘levée, les Céphalopodes ont une embryogénie des plus complexes; il est impossible, avec le cadre tout spécial de cet ouvrage, d'en entreprendre la description chez la Sèche ; nous nous bornerons à en signalerdes points caractéristiques.
L'œuf étant très gros et contenant un vitellus fort abondant, la segmentation, superficielle, débute à l’un des pôles par une série de scissures qui constituent peu à peu un blastoderme discoïde polaire, comme chez la poule. Il émet ensuite, dans la profondeur, des cellules qui enveloppent rapidement tout le vitellus d’une membrane à constitution plasmodiale, que recouvre secondairement le blastoderme à mesure qu’il s’étend par ses bords. A son