AUTOTOMIE ET RÉDINTÉGRATION, COMMENSAUX
Le Chétoptère jouit de la propriété de s’autotomiser. Saisi par la région supérieure il se rompt entre le premier et le deuxième segment de la région moyenne en un point qui est toujours le même. Les coupes ne donnent pas l'explication de ce fait et l’on est réduit à admettre que la rupture des muscles ventraux se produit sous l’influence de la contraction des muscles circulaires. La rupture opérée, les deux parties séparées, les contractions des fibres circulaires obturent les lumières du canal digestif, de la cavité générale et des vaisseaux.
Toute irritation un peu violente provoque cette rupture, mais l'irritation de la partie supérieure est nécessaire, on peut saisir l’extrémité inférieure sans la produire et s’il y a rupture elle se produit là, comme chez beaucoup d’annélides, près du point saisi. L’animal se rompt pour échapper à la cause irritante, à l'ennemi qui l'attaque. Il fait la part du feu. Cette rupture n’est point une cause de destruction, chacune des parties peut par bourgeonnement reproduire l’animal entier.
Commensaux. — On trouve vivant dans le tube du Chétoptère deux espèces d’annélides de la famille des Polynoïdiens : Polynæ setosissima (Sav.) et Nychici cirrhosa (Malmg.) qui n'est autre que Aphrodita cirrhosa de Pallas. Elles se rencontrent, soit isolément soit réunies dans le même tube. C’est là leur habitation de prédilec-
Cette planche représente six coupes transversales demi-schématiques du chétoptère faites à différents niveaux et passant par les segments qui diffèrent le plus entre eux. Les parties homologues ont été représentées de la même manière dans les six figures de manière à pouvoir distinguer facilement les parties correspondantes.
«, Ve segment (région supérieure). — b, XIe segment (dernier de la région supérieure^. — c, XIIe segment (premier de la région moyenne). — d , XIIIe segment (second de la région moyenne). — e, XVe segment (quatrième de la région 'moyenne) . — XV- segment (quatrième de la région inférieure).
Lettres communes : G, cavité générale. — 0, rame dorsale, — I, tube digestif. M, muscles ventraux. — C, centres nerveux. — OS, organes segmentaires. — T, tégument dorsal. — Vf), vaisseau dorsal. — VE, lobe externe de la rame ventrale. — VI. lobe interne de la rame ventrale. — - VV, vaisseau ventral. — G, gouttière vibrât ile dorsale. — G’, cirrlie.
lion, mais on les trouve aussi à la grève sous les pierres et dans les algues. Elles se placent dans le tube, la tète du côté de l’orifice d’entrée et le dos tourné du côté de la face dorsale du Cliétoptère. Elles ne vivent point aux dépens du Cliétoptère et en réalité elles ne sont pas plus les commensales de cette annélide que la Tégénaire de nos maisons n'est celle de l'homme. Il y a simplement cohabitation.
Out re ces deux Polynoïdiens, un curieux Bryozoaire vit dans le tube du Cliétoptère, c’est llypophorella expansa (Ehl.) 1 dont les colonies se développent dans l’épaisseur des parois du tube.
Morphologie. — * L'étude de l’embryogénie du Chétoptère serait d’un précieux secours pour éclairer les homologies des différentes parties du Cliétoptère, mais l'examen de l’adulte en a déjà révélé de fort intéressantes. En ce qui concerne l'extérieur de l'animal, elles peuvent être résumées dans le tableau suivant.
1 E. Ehlers. Ilypophorella expansa. etc. Ablidl. cl. physik, Cl. d. le. Gesselsch. cl. Wiss. zu Gottingen, vol. XXI. p. 1-146, 187-j. — Joyeux-Laffuie. Description du Delayia Chœtopteri, type d'un non veau genre de Bryozoaire. Arch. de zool., 2e série, vol. VI.
ANNÉLIDE TUBICOLE. — G H É T O P T O P T È B E 85