CRUSTACÉS
Le nombre des segments est cependant variable selon les espèces et la segmentation n’est pas aussi parfaitement fixe que chez les Malacostracés.
Le segment postérieur ou Telson est terminé par deux filaments longs et annelés, qu’on appelle la fourche caudale ou Furca ; c’est un des caractères de ces animaux où le segment terminal porte en outre, entre ces deux filaments, tronqués à la base sur la figure, l'orifice anal (fig. 345).
La tête possède deux paires d'antennes , une paire de mandibules et deux paires de pattes mâchoires.
Les deux paires d’antennes représentent chez la larve de l'Apus deux prolongements bien conformés et largement étendus ; mais, sur l’animal adulte, ce ne sont plus que des organes rudimentaires.
Les mandibules sont dépourvues d’appendices et les deux paires de maxilles ou de mâchoires sont rudimentaires.
Le tronc est muni d’un très grand nombre de membres semblables entre eux. La paire antérieure est surtout caractérisée par des parties prolongées en forme de fléau (fig. 345) qui jouent le rôle de rames ou de pieds nageurs.
Dans la moitié antérieure du corps seulement, le nombre des extrémités correspond au nombre des segments du corps ; dans la portion suivante, que l’on peut désigner comme l’abdomen, on constate que deux, parfois un plus grand nombre de paires de membres, appartiennent à un même segment du corps.
C’est là un fait remarquable, que l’on ne constate guère
mandibules
Fig. 346.
Pièces de la bouche de l’Apus.
autre part que chez certains Myriapodes (chez les Diplo-
podes).
Il existe ainsi, onze segments munis d’appendices, puis neuf autres segments avec vingt-huit paires d’appendices.
Les derniers segments du corps, qu'on peut considérer comme un post-abdomen, sont dépourvus de membres.
Fig. 347.
Patte thoracique.
Patte correspondant au 11e segment et servant de réservoir pour les œufs.
Si l’on observe l’ensemble des appendices, on constate une particularité très frappante. Tous possèdent un prolongement qui joue le rôle d’organe masticateur, de sorte que tout l’ensemble forme une rigole masticatrice ventrale le long de laquelle les parcelles de nourriture sont ramenées en avant vers la bouche.
La forme des appendices et de leurs prolongements est caractéristique, c’est celle d’un pied natatoire lobé assez analogue à une feuille d'arbre (fig. 347 et 348).
La onzième paire de pattes , à la base de laquelle est située rouverture sexuelle femelle, est transformée en un réservoir pour les œufs; l’épipodite est creusé à la façon d’une écuelie et l’exopodite forme un couvercle plat. A l’intérieur de l’écuelle
CRUSTACES.
l’apus
sont conservés, pendant la première période de l’évolution, les œufs qui se développent très lentement (fig. 348).
Description de l’organisation interne de l’Apus.
— Si l’on enlève le bouclier céphalique et si l’on dissèque avec précaution les téguments de la région de la tête et du tronc, voici les organes que l’on trouve successivement :
Le long de la ligne médiane dorsale des segments du tronc s'étale le cœur.
Au-dessous du cœur, on aperçoit l’intestin très volumineux (fig.
350) qu’on peut suivre depuis la tête jusque vers l’extrémité postérieure ; Y œsophage (le stomodæum de la larve) et Y intestin terminal (le proctodæum larvaire) ne sont pas très long.
Le foie , qui se compose d’un grand nombre de petits lobes reliés ensemble, en forme de grappe, remplit la cavité de la tète.
Dans un plan plus profond se trouve la masse principale du système nerveux ; on ne l’aperçoit qu’après avoir enlevé l'intestin et les ovaires (fig. 351).
Il est constitué par le ganglion cérébroïde qui innerve les yeux et est relié par les connectifs péri-œsophagiens à la chaîne nerveuse ventrale qui est en forme d'échelle
Fig. 349.
Coupe d’un segment thoracique de l’Apus montrant les principaux organes.
de corde. Aussi bien les ganglions que les commissures longitudinales sont en effet, relativement très écartés le long de la chaîne et les ganglions sont reliés par deux commissures transversales (fig. 351).
Le caractère homonome de la segmentation est biencon-
fl
Apus vu par la face dorsale après l’ablation du bouclier céphalique, pour montrer le cœur et l’intestin.
gang, cérébral*
Vue générale du sj'stème nerveux de l'Apus, par la face dorsale.
servé sur toute la chaîne ventrale, même pour les ganglions pharyngiens qui appartiennent aux segments céphaliques.
L’appareil circulatoire est très simple, il a pour organe principal le cœur qui est divisé en plusieurs chambres et montre un type très primitif.
A chaque chambre, correspond une paire de fentes latérales et le nombre des chambres est identique au
C IUT S T A CES.
nombre des segments du corps. Le sang qui entre par les fentes s’en va par l’extrémité antérieure et par l’extrémité postérieure de l’organe pour s’épandre ensuite dans la cavité du corps, sans qu’il existe de vaisseaux nettement endigués pour le ramener dans le péricarde.
Des deux cotés de l'intestin se trouvent les ovaires, organes pairs qui consistent en de nombreux follicules en forme de grappe, en connexion avec Yoviducte longitudinal (fig. 352).
ont-
plèvre sup
N ^pie^Ls
Un ovaire détaché en connection avec l’oviducte.
ce iZ
Ficr. 353.
Fig. 354.
Deux phases larvaires du développement de l’Apus.
La place où débouche l’oviducte se trouve à peu près à moitié de la longueur du corps et cet orifice s'ouvre,
ainsi que nous l’avons déjà signalé, vers la base de la onzième paire de membres.
Après l’incubation l’œuf passe par la forme Nauplius (fig. 353) typique des Crustacés, et la larve nauplienne se transforme peu à peu en adulte, à la suite de mues successives comme l’indique la figure 354.