‹ Zoologie descriptive; anatomie--histologie et dissection des formes typiques d'invert©♭br©♭sChapitre 47 sur 168 · S C II I Z 0 P 0 D E S · texte numérisé non relu

S C II I Z 0 P 0 D E S

LA MYSIS

taillée au milieu (Anchialus, Stylocheiron) ou en deux pièces réunies et plus ou moins soudées à leur base (Euphausia, Eucopia, Gnathopliausia). En avant, elle offre un labre (fig. 411), en forme de casque, triangulaire ou quadrangulaire, dont l’angle antérieur, plus ou moins saillant, peut se prolonger en une tige effilée et dentelée ou non latéralement (Siriella).

Enfin, tout à fait en avant, sont les antennes, les antennules et les pédoncules oculaires.

Ces derniers n’offrent aucune particularité, si ce n’est leur grand développement qui est en rapport avec celui des yeux. Dans les Euphausia, l’article basilaire porte un ocelle ou œil larvaire, tandis que l’article ter-

Fig. 410.

Métastome (d’après Sars). — a, Anchialus typicus , Krôyer. — 6, Eucopia australis, Dana.

Labre. Anchialus agilis, Krôyer (d’après Saks).

OT'tJCUUl- lllJTlÀJteALJC/

Fig. 412.

Pédoncule oculaire d 'Euphausia pellucicla (d’après Saks).

minai présente, en dehors de l’œil composé normal, un organe lumineux (lig. 412).

La tige triarticulée des antennules présente, chez les n. 13.

mâles, sur le bord interne, lin appendice spécial (fig. 413), couvert de poils olfactifs. L’endopode et L exopode ont la forme de fouets annelés, l’exopode ordinairement plus long et moins grêle que l’endopode.

L’antenne reproduit l'aspect de celle des Macroures avec un endopode annelé et un exopode en forme d’écaille.

La mandibule a toujours un palpe tri-articulé qui lui est annexé (fig. 414).

Réduite ordinairement aux coxas et basos aplatis (Sierilla, Anchialus, etc.), qui se subdivisent parfois chacun une fois (Euphausia), la lre mâchoire peut exceptionnellement montrer un endopode ou palpe indivis (fig. 414).

La "2e mâchoire (fig. 414) comprend un coxa et un basos plus ou moins profondément entaillés, un endopode bi-articulé et une plaque (exopode) à bord libre, arrondi et garni de soies (Siriella, Gastrosaccus).

Le 1er maxillipède (fig. 414), robuste, a un endopode pédiforme, divisé, contrairement à celui des Macroures en ischion, méros, carpe, propode et dactyle ; le basos commence à prendre la forme qu'il revêt dans les mâchoires. L'exopode, très développé dans les Mysidæ et Euphausiidæ, tend à se réduire dans les autres Schizopodes. C’est une branche aussi longue ou plus courte que l’endopode, ayant l'aspect d’une patte ou plutôt d’une rame, comprenant un nombre plus ou moins grand d’articles et, par exception (Eucopia), un seul article. De dimensions très variables, l’épi-

Fig. 413.

Siriella Thompsonii, M. Edw. — Pédoncule antennulaire et appendice olfactif du mâle (d’après Sars).

SCHIZOPODES.

LA MYSÏS

pode est uno plaque lancéolée, bien développée et glabre dans les Mysidæ et dressée sous le corps ou (Eucopiidæ et

Pièces péribuccales (d’après Sars). — «, mandibule d 'Euphausia pellucida. — â, première mâchoire à' Euphausia pellucida. — c, première mâchoire de Sirïella Thompsonii. — d, seconde mâchoire de Sirïella Thompsonii. — e, premier maxillipède de Siriella Thompsonii.

Lopbogastridæ) dans la chambre branchiale ; il est rudimentaire ou manque dans les Euphausiidæ.

Le maxillipède diffère du 1er par l’absence d’épipode. Il est modifié en gnathopode, sauf dans les Euphausiidæ chez lesquelles il est semblable aux pattes thoraciques. Cet appendice porte des branchies, à l’exception des

Mysidæ qui sont dépourvues de véritables branchies. Il donne attache, en outre, à une lamelle incubatrice dans les Eucopiidæ et les Lophogastridæ, ainsi que dans les genres Petalophtalmus et Boreomysis (Mysidæ). Entin, il y a un organe lumineux sur le basos (Euphausiidæ).

Le 3e maxillipède a, chez les Mysidæ, une structure semblable à celle des pattes thoraciques et est natatoire : la partie terminale est souvent divisée en courts articles sétifères, le dactyle étant étroit ou manquant. Par exception (Petalophtalmus, Boreomysis) il y a à la base une lamelle incubatrice. Dans les Euphausiidæ, même structure que celle des pattes thoraciques, avec un organe lumineux sur le basos. Dans les Eucopiidæ, ce maxillipède, ainsi que le précédent et la première patte thoracique, est modifié en gnathopode avec, chez la femelle, une lamelle incubatrice. Il y a un épipode rudimentaire dans Gnathophausia ; mais, en dehors de cette pièce, le 3e maxillipèle est dans les Lophogastridæ semblable aux pattes thoraciques.

Les pattes thoraciques sont ordinairement uniformes dans la même famille , sauf Eucopia qui a la lrc patte thoracique transformée en gnathopode et Euphausiidæ qui ont la 5e et quelquefois la 4e plus ou moins rudimentaires , quoique portant une branchie bien développée (lig. 3). Dans les divers Schizopodes, ces pattes ont un endopode et un exopode, celui-ci plus court. Le dactyle est étroit ou manque dans les Mysidæ (fig. 415); il est indistinct dans les Euphausiidæ dont les pattes sont géniculées, sétifères, impropres à la marche (fig. 404). Chez les Eucopiidæ, les 2e, 3e et 4e sont très minces, filiformes, avec dactyle falciforme et très mobile, tandis que

SCHIZOPODES.

la 5e est simple et non préhensile. Enfin, dans les Lophogastridæ, tontes sont ambulatoires avec un dactyle très net.

Toutes les pattes thoraciques portent, sauf celles des Mysidæ, des branchies. De plus, elles ont toutes sans exception des lamelles incubatrices (Eucopiidæ, Lopho-

Fig. 415.

Pattes thoraciques (d'après Sars). ■ — a, patte thoracique de Siriella Thompsonii. — b, cinquième patte thoracique de Siriella Thompsonii.

gastridæ , Petalophtalmus, Boreomysis) qui se réduisent à deux paires (4e et 5e thoraciques) chez les Mysidæ ou qui font entièrement défaut aux Euphausiidæ. En lin la 5° porte un organe pénial (fl g. 415, b), ainsi qu'à la base (Euphausiidæ) un organe lumineux.

11 faut noter que la carapace membraneuse dans la plupart des Schizopodes, souvent mince et hyaline, montrant par transparence des taches pigmentaires (Mysis, Macrop-

OJ'isj Ùlc- du ncj'f' ajitc’Jin^cLiXAS'e

loba , optique

Fig. 4 1 6>

Système nerveux à'Euphciusia pelluciclci (d’après Sars).

sis, Siriella, etc.) , se calcifie plus ou moins dans les Lophogastridæ.

Principaux orifices. — Il n’y a pas d'ouverture externe auditive, les otocvstes étant des vésicules closes.

La glande rénale occupe la même place et débouche au même point que dans les Macroures.

La bouche est également semblable. L’anus, débouchant à la face ventrale et postérieure du tel son, montre une épine préanale dans les Euphausiidæ (Euphausia, Thysanopoda, Thysanoëssa) ; cette épine est plus ou moins denticulée.

L’ouverture sexuelle mâle est située sur l’organe pénial (5e patte thoracique) ; l’orifice externe de la femelle se trouve à la base de la 5e patte thoracique et non de la 3e.

Système nerveux. — La concentration du système nerveux est moins avancée que dans les Macroures. Cet appareil (lig. 41 G) est surtout

SCHIZO PO DES.

remarquable par la chaîne ganglionnaire ventrale très allongée et portant des ganglions dans presque chaque zoonite.

Du cerveau partent deux connectifs formant un collier œsophagien , connectifs réunis à la partie postérieure par une courte commissure transversale. Ils aboutissent à un ganglion sous-œsophagien, duquel partent deux commissures écartées l’une de l’autre dans la plus grande partie de leur longueur, réunies entre elles vers la partie postérieure du thorax. Dans ce parcours, elles présentent dix paires de ganglions accolés, les deux dernières étant plus ou moins soudées. Une vaste gaine enveloppe ces divers ganglions.

Dans l'abdomen, commissures et ganglions sont intimement accolés deux à deux. La dernière paire émet des nerfs pour les otocystes situées dans les Mysidæ à la base des endopodes des six pattes abdominales.

11 existe des nerfs stomato-gastriques.

Organes des sens. — Les poils de l’olfaction sont localisés chez le mâle sur un organe spécial dépendant de la tige des antennules (fig. 413).

L’audition a chez les Mysidæ un siège tout à fait caractéristique :

Les otocystes se trouvent en effet à la base des endopodes des pattes abdominales de la sixième paire (fig. 402). Elles ne sont pas ouvertes comme celles des Macroures, mais closes. Ce sont des dépressions tégumentaires fermées après coup, contenant un volumineux ololithe fixé par des poils auditifs barbelés et qui s’insèrent chacun sur un filet nerveux terminé lui-même par une cellule nerveuse.

7 O O L O G I E DESCRTPTI V E

Les yeux sont des yeux composés à facettes (fig. 402, 403, 404, 412). Dans les Euphausiidæ, il y a en outre des globules ou organes lumineux disséminés sur les téguments dorsaux du thorax et de l’abdomen (fig. 403), sur les pédoncules oculaires (fig. 412) et sur certains appendices céphalothoraciques (fig. 404), à une place précédemment indiquée. Ces yeux accessoires (fig. 417) sont des sphères mobiles pourvues d’une lentille

derrière laquelle s’étale en éventail un Fi" 41 7 .

* • . bouquet de fibrilles, irisées sur l’animal

QEil accessoire 1

ou organe lu- frais. L’enveloppe externe contient une

inineux d Lu- COuche pigmentaire rougeâtre.

phausia pellu - A ° u

ci da (d’après

Sars). Tube digestif. — Il est construit sur le

même plan que celui des Macroures avec œsophage court, dirigé obliquement en haut et en avant, estomac divisé en deux régions, intestin moyen et intestin postérieur.

Chez les Mysis1, l’estomac est très allongé ; la division cardiaque a des dimensions très grandes par rapport à celles delà division pylorique. Celle-là présente deux dents latérales dont la situation est normale. La dent médiane fait défaut ; mais il y a une sorte de préparation à sa formation, comme à celle des pièces pylorique et propylorique, dans un commencement d’invagination de la partie de la paroi dorsale qui répond à la voûte cardio-pylorique. Les plaques cardiaques latérales sont fort longues comme chez beaucoup de Salicoques ; les cardiaques inférieures

' Mocquard. Estomac des Crustacés Podophthalmaires. Ann. Sc. Nat. Zool., 1883.

SCHIZOPODES.

sont aplaties et comme cornées ; enfin un liséré membraneux à soies non plumeuses est le rudiment de la pièce pennée des Salicoques.

Dans la région pylorique aucune pièce squelettique distincte. Il y a deux lames d’apparence cornée entre lesquelles est une saillie valvulaire étroite, près de l’orifice du conduit pylorique. Au-dessus de ces lames les parois forment un repli longitudinal saillant à l’intérieur et couvert de soies. Enfin, un prolongement membraneux dorsal et deux latéraux représentant sans doute les valvules dorsale et latérales des Macroures, terminent le sac pylorique. L’homologie avec l’estomac des Macroures est donc évidente.

Dans l’intestin moyen s’ouvrent quatre paires de cæcums à parois glandulaires (Mysis), dont deux antérieures petites et deux postérieures plus grandes, correspondant à la glande digestive de l’Écrevisse, mais ici moins concentrée et ayant conservé une disposition plus primitive.

Appareil circulatoire b — Le sang est incolore, limpide, avec des corpuscules figurés hyalins qu’on aperçoit aisément quand ils sont en mouvement. Dans les Mysidæ, d'après Yan Beneden, le cœur (fig. 418), qui occupe la même place que chez les Décapodes, apparaît, à la hauteur des dernières pattes thoraciques, sous l’aspect d’un vais¬

seau longitudinal pulsatif, divisé en deux chambres de dimension à peu près égale et entouré d’un péricarde. Il est relié à la voûte du céphalothorax par des brides nom-

1 Van Beneden. Recherches sur la fausse littorale de Belyiquek Crustacés. Acad. roy. Belgique, 1801, p. 45 et suiv.

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