‹ Zoologie descriptive; anatomie--histologie et dissection des formes typiques d'invert©♭br©♭sChapitre 57 sur 168 · LA P A R A M E N I E · texte numérisé non relu

LA P A R A M E N I E

Aucun Néoménien ne se rencontre dans les eaux superficielles battues contre le rivage ; il ne s’en trouve qu’à des profondeurs suffisantes pour que l’agitation des vagues ne s’y fasse plus sentir. Dépourvus de coquille protectrice et de moyens solides d'adhérence, ils sont adaptés spécialement aux eaux en repos ; ils sont là les représentants des Chitons qui, pourvus au contraire d’une coquille épaisse et d'un pied bien développé, se plaisent particulièrement dans les eaux agitées de la surface, sur les rochers.

Extérieur ; orientation. — La Paraménie (fig. 456, A) ne dépasse pas 12 millimètres de long sur 2 millimètres de

Face \rentrale Face dorsale

Parcnnenia impexa , grossie 2 fois environ. Forme extérieure

et spiculés.

large. Au repos, l’animal paraît sous la forme d’un corps cylindrique d’un blanc crémeux ; les spiculés qui le hérissent et qui sont indiscernables à l’œil nu lui donnent un aspect particulièrement velouté et brillant qui permet, avec un peu d’habitude, de le reconnaître aisément au milieu des fragments de Bryozoaires dont il a la couleur

et généralement l’immobilité. L’extrémité arrondie du cylindre correspond à l’extrémité céphalique (fig. 457, À). L’extrémité caudale (fig. 457, B), au contraire, est tronquée transversalement et montre un cercle incomplet, rosé ou jaunâtre, qui, sous la loupe, se résout en une quinzaine de petites perles transparentes, extrémités libres des branchies cloacales. A la moindre alerte elles se rétractent et

Fig. 457.

Les deux extrémités du corps. — A, extrémité céphalique vue par la face ventrale. — B, extrémité caudale vue par la face dorsale.

le cloaque se referme sur elles comme une bourse dont on tire les cordons.

11 faut être prévenu et ne pas céder à la tentation de prendre cet orifice très apparent avec ses papilles pour l’orifice buccal, erreur qui a été commise môme par des savants les plus éminents.

Si on renverse l’animal (fig. 456, A), la face ventrale se laisse reconnaître à la fente longitudinale qui règne sur presque toute la longueur du corps. C’est le sillon pédieux qui renferme le pied proprement dit, ou soc pédieux , sous la forme d'une petite crête peu épaisse. Échancrant en arrière le bord de l’orifice cloacal, le sillon aboutit en avant à une dépression large et profonde, la fossette

NÉOMÉNIENS. — LA PÀltÀMÉNIE

pédieuse , séparée d’autre part de la bouche par un étroit bourrelet. La bouche subterminale est flanquée latéralement de deux replis labiaux contractiles ; suivant le degré de leur contraction, elle prend les formes les plus variées, en triangle, en 8, en I, ou peut se fermer complètement. Alors sa véritable position est difficile à reconnaître au milieu de la broussaille des spiculés qui l’entourent.

Le bord dorsal de la bouche présente en son milieu un petit bouton sensitif et un autre presque cylindrique, rétractile, se montre sur la face dorsale du corps, à peu de distance de l’orifice cloacal.

Les spiculés (fig. 456, B) sont répandus sur toute la surface du corps, sauf sur le pied et dans le sillon qui l’emprisonne. Calcaires, absolument hyalins, pourvus d’une cavité centrale sur une partie de leur longueur au moins, ils sont de formes différentes suivant les régions. Le revêtement général est formé de spiculés aciculaires, légèrement courbes et à pointe effilée. Entre eux on trouve, mais sur la face dorsale seulement, d’autres spiculés moins saillants, en forme d'hameçons mousses et avec une petite pointe au point de recourbement. Sur la face ventrale, au bord du sillon pédieux, les spiculés ordinaires sont remplacés par une double rangée de spiculés aciculaires également, mais légèrement aplatis et élargis(en lame de couteau. Enfin, de très petits spiculés aplatis, foliacés, font des couronnes autour des boutons sensitifs céphalique et caudal.

Téguments. — Le tégument (fig. 458) se compose de deux parties :

1° L'épiderme, constitué par une couche unique de cellules cubiques, à noyau ovale volumineux ;

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