‹ Zoologie descriptive; anatomie--histologie et dissection des formes typiques d'invert©♭br©♭sChapitre 61 sur 168 · NÉOMÉNIE NS. — LA PARAMÉNIE · texte numérisé non relu

NÉOMÉNIE NS. — LA PARAMÉNIE

elles montrent encore leur connexion fondamentale par leurs pointes qui aboutissent toutes à la surface entre les cellules épidermiques voisines. Du reste, on voit sur la figure 459 les dernières cellules du soc pédieux au voisinage immédiat du pédoncule glandulaire entraînées plus ou moins par le mouvement de refoulement.

La fossette pédieuse , où se termine antérieurement le sillon pédieux, est une cavité relativement vaste dont le fond est tapissé de longs cils vibratiles, et dans laquelle est déversé le produit de sécrétion d’une glande particulière très développée, la glande supra-pédieuse , dont les lobes s'insinuent entre tous les organes de la région céphalique. Cette sécrétion, sorte de mucus transparent, doit être en rapport avec la locomotion. On voit parfois sur le vivant l’orifice de la fossette se dilater et par cette ouverture agrandie fait saillie une sorte de bouton jaunâtre fortement cilié que l’animal appuie sur l’objet sur lequel il rampe comme pour y fixer une gouttelette de mucus, avant de le faire rentrer et de se remettre en marche. On peut constater aussi sous la loupe que la Paraménie en marche contre la paroi d’une cuvette de verre par exemple, laisse derrière elle un fin filament de mucus, assez résistant pour supporter tout son poids si on cherche àla faire tomber. Les traînées filamenteuses de cette sorte partent du sillon pédieux et sont dues probablement, en partie du moins, à la sécrétion des glandes pédieuses. Mais on peut souvent les suivre jusqu’à la fossette antérieure et alors elles ne peuvent être produites que par la glande supra-pédieuse.

Sur les coupes on trouve la forme et les dimensions de la fossette très variables suivant l’état de contraction. La figure 460, A

qui représente une coupe sagittale, montre le fond de la fossette soulevé en une papille conique formée d’un haut épithélium cylindrique cilié; c’est probablement elle qu’on voit de temps en temps saillir au dehors sur le vivant. Aucune cellule glandulaire n’appartient à cette région. Toutes les cellules qui forment la glande supra-pédieuse aboutissent en avant de la papille, sur la paroi antérieure de la fossette, qui par contre semble entièrement dépourvue de cils. Ayant pu mettre en

Fig. 46U

plancher buccai

cils

vibratiZcs

Fossette et glande supra-pédieuse.

A, coupe sagittale de la fossette pédieuse. — B, coupe d’un lobe de la glande

supra-pédieuse.

coupe plusieurs individus de Paramenia impexa. j’ai rencontré la glande supra-pédieuse à différents états de son activité sécrétrice. Quand elle est le moins avancée, on voit les lobes de la glande relativement petits, formés presque exclusivement de cellules très reconnaissables, pyriformes, à gros noyaux sphériques, à contenu protoplasmique granuleux et fortement Colombie par le carmin et l’hématoxyline. Toutes se prolongent en pointe effilée et viennent s’ouvrir isolément entre les cellules épithéliales sur tout le fond de la fossette, en avant de la région ciliée. A cet état la glande supra-pédieuse ne diffère donc des glandes du sillon pédieux que par le nombre plus considérable de ses éléments cellulaires. Elle a la même valeur et doit aussi

NEOMENIENS.

LA PARAMENIE

être regardée comme une simple différenciation des éléments épidermiques dans la région pédieuse.

Mais l’aspect est tout différent si on s’adresse à une glande en pleine activité. Là (lig. 460, B), on ne trouve plus qu’en petit nombre les cellules caractéristiques précédentes non déformées. A côté d’elles quelques-unes, comprimées en croissant, sont encore reconnaissables. Mais tous les lobes de la glande, d’ailleurs beaucoup plus volumineux et occupant à peu près toute la cavité de la région céphalique, sont presque exclusivement formés de masses arrondies dont le contenu homogène et transparent ne se colore plus par le carmin ou l’hématoxyline, mais montre pour le vert de méthyle la même avidité que montre toujours le mucus des Mollusques. Ces masses ont des dimensions très différentes. Les plus petites sont des cellules; on reconnaît la membrane d’enveloppe, le protoplasma et le noyau refoulés et aplatis plus ou moins contre le fond. Les plus grandes sont bosselées , présentent dans leur intérieur des cloisons incomplètes partant de la membrane d’enveloppe contre lesquelles on retrouve les traces de plusieurs noyaux complètement aplatis. Elles résultent donc de la fusion de plusieurs cellules voisines dont les parois de séparation se sont rompues par suite de la production de plus en plus considérable de mucus à leur intérieur. Celui-ci finit par se faire jour au dehors, comme le montre la figure 460, A, sous forme de gouttelettes, en écartant et dislocant les cellules du revêtement épithélial. La sortie du mucus ne se fait pas indifféremment par un point quelconque : sur toutes mes préparations d’animaux à cet état de sécrétion je vois le mucus s’échapper seulement en deux points symétriques en avant de la papille à droite et à gauche. Cette sortie se fait par une véritable effraction de l’épiderme. On ne peut pas reconnaître de prolongements cellulaires dans lesquels le mucus serait enfermé et qui le conduiraient endigué jusqu’au dehors. On doit donc admettre que les cellules sécrétrices, d’abord en rapport avec les cellules de l’épithélium de la fossette, sont de plus en plus fortement dilatées par la production du mucus à leur intérieur et que, de la même manière qu’elles éclatent et mélangent leur contenu avec celui

de leurs voisines, elles rompent aussi leur pédicule et perdent toute connexion avec l’épithélium. Quand le mucus est suffisamment abondant, il se fraie un passage en écartant les cellules épidermiques au point le plus rapproché et où la résistance est la moindre.

Muscles, parenchyme (fig. 463 et 470). — Le revêtement musculaire montre une grande analogie avec celui des Annélides. Tout contre l’épiderme court une mince couche de fibres circulaires qui du côté ventral passent comme un pont au-dessus du repli pédieux et le fixent dans sa forme. En dedans les fibres longitudinales forment une couche également mince et continue sur les lianes et sur la face dorsale; mais sur les côtés du sillon pédieux les fibres sont beaucoup plus nombreuses et forment deux volumineux muscles longitudinaux ventraux étendus de l’extrémité céphalique à l’extrémité caudale.

D'un autre côté, des bandes musculaires obliques s’insèrent sur les flancs à mi-hauteur du corps environ et se rejoignent sur la ligne médiane ventrale entre-croisant leurs fibres avec celles du pont sus-pédieux. Enfin, au-dessus de ce dernier et juste au-dessous de l’intestin une sorte de sangle musculaire horizontale relie les muscles obliques d’un côté à ceux du côté opposé et forme la paroi dorsale du sinus sanguin ventral.

Il ne s’agit pas là des cloisons continues, mais de faisceaux isolés échelonnés tout le long du corps à une certaine distance les uns des autres. L’intestin légèrement étranglé par eux fait saillie dans leurs intervalles et prend un aspect bosselé. Mais les muscles obliques ne forment pas ici les diaphragmes transversaux équidistants et l’intestin ne présente pas les renflements latéraux à allure régulièrement segmentaire qui ont été indiqués plusieurs fois par les auteurs chez d’autres espèces.

NEOMENIE N S. — LA PARAMENIE

Toute la cavité du corps est traversée, à l’exception des deux sinus sanguins ventral et dorsal, par des éléments conjonctifs, fibres et cellules, accompagnées de quelques

papilles

buecales

gang lion cerdbr'ouLù •-

papille retro -p huj’p ngiennei

intestin,

moyen/

œsophage

fossette

-pédieuse

- rcuiula

a Lande scuaoaxre ventrale

glande

Salivaire

dorsale

Extr.anL. de la- — y lande génitale

Fig. 461.

Figure d’ensemble reconstituée d’après des séries de coupes transversales, pour montrer les rapports des organes dans la région antérieure du corps, vu par le côté droit.

fibres musculaires et formant une sorte de réseau à larges mailles où circulent en abondance les globules sanguins.

Canal digestif. — Le tube digestif laisse reconnaître

ZOOLOGIE DESCIUPTIVE. — II.

avec évidence sa division fondamentale en trois régions, une moyenne, intestin moyen ou estomac endodermique, continuée directement en arrière par Y intestin postérieur ou rectum, mais terminée antérieurement en cul-de-sac {cæcum frontal) et abordée à une certaine distance de son extrémité par Yintestin antérieur (fig. 461).

1° Intestin antérieur. — La bouche est une large cavité peu profonde, semée de papilles arrondies à surface cuticularisée. Le pourtour de l’orifice buccal est parcouru par un bourrelet labial garni de cils vibratiles, et sur la ligne dorsale deux bourrelets longitudinaux rapprochés, également ciliés, forment une gouttière conduisant à l’entrée du pharynx.

Le pharynx se présente sous l'aspect d’un tube court dont la paroi plus ou moins plissée est formée d’une seule couche de cellules à noyaux allongés, doublée d’une forte couche musculaire annulaire. Il s’arrête en arrière au point où il émet deux diverticules ouverts l’un en face de l’autre, un ventral renfermant la radula et un dorsal occupé par la papille rétro-pharyngienne .

h' œsophage situé sur le prolongement direct du pharynx et à peu près du même calibre que lui, n’en diffère guère chez cette espèce que par ses cellules épithéliales moins hautes et sa doublure musculaire réduite à quelques libres espacées.

Radula. — Cet organe, tout à fait rudimentaire chez les Néoméniens, quand il n’est pas tout à fait absent, se compose ici de cinq ou six paires de petits crochets chitineux jaunâtres, en forme de faucilles, à bord concave dénticulé, se regardant par leurs pointes et formant une

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