‹ Zoologie descriptive; anatomie--histologie et dissection des formes typiques d'invert©♭br©♭sChapitre 76 sur 168 · ZOOLOGIE O E S C II I P T I V E · texte numérisé non relu

ZOOLOGIE O E S C II I P T I V E

partie atrophié. ( Voir plus loin la circulation dans l'intérieur du rein.)

Préparation anatomique. — Pour apercevoir les reins de la Patelle, on frotte avec un pinceau la paroi dorsale du manteau fortement pigmentée en noir. On distingue alors par transparence le rein droit et le rein gauche très réduits comme dans la figure 483.

Pour préparer les orifices, on excise le manteau sur la face dorsale de la cavité palléale. On aperçoit alors le rectum et, de chaque côté, deux orifices conduisant chacun dans une ampoule, qui précède la cavité du rein proprement dit.

Pour étudier l’intérieur du rein gauche, on fait une incision bien ménagée, à partir de l’orifice excréteur gauche en se dirigeant vers la base du péricarde. S’il s’agit du rein droit, on part de l’orifice correspondant et l’on dissèque vers la portion postérieure du corps (fig. 485).

Les tissus du rein étant d'une extrême délicatesse, il est difficile de conserver intactes les parois. Les coupes en série doivent compléter l’étude.

Histologie. — Les cellules rénales forment un épithélium continu, supporté par une trame conjonctive lacunaire. Elles contiennent souvent des concrétions volumineuses qui ne se dissolvent pas dans les réactifs habituels.

Ces cellules volumineuses, normalement de forme cubique, ont des cils vihratiies allongés. Elles ne présentent de plateau distinct que dans le voisinage de l'orifice excréteur. Le noyau est souvent refoulé dans la partie inférieure de la cellule (fig. 483, II).

En certains points de l’épithélium, dit M. 11. Perrier, les cellules qui partout ailleurs forment un revêtement uniforme,

1 Rk.uy Perrier. Loc. :cit.

sont plus volumineuses, se rentlent en massue à leur extrémité comme les cellules à vacuoles des Prosobranches supérieurs; le protoplasma devient plus clair, comme s'il y avait tendance à la formation d'une vacuole; enfin les granulations diminuent de nombre. L’auteur voit dans ces formes de cellules un acheminement vers la cellule rénale différenciée des Mollusques supérieurs, mais je n'ai pu arrivera vérifier le fail.

Description de l'appareil circulatoire et respiratoire. — L’appareil circulatoire est constitué par un

Veine branclx ia. le

Oreillette, ouverte.

Orifice, n un cul o oentricuL ■

Orifice des veines paLLcalcs

■ Tractustendineux

- Ventricule,

Art. génitale

Ventricule, \

ounert, aortique

-Aorte,

'Ven.tin.cule, inf. ou, aorte, commune.

Fig. 487.

Cœur de la Patelle (d’après Wegman).

Ouvert jiar la face dorsale.

cœur à trois cavités, un système artériel en partie lacuneux et un système veineux lacunaire. L’appareil respiratoire est représenté par des branchies en forme de lames situées entre le manteau et le pied.

Cœur. — Le cœur est situé dorsalement au fond de la cavité palléale, en dedans de la partie antérieure gauche du muscle en fer à cheval1 (fig. 487).

• Mii.nk-E dwakds. Sur la circulation , Ann. des sciences naturelles. 18 47.

ZOOLOGIE DESCIUPT1VE.

La direction de son grand axe est oblique de gauche à droite et de bas en haut L

Il présente trois cavités, considérées par M. Wegmann : celle du haut, comme une oreillette; les deux autres1 moyenne et inférieure, comme un ventricule divisé en deux portions.

Cet habile anatomiste, à qui nous empruntons la figure 487, a fort bien décrit les trois vésicules cardiaques, mais je crois qu'il a tort de voir dans la poche inférieure un dédoublement du ventricule, ce qui serait un fait tout à fait exceptionnel chez les Mollusques. Il me paraît plus simple de la considérer comme l’origine de l’aorte commune devenue contractile, quelque chose d’analogue à un bulbe aortique.

Le cœur est complètement entouré par le péricarde auquel il est intimement relié sur plusieurs points.

La vésicule supérieure ou oreillette est à parois minces et transparentes. Elle reçoit la veine branchiale et de petites veines palléales.

^ La vésicule moyenne ou ventricule est à parois assez épaisses, sauf dans la partie qui regarde l’oreillette. Elle ne reçoit pas de vaisseaux.

La vésicule inférieure ou aorte commune a des parois épaisses et donne naissance, à gauche: à l’artère génitale, à droite, à l'aorte descendante (fig. 17, 18 et 19).

Le rectum ne traverse pas le cœur , mais passe assez loin , au-dessous de lui .

Système artériel. — L’aorte, au sortir du péricarde, s'enfonce vers la face ventrale, perce la glande salivaire,

1 Wegmann. Ioc. cit.

embrasse l'oesophage du côté dl*oit et s'ouvre dans te vaste sinus péri-radulaire h Ce sinus ne doit pas être confondu

Tête

Sun us- artériel cep hcdzq ur

Cœur -

Artère^ génitale

Rein droit ..

Branchies -

Artère génitale

Glande génitale^)

Bord du manteau

Branchie rudimentaire

J in us a ein eiucy ' -pe/'i polirai

Anus

..Muscle de la J coquille

Aorte

^ - - Sinus veineuny

- Rein droit

Sinus art .

CS' peri-rcuhdf.

... Terne* a.fferenle’ cLll cœur

Canau^C'

veineiuc

^V'Muscle de la coquille

Bord du manteau '' (f?/

Sùuls veineux, branchial

Fig. 488,

Patelle injectée vue parla face dorsale pour montrer l’appareil

circulatoire.

(Les (issus son! supposés transparents (tour laisser voir le cœur cl les sinus artériels.)

avec la gaine de la radula. La r adula est entourée d'une membrane {la gaine) et le tout est contenu dans f intérieur du sinus péri-radulaire (tig. 488 et 489).

1 Milne-Edwards, Sur la circulation , Ann. Sc.'nat., Y, VI 11.

Le sinus péri-radulaire se poursuit eu avant par le sinus céphalique.

Le sinus céphalique s’étend entre les grands cartilages de la radula, les muscles et la paroi interne des téguments et de l’œsophage.

Du sinus céphalique se détachent Y artère abdominale et les artères pédieuses (fîg. 489).

Les artères pédieuses forment un tronc commun qui s’élargit en arrière des ganglions pédieux en un réservoir d’où sortent deux paires d’artères : une antérieure qui irrigue la partie supérieure du pied, une postérieure qui pénètre dans la partie inférieure du pied.

Les cordons nerveux du pied ne sont pas renfermés dans V intérieur des artères pédieuses.

— L'artère génitale, sortie à gauche du péricarde, passe au-dessous de l'intestin et irrigue la glande génitale dans toute sa longueur en fournissant de nombreuses branches secondaires (fîg. 489).

Système veineux. — Le sang, après avoir traversé les artères, tombe dans des lacunes qui n’ont que rarement l’apparence de vaisseaux et remplit tous les espaces interorganiques (fig. 489 et 490).

Il est ramené à la branchie (fîg. 490) :

1° Par voie directe ;

2° Par voie indirecte.

Voie directe. — La plus grande partie du sang veineux contenu dans le sinus péri-viscéral 1 est conduit par l'intermédiaire de canaux (une douzaine environ) dans le

1 Nous désignons sous ce nom, le sinus représenté par l’intervalle des dilférents organes qui occupent la masse principale du

corps.

ri-r.i

sinus péri-branchial, en communication directe avec les lamelles branchiales.

Voie indirecte. — Une partie du sang provenant du même sinus péri-viscéral se déverse dans les lacunes du rein droit et , peut-être, du rein gauche. Après avoir tra-

Fraqmercts du manteau

Feuillets

branchiaxus! 'Lamelle s)

Sinus céphalique

S irais branchial

Sinus

■ - ■ pen viscéral-

A.ort&. Sinus péri raclulcure

Fiff. 490.

Schéma de l’appareil circulatoire de la Patelle.

versé ces lacunes, il est conduit par une veine rénale dans le sinus péri-branchial (fig. 488, 489, 490).

Le sang passe au milieu de la paroi du rein , mais ne la traverse pas pour se déverser dans la cavité du rein.

Une partie du sang passe donc dans l’intérieur des tissus du rein, avant d’arriver à la branchie. Passe-t-il à la fois dans le rein gauche et dans le rein droit? C’est probable, mais on me permettra de laisser la question en suspens.

Il ne faut pas oublier que le rein gauche est en voie d’atrophie ; cependant il existe des lacunes dans la périphérie de l’organe. D’où vient le sang qui remplit ces lacunes? Wegmann croit qu’il vient du sinus péri-viscéral; R. Perrier pense que le réseau vasculaire du rein gauche est sous la dépendance

directe de l'oreillette et que ce système de lacunes communique directement avec l'oreillette par l'extrémité antérieure de celle-ci.

La question est fort difficile à trancher, cependant la présence des veines palléales qui aboutissent à l’oreillette me parait avoir amené une confusion et représenter les lacunes dont parle M. R. Perrier.

11 faut remarquer en effet que la plus grande partie du sang veineux retourne à l'oreillette par la veine branchiale après s’être artérialisé dans la branchie, mais qu'une petite quantité de sang veineux revient directement à l'oreillette sans être passé par la branchie , après avoir circulé dans le plafond de la cavité palléale (fïg. 490) .

Branchie. — La branchie est représentée par une série continue de petits feuillets placés au-dessous du manteau sur toute la périphérie de la face ventrale de cet organe (fig. 489).

Ces lamelles sont en communication avec le sinus branchial d'une part et la veine branchiale (veine afférente de l'oreillette) d'autre part. Elles sont tendues obliquement entre les deux sinus, ce qui explique l’aspect des coupes transversales qui intéressent toujours plusieurs lamelles à la fois.

Il n'existe pas, comme on l’avait cru (Wegmann), un réseau vasculaire dans l’intérieur de la lamelle.

Il n’y a pas de vaisseau marginal faisant le tour de la lamelle et délimité par des parois propres 1 (fig. 491).

Le sinus branchial et la veine branchiale s'ouvrent à

1 Félix Bernard. Recherches sur les organes palléaux des Gastéropodes V rosobranches. Masson, Paris, 1890.

'plein canal dans la cavité de la lamelle , traversée seulement par quelques fibres musculaires (fig. 491).

Le sang mis en mouvement par le cœur qui fonctionne comme une pompe foulante du côté de l’aorte, comme une pompe aspirante du côté de l'oreillette, tombe du sinus branchial dans la lamelle. Il remplit la lamelle et s’hématose. Lorsque l'oreillette se dilate, il est aspiré dans la veine

A, schéma d'une lamelle de la branchie de la Patelle. — B, bord de la

lamelle fortement grossi.

branchiale et retourne au cœur par son intermédiaire (h g. 490).

La branchie de la Patelle, simple diverticule de la face ventrale du manteau, n’est pas homologue de la branchie des Prosobranches, située dans la cavité palléale. Les branchies de la cavité palléale n'existent pas chez la Patelle. Leur place est indiquée par les deux points rouges qui ne paraissent pas cependant représenter leur rudiment et (fig. 480) qui ont déjà été étudiés avec le système nerveux.

Préparation anatomique. — Après avoir enlevé la coquille

on aperçoit le cœur par transparence, il subit. donc de déterminer la position du péricarde et de le fendre en ayant soin

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