C.palleaZe
.aff.
muscle ' ’colxunelLaire
Fig. 496.
Coupes transversales i, 2, 3, 4, 6 et 11 de la figure 495.
Dans les figures A, B et C, le manteau n’est pas représenté. — Dans D, E, F, la llèche supérieure indique la ligne suivant laquelle a été ouvert le manteau pour obtenir des figures 495, 500 et 506. — Les coupes D, E, F passent entre deux lamelles branchiales et indiquent la forme de celles-ci.
Pd, poche œsophagienne droite. — pg, poche gauche.
ventralement que les deux autres paires d’appendices (fig. 494, 495).
Sur le dos de l'animal est le manteau , repli de la peau qui double la coquille (lig. 494). Entre le manteau et la nuque existe une large cavité palléale (fig. 494, C). En arrière.
ZOOLOOIE DESCRIPTIVE. — II.
le corps se prolonge en un sac viscéral contourné en tortillon.
Vers la naissance du tortillon, du* côté ventral droit, un puissant muscle semble sortir du corps : c’est le muscle columellaire , qui rattache l’animal à sa coquille ; il s'insère sur la columelleà un tour entier de spire de la bouche (lig. 493, B). A mesure que la coquille s’accroît, le muscle se détruit en arrière et se reforme en avant, de façon à rester toujours à la meme distance de la bouche.
Entre le manteau et le pied existe un repli de la peau, frangé à gauche, entier à droite et s’attachant de ce côté au pédoncule oculaire. Ce repli se continue en arrière par une crête, et est accompagné de trois tentacules et d’un petit tubercule antérieur. Toute cette production est la collerette , appelée par Huxley épipodium.
Sur la face dorsale du pied est l'opercule.
Cavité palléale. — Ouvrons la cavité palléale suivant la ligne médiane sagittale (lig. 495). A droite est le rectum, tixé au plafond de la cavité ; à sa droite et à sa gauche sont les orifices des deux reins : le gauche est passé à droite quand nous avons étalé le lambeau droit du manteau.
A gauche est la branchie. On peut se la représenter comme formée d’un support branchial en losange allongé, portant de chaque côté une série de lamelles triangulaires ; cela constitue une branchie bipeclinée. Toute la moitié antérieure du support est libre (lig. 496, D) ; dans sa moitié postérieure, l’un de ses côtés s'attache au manteau tout près de la ligne d'insertion de celui-ci sur la paroi du corps à gauche. L’autre côté se fixe au plafond de la cavité palléale, presque sur la ligne médiane (lig. 496, E).
GASTÉROPODES
LE TROQUE
La cavité palléale est ainsi divisée en deux parties : une grande, ventrale et droite ; l’autre petite, dorsale et gauche. En arrière, la pointe postérieure du losange se colle tout entière au manteau , et la partie dorsale gauche de la cavité disparait : il ne reste plus à ce niveau qu’une seule série de lamelles branchiales, celle de droite, qui semble alors fixée directement au manteau ; à ce niveau (fig. 496, F), la branchie devient tout à fait semblable à une branchie monopectinée de Mono tocarde h
Topographie des organes. — Avant même d’ouvrir la cavité palléale on aperçoit, à travers les téguments, différents organes (fig. 494, A et B) : branchie, rectum, rein gauche (blanchâtre) sous le manteau ; en arrière le péricarde transparent, le rein droit jaune verdâtre vif ; puis la région hépatique et stomacale brune, enfin la région génitale, blanc rosé chez les mâles, verdâtre chez les femelles, à la maturité.
Préparation. — Une série de coupes transversales générales de l’animal est commode pour s’orienter dans son anatomie. On tue l’animal en extension, on l’étale sur le côté dans une cuvette liégée en déroulant autant que possible le tortillon, on le fixe avec des épingles et on l’inonde de liquide fixateur (liquide de Perenyi, sublimé acétique ou alcool absolu). L’animal, durci par l’alcool, est traité par les méthodes usuelles. Pour les ‘ études d’histologie, il est nécessaire de s’adresser à des tissus vivants.
Histologie 2. — L’épithélium extérieurcomprend des cellules cylindriques régulières et des cellules glandulaires caliciformes à noyau basilaire (fig. 497, D).
Sur les côtés du pied et sur la tête, la peau est creusée de
1 Thiele. Beitrâge zur Kenntnis der Mollusken, III, Ueber Hautdrüsen und ihre Derivate (Zeit. l'ür wiss. Zool., t. LXII, 1897, p. 641).
* Thiele, III, 1897. Loc. cit., p. 63G.
sillons où les cellules sont petites et fortement pigmentées, limitant des papilles irrégulières, saillantes, plus claires, où les éléments glandulaires sont plus nombreux (fig. 497, C). Sur les tentacules, ces papilles deviennent cylindriques et très sail-
A, opercule vu de face. — B, coupe longitudinale un peu oblique par le pied et l’opercule, suivant la ligne xy de la figure A. — C, coupe d'un fragment de tégument des côtés du pied. — D, détail d’une cellule caliciforme. — E, tissu conjonctif.
lantes, et des cellules sensorielles de Flemming s’y ajoutent. Le tissu conjonctif est creusé de lacunes sanguines assez considérables au niveau des papilles. Sur la face plantaire du pied, les cellules glandulaires, très nombreuses, s’allongent énormément et pénètrent dans le conjonctif sous-jacent.
Le tissu conjonctif1 comprend trois sortes de cellules noyées
1 F. Bernard. Recherches sur les organes palléaux des Gastéropodes Prosobranches (Ann. des Sciences nat., 7° série, IX, 1890, p. 350).
GASTEROPODES.
LE TROQUE
dans une substance fondamentale anhiste plus ou moins abondante : i° des cellules multipolaires à prolongements grêles anastomosés (fig. 497, E, 1); 2° des cellules, étoilées ou fusiformes, dont les prolongements sont transformés en fibres (fig. 497, E, 2) ; 3° de grosses cellules à granulations jaunes et à vacuoles {cellules plasmatiques de Brock) (fig. 497, E, 3) : les cellules de Leydig et les vésicules de Langer ne sont que des variétés plus vacuolaires de ces dernières.
Une intéressante discussion s’est engagée à leur sujet de* 1875 à 1880 entre Flemming et Kollmann i, le premier soutenant que ces éléments étaient des cellules, le second que c’étaient des espaces sanguins creusés dans la substance fondamentale. Brock2, en 1883, a montré que c’étaient bien des cellules.
Ce tissu conjonctif plus ou moins lacunaire, entremêlé de fibres musculaires lisses, relie entre eux presque tous les organes; il ne semble pas persister de vraie cavité générale en dehors du péricarde.
Presque toute la masse du pied est formée de puissants faisceaux musculaires s’irradiant, pour la plupart, du muscle columellaire.
l/un de ces faisceaux s’attache à la face ventrale de l'opercule.
Il existe aussi des muscles striés, faciles à étudier dans le bulbe buccal.
Opercule3. — C’est un disque corné portant une ligne en spirale serrée. Une tache d’un brun foncé indique la surface d’insertion du muscle. En arrière, l’opercule est supporté par un lobe operculigère , qui se détache du pied (fig. 497, B).
1 Yoy. Historique dans Bernard. Ibid., p. 351-354.
4 Brock. Untersuchungen iiber die interstitiellen Bindesubstanzen der Mollusken (Zeit. für wiss. Zool., XXXIX, 1883). La figure 497, E est imitée de la figure 2, pl. 1 de ce mémoire.
3 F. Iloussay. Iiecherches sur l'opercule et les glandes du pied des Gastéropodes (Arch. zool. expér., 2e série, 11, 1884, p. 19(4- 1 09) .
La spire atteint le bord de l'opercule en avant et à droite; au-dessous de ce point, existe, dans le pied, un sillon pourvu de cellules glandulaires. Le muscle qui lixe l’opercule se détruit d’un coté tandis qu'il se reforme de l’autre, et l'opercule tourne sans cesse dans le sens des aiguilles d’une montre. À mesure que l’extrémité (lig. 497, A) tend à s’éloigner de la fente sécrétrice, celle-ci allonge le ruban de chitine qui constitue l’opercule et celui-ci s’accole au tour précédent un peu à sa face inférieure. C’est la structure d’un chapeau de paille1. Le disque ainsi formé s’épaissit par un dépôt brillant, produit par les cellules sécrétrices du lobe operculigère.
Appareil digestif. — Enlevons le tégument dorsal de l’animal (lig. 495) et ouvrons le bulbe buccal suivant la ligne ponctuée de la ligure. Nous verrons (fîg. 498, A), en avant, un canal presque dorso- ventral, qui s'ouvre à la bouche, et sur les parois antéro-latérales duquel sont lixées deux mâchoires très faibles.
Le bulbe radulaire qui fait saillie en arrière de ces productions est formé de deux paires de cartilages (fîg. 498, B) et d’un puissant ensemble de muscles striés. La r adula , à dents nombreuses disposées en éventail (lig. 498 bis. A), d’où le nom Rhipidoglosses , émerge, en avant, du bulbe radulaire ; sa partie postérieure est contenue dans une gaine spéciale. Elle naît à l’extrémité de cette gaine en deux moitiés d’abord séparées.
En arrière de la radula une sorte de grosse papille fait
' Iloussay. Ibid., p. 197, note.
Fig. 498.
A, tube digestif vu par le dos, le bulbe buccal et 1 estomac sont ouverts. Les lignes 1, 2 et 3 indiquent les coupes représentées figure 496, A, B, G. — B, cartilages radulaires vus du côté ventral.
Fig. 498 bis. — A, moitié d'une rangée de dents radulaires. B, cellules des bourrelets. — G, fragment de cartilage.
Z 0 0 L 0 GTE DESCRIPTIVE
saillie sur le plancher de la cavité œsophagienne. De chaque côté une longue fente longitudinale conduit dans une poche œsophagienne dont la droite est beaucoup plus grande que la gauche1. Tout cet ensemble, en arrière de la radula, semble avoir subi un mouvement de torsion comme le système nerveux (fîg. 499). La branche sus-œso-
Coupes transversales schématiques de la région des poches œsophagiennes suivant les lignes 3, 5, 1, 8, 9 et 10 de la figure 499, pour montrer la torsion de ces parties.
P.d., poche droite. — P. g., poche gauche. — G .ms., branche sus-intestinale de la commissure viscérale. — G. sous., branche sous-intestinale- Les poches sont colorées en rouge.
phagienne de la commissure viscérale croise obliquement la poche droite et y détermine une profonde involution. La gaine radulaire semble suivre aussi ce mouvement : ventrale en avant, elle passe ensuite à droite, puis sur le dos (lig. 495).
' Les parties latérales bosselées du bulbe buccal situées entre les lignes 1 et 2 de la figure 498 A, doivent représenter les poches buccales que M. Amaudrut a récemment signalées chez Turbo. Il ne cite pas ces poches chez le troque. Voyez : Amaudrut. La partie antérieure du tube digestif et la torsion chez les Mollusques Gastéropodes. (Ann. des Sciences nat., 8e série, VIT, 1898, p. 188-190).